• Benoît Saint Girons

Les fontaines à eau sont-elles efficaces ou dangereuses ?

Dernière mise à jour : oct. 12

On les voit trôner un peu partout et notamment en entreprise… Elles dispensent une promesse de pureté et de limpidité mais sont en réalité à aborder avec suspicion. Et si certaines fontaines à eau étaient une absurdité sanitaire, écologique et économique ? Et s’il convenait de se méfier globalement des réservoirs ? Surprises et solutions avec l’auteur du livre La qualité de l’eau.

Livraison de bonbonnes à eau par camion pour les absurdes fontaines à eau des entreprises. Les fontaines à eau sont-elles en outre efficaces ou dangereuses ? Eléments de réflexion avec Benoît Saint Girons, auteur du livre La Qualité de l'eau.
L'absurdité des livraisons extérieures alors que nous disposons d’eau potable sur tous nos robinets !

Les différentes fontaines à eau : intérêts et dangers en 2 minutes chrono !


Installer chez soi ou dans son entreprise une fontaine à eau suppose d’avoir conscience du risque relatif – du moins sur le long terme – de l'eau du robinet « potablement chlorée ». Ayant du mal à boire suffisamment ou ayant constaté les effets de cette eau oxydante sur la peau, on se tourne vers des solutions technologiques, sous la forme le plus souvent de fontaines à eau. Elles semblent de prime abord plus sophistiquées que les banales carafes filtrantes… et l’on dispose ainsi d’une réserve en eau suffisante, sans réaliser que ce réservoir constitue le principal danger !


Nous appelons « fontaine à eau » tout dispositif bien visible et indépendant du réseau qui dispense de l’eau à partir d’un réservoir, le plus souvent transparent, via un robinet intégré.


Nous excluons ainsi de la définition les systèmes de filtration – avec ou sans réservoir – cachés sous un évier et reliés à l’arrivée d’eau principale. Pas assez sexy-visible… mais généralement nettement moins problématiques. Voir article Quel système de filtration choisir pour purifier l’eau de mon robinet ?


Il existe quatre grandes familles de fontaines à eau dont seulement les deux premières sont à éviter:


- Les fontaines à eau des entreprises à grosses bonbonnes plastique :

On le repère facilement mais elles ont mauvaise réputation. Le plastique, bien sûr, que tout écologiste se doit de détester mais également la crainte des bactéries, pour peu que la machine ne soit pas correctement entretenue. Crainte légitime vu le réservoir transparent à température ambiante. Certaines fontaines réfrigèrent certes l’eau… mais il est déconseillé de boire de l’eau froide.


- Les fontaines par gravitation avec chargement en eau (du robinet) par le haut :

Les carafes filtrantes ayant été critiquées par les médias, certains se laissent tenter par les plus grosses fontaines filtrantes. Par exemple, par « les filtres les plus efficaces et durables du marché » d’une certaine marque américaine... Mauvaise pioche ! Non seulement l’eau est rendue plus alcaline – absurdité énergétique – mais le gros réservoir en inox est évidemment susceptible de développer les bactéries. La carafe filtrante, au moins, pouvait se placer vide au réfrigérateur.


- Les osmoseurs avec remplissage manuel du réservoir :

N’en déplaise au marketing du fabricant américain ci-dessus, l’osmose inverse demeure la meilleure technique de filtration du marché. Elle est généralement placée avec un réservoir sous l’évier mais on la retrouve parfois sur un plan de travail sous forme de fontaine avec robinet intégré. Les modèles les plus innovants ne sont pas raccordés au réseau d’eau et requièrent un remplissage manuel. La question du réservoir est alors moindre car de plus petite contenance et, pour la Fontaine Iona, une double dynamisation en permanence dedans ! Non seulement il n’y a alors plus de risques de prolifération microbienne mais l’eau dynamisée est beaucoup plus douce et agréable à boire.


- Les modèles de fontaine d’entreprise avec connexion à l’arrivée d’eau principale :

Ce sont les dispositifs les plus spectaculaires et polyvalents. Les options eau froide, eau chaude, eau gazeuse ou glaçons devraient toutefois être secondaires par rapport à la qualité de l’eau tempérée obtenue, ce qui passe généralement par de l’osmose inverse et une dynamisation au sein du réservoir.


Bref, si les fontaines à eau sont en théorie capables d’offrir une meilleure eau – sans chlore et avec de moindres résidus – la qualité du filtre est au final moins important que la pratique. En condition normale d’utilisation, la présence d’un réservoir à température ambiante est en effet susceptible d’engendrer une prolifération microbienne. Les bactéries ne sont pas forcément dangereuses ? Certes, mais pourquoi prendre le risque de courroucer ce bon Pasteur (je suis ici ironique) s’il existe des systèmes plus performants ?


En savoir plus sur les fontaines à eau et leurs dangers potentiels


Les fontaines à eau sont-elles nécessaires ? En soi oui puisqu’il est indispensable de supprimer le chlore (et le maximum de résidus) de son eau du robinet. Mais la meilleure filtration (généralement absente des fontaines proposées par le marketing) ne pèsera pas lourd face à la prolifération microbienne dans le réservoir, avec une eau désormais privée de chlore… Essayons d’y boire un peu plus clair.


Les bonbonnes à eau : la pire solution en entreprise !

Bonbonne à eau, l'absurdité en entreprises alors qu'il existe des fontaines à eau connectées au robinet.

Solution « extérieure » au réseau d’eau potable avec son eau de source livrée à domicile – généralement en entreprise – la fontaine à eau en entreprise de type bonbonne apparaît comme une aberration économique, écologique et organique. Elle ne survit que sur le mythe de l’eau en bouteille « meilleure pour la santé », la facilité d’installation et le coût réduit de la location mensuelle… et tant pis pour les risques potentiellement infligés aux collaborateurs : ceux qui craignent les bactéries n’ont qu’à boire l’eau du robinet !


Ce type de fontaine à eau en entreprise ne sont pas des filtres mais de vulgaires distributeurs d’eau. L’eau contenue dans les bonbonnes est réputée « pure » d’après le marketing des embouteilleurs, mais en réalité elle n’est pas forcément très propre non plus. L’eau est en effet stagnante et, à température ambiante, dans un conditionnement plastique transparent, elle risque de favoriser le développement des bactéries. Il est ainsi recommandé par les distributeurs de changer la bonbonne au moins tous les quinze jours et de consommer l’eau rapidement : « Pour des raisons sanitaires, l’ensemble doit être régulièrement nettoyé et désinfecté pour éviter une accumulation de bactéries. »


Les bonbonnes en plastique peuvent encore être en polycarbonate – plus résistant aux manipulations que le PET des bouteilles classiques – c’est-à-dire un polymère issu de la polycondensation du BPA. Oui, le même bisphénol que celui du scandale des biberons chauffés, reconnu comme perturbateur endocrinien… La France l’a interdit depuis 2015 mais pas les autres pays européens, et même si l’eau n’est normalement pas chauffée dans la bonbonne – on évitera quand même de la placer au soleil –, cela reste du plastique. De fait, des plastiques durs sans BPA pourraient rejeter des oestrogènes synthétiques encore plus mauvais. Ce serait notamment le cas du polyester Tritan…


La qualité du plastique, les réglages et l’entretien de la fontaine à eau en entreprise font toute la différence. Boire des œstrogènes synthétiques ou des bactéries est naturellement problématique. Boire de l’eau froide n’est pas recommandable non plus. En l’absence de mauvais plastique, conditions de stockage ou bactéries, la qualité de l’eau est théoriquement bien supérieure à l’eau du robinet chlorée. Mais, à ce stade, qui fait encore confiance à la théorie ?


Côté écologie, ces grosses bouteilles ne sont pas en PET afin de pouvoir être lavées et remplies à nouveau, again and again. Il est donc rare de les retrouver à la décharge… ou en pleine nature ! D’un autre côté, le trafic des camions de livraison est une aberration alors que de l’eau coule à tous les robinets.


Côté économies et à raison d’environ 5 euros la bonbonne de 18,9 litres (5 gallons), le coût au litre est sans commune mesure avec les classiques eaux minérales. Les mensualités payées (location de la machine à environ 40 euros et coût des bonbonnes) semblent raisonnables par rapport à l’ensemble des frais d’une société lambda. Tous ces arguments s’écroulent toutefois face au coût de l’eau d’un système de filtration connecté au réseau d’eau. Les entreprises devraient-elles recevoir une petite formation en gestion économique ?


Côté usage, sans connexion au réseau d’eau, ces fontaines s’installent n’importe où. Pratique ! Remplacer une bonbonne de 20 kg permet toutefois d’en avoir vite plein le dos. L’encombrement est une autre source de questionnement existentiel sur l’intelligence

en entreprise.



Régler la problématique de la filtration de l’eau en entreprise ?


Faire venir de l’eau de l’extérieur alors que l’on dispose de robinets apparaît comme un non-sens absolu. Mais est-il possible d’imposer du chlore à tous sans remettre en cause l’officielle promotion du bien-être en entreprise ?


Nombre de collaborateurs se méfiant désormais à juste titre du plastique et donc des bonbonnes à eau, voilà l’entreprise obligée de se pencher à nouveau sur la problématique de l’eau. Les vendeurs de bonbonnes sont alors ravis de présenter leurs dernières fontaines connectées. Ces fontaines ne sont généralement pas très performantes : elles intègrent le plus souvent une filtration à base de charbon actif, rarement l’osmose inverse, pas encore la dynamisation. Histoire peut-être de ne pas trop perturber le très lucratif marché de l’eau en plastique ?


Les responsables de l’entreprise peuvent évidemment décider de ne pas changer une équipe qui perd et continuer à faire confiance à ceux qui les ont induit en erreur mais ils auraient tout intérêt à aller voir du côté des fabricants moins marketing. Ils y trouveront des fontaines connectées au réseau d’eau – terminé les camions à bonbonne ! – avec choix de différentes températures et même parfois de l’eau gazeuse ou des glaçons. Voir par exemple les fontaine à eau osmosée Lugano.

L’osmose inverse constitue le haut de gamme mais il est évidemment possible de limiter les frais à quelques centaines d’euros via un filtre de base sous l’évier de type Amilo pour une capacité de filtration de 5 000 litres d’eau. Eliminer le chlore et une bonne partie des polluants serait dans tous les cas le minimum dans le cadre d’une politique RSE.


Le plus spectaculaire pour les entreprises les plus motivées à afficher leurs différences serait toutefois la création d’une source d’eau biocompatible dans leur hall d’accueil. Combinant une filtration Hi-Tech à base de charbon actif avec le nec plus ultra en matière de dynamisation à savoir le Biodynamizer, cette solution offre une eau équivalente en énergie à une eau de source, bien plus agréable à boire que n’importe quel autre type d’eau, même en bouteille ! Voir notre concept sur www.retoursource.ch


Avec une arrivée d’eau principal, il est enfin possible d’installer la même technologie nec plus ultra pour desservir l’ensemble des robinets de l’entreprise et remplacer par la même le catastrophique adoucisseur à sodium pour la gestion du calcaire. Approche moins spectaculaire que la création d’une source, cette solution évite de devoir distribuer des bouteilles en verre (estampillées au nom de la source de l’entreprise) à chacun des collaborateurs… Tant pis pour le marketing, tant mieux pour l’intégralité…


Les fontaines par gravitation avec gros réservoir :


Passons maintenant chez le particulier où le recul fait aussi parfois défaut. Il faut dire que les fontaines à eau font l’objet d’une attention marketing toute particulière avec notamment un fabricant américain très agressif, capable même de convaincre un expert en eau de vanter ses mérites… au mépris de ses écrits !


Les carafes filtrantes bénéficient d’un coût et d’un encombrement faibles. On la remplie dans la cuisine et on l’apporte sur la table, ce qui est très pratique. On peut même la placer au réfrigérateur, ce qui se révèle indispensable pour limiter la prolifération microbienne dans le filtre, au niveau des gouttelettes d’eau.


Ce n’est pas le cas des fontaines filtrantes, encombrantes et peu pratiques avec leur chargement en eau par le haut. Les fabricants parlent de « microfiltration » et promettent une filtration bien supérieure à celle des carafes filtrantes. Ainsi, un revendeur Internet précise qu’elle « filtre, épure, minéralise, traite, magnétise, stabilise, équilibre le pH, ionise et désinfecte l’eau ». Elles sont destinées à « l’eau du robinet, l’eau de source, l’eau de pluie, l’eau de puits et l’eau de citerne ». Waouh !


Accordons à ces fontaines une filtration en effet un peu plus perfectionnée que les classiques carafes : « Le filtre en microcéramique, associé à la cartouche filtrante étagée, élimine ou retient les résidus de chlore, les métaux lourds, les substances chimiques, médicamenteuses et d’origine phytosanitaire, les nitrates et les micro-organismes comme les bactéries ». Re-waouh !


Comment le charbon actif retiendrait-il soudainement les nitrates demeure un mystère et les taux de filtration ne sont pas indiqués. Plus loin, on lit d’ailleurs que le filtre n’est pas un « filtre à nitrates à part entière » et qu’il ne fonctionnera même pas correctement si le taux de nitrates est supérieur à 50 mg/l. Tout bien considéré, utiliser de l’eau de pluie serait même recommandé. Moins waouh…


Le pH de l’eau est ensuite ajusté grâce à la silice et au quartz (pH situé entre 7,3 et 8,3). Le processus se poursuit avec la corbeille minéralisante qui libère un complément minéral riche en oligo-éléments ». Encore moins waouh… Le dispositif – en provenance de Corée du Sud –, loin d’harmoniser le pH, vise ainsi plutôt à rendre l’eau plus alcaline, ce qui est une belle absurdité. Voir notre article L’eau alcaline est-elle vraiment meilleure pour la santé ?


Enfin, on se demande bien pourquoi une reminéralisation serait nécessaire, sachant qu’un tel dispositif ne touche pas aux minéraux : ce n’est pas de l’osmose inverse !


Surtout, enlever les bactéries au passage de l’eau est une chose, mais quid de l’eau stagnante et de la prolifération microbienne quasi assurée dans le réservoir… et sur un plus grand volume d’eau ? Les systèmes de dynamisation (parfois) proposés – pierres, magnétisme… – ne sont pas suffisants pour améliorer sensiblement les choses, et il sera difficile de placer la fontaine vide dans le réfrigérateur pour éviter la contamination des microgouttelettes.


De fait, le site d’un fabricant américain se présentant comme le « leader mondial des filtres d’eau et de la purification de l’eau » (sic !) avec rien de moins que « les filtres les plus efficaces et durables de la planète » (re-sic !) via un « secret commercial exclusif » (re-re-sic !) recommande sur sa page de questions-réponses de « remplacer ou au moins de faire l’appoint de votre eau après trois jours […].


La raison en est que lorsque vous filtrez votre eau, les produits chimiques qui inhibent la croissance des bactéries sont éliminés. Dans les environnements plus humides, la croissance des bactéries peut être plus rapide ». C’est honnête de l’admettre, un peu moins de déclarer que l’eau alcaline est bénéfique pour la santé car « les bactéries et les virus pathogènes prospèrent dans les milieux acides » alors que tous les aliments de la vitalité sont acides et qu’en Bioélectronique de Vincent (BEV), l’alcalinité est au contraire le terrain des bactéries et des virus !


Bref, un bac peut sembler plus pratique pour distribuer l’eau à toute une famille assoiffée mais ce n’est jamais une bonne idée lorsque la dynamisation fait défaut dans le réservoir, surtout si le bac est transparent. Une meilleure filtration est toujours intéressante mais quel intérêt si l’efficacité est contrebalancée par davantage de bactéries, de minéraux et/ou d’alcalinité ?



Régler la problématique de la filtration de l’eau chez soi ?


Aucune solution proposée par le gros commerce n’est satisfaisante en l’absence d’indications précises d’utilisation afin de limiter les risques et toutes les solutions marketing exagèrent les bienfaits de leurs produits. Le pire qui puisse vous arriver est d’installer un adoucisseur à sodium… et de devoir ensuite dépendre des eaux en bouteilles ou d’un osmoseur !


Un autre risque est de tomber sur un revendeur à la sauvette membre d’un réseau. Alors, les chances de vous faire avoir sont particulièrement importantes… et pour un budget conséquent !


Envisager une solution eau requiert d’avoir un minimum de choix et de recul. Aucune solution n’est parfaite, aucune n’est absolument polyvalente. La meilleure solution sera ainsi celle qui s’accordera à votre configuration (maison ou appartement, propriétaire ou locataire, nombre de personnes, dureté de votre eau, etc.) et à votre budget !


Les fontaines à eau avec réservoir sont donc à éviter, sauf si une dynamisation conséquente a lieu en permanence au sein du réservoir, la meilleure étant le principe Bignand-Violet avec électrode en argent.


Les filtres qui rendent le pH plus alcalin sont à proscrire. Les appareils à ionisation de type eau Kangen également, sauf dans le cadre d’une thérapeutique encadrée et sur une période limitée à 21 jours. En matière d’eau thérapeutique, l’eau hydrogénée est autrement plus recommandable… et beaucoup plus abordable !


En matière d’eau de consommation courante, une bonne solution intégrera toujours deux étapes : la filtration et la dynamisation.


En matière de filtration, on aura le choix entre le charbon actif sans perte de pression ou de gaspillage d’eau (du système Amilo sous évier jusqu’au Biofiltre sur l’arrivée d’eau principale) ou la plus puissante osmose inverse, alors forcément sur un point d’eau unique compte tenu du gaspillage d’eau.


En matière de dynamisation, les mouvements de vortex ont notre préférence, de la cruche à vortex transportable partout jusqu’au nec plus ultra Biodynamizer sur l’arrivée d’eau principale et ses 21 principes de dynamisation. En osmose inverse, on s’orientera plutôt sur l’électrode en argent en permanence dans le réservoir.


L’objectif est dans tous les cas de retrouver une eau biocompatible, plus douce et agréable à boire, seule manière d’optimiser son hydratation et donc sa santé et sa vitalité !


Pour en savoir plus sur les fontaines à eau et autres solutions de filtration et de dynamisation :

Les 3 problématiques et solutions Eau : www.solutionsbio.ch/eau

Vidéo Conférence-Tutoriel : Les solutions concrètes (19’53) Le portail de référence sur l’eau : www.lemieuxetre.ch/eau

Mon livre La qualité de l’eau (Ed. Médicis, 2020)




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