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Les scandales des adoucisseurs à sodium. Les solutions écologiques pour gérer le calcaire sans sel.

Dernière mise à jour : 23 mai

Le business des adoucisseurs à sodium se porte toujours très bien mais il n’en demeure pas moins l’un des plus gros scandales de l’eau. Pourquoi la pire solution pour la qualité de l’eau continue-t-elle à être installée sur des circuits d’eau froide ? Comment éviter le marketing et les dangers du traitement du calcaire et s’orienter plutôt vers une gestion intelligente du tartre via un adoucisseur d’eau sans sel ?  Comment surtout préserver voire améliorer la qualité de son eau de consommation ? Révélations et solutions écologiques sans risques avec l'auteur du livre La Qualité de l'eau (Ed. Médicis, 2020)


Pour vous repérer facilement dans l'article :



Les scandales des adoucisseurs à sel en 2 minutes :


Etude du laboratoire cantonal de Thurgovie (2017) sur la prolifération microbienne après un adoucisseur à sodium. L'une des raisons pour laquelle il est préférable d'opter pour un adoucisseur d'eau sans sel.
Prolifération microbienne dans 87% des cas

Vous êtes l’heureux propriétaire d’une maison et souhaitez améliorer la qualité de votre eau ? Vous y notez des traces de calcaire ? Si vous ne disposez pas d'un minimum de recul et d’information et avez la mauvaise idée de demander conseil à un installateur sanitaire, il y a de fortes chances pour que vous vous retrouviez avec un adoucisseur d’eau à sodium c’est-à-dire un adoucisseur à sel. Alors vous ne pourrez plus consommer votre eau et il vous faudra un osmoseur pour retrouver une qualité d'eau acceptable !


Les adoucisseurs d’eau ne sont pas des filtres mais ils sont encore trop souvent présentés comme tels, voire comme le nec plus ultra en matière de traitement de l'eau. Une belle confusion existe en outre entre l’eau douce et l’eau adoucie, la définition autour du sel n’étant pourtant pas du tout la même ! Les adoucisseurs à sel ne vont en outre pas améliorer la qualité de l’eau du robinet mais au contraire la dégrader :

  • Prolifération microbienne le plus souvent constatée au niveau des résines échangeuses d'ions.

  • Adoucisseur généralement mal réglé (pour supprimer au maximum les traces de tartre) avec dureté résiduelle trop basse ce qui crée une eau agressive avec un risque de corrosion de la tuyauterie et des appareils ménagers.

  • Calcium et magnésium (qui forment le tartre ou calcaire) remplacés par du sodium (Na) alors que les excès de sel entraînent 25 000 morts par an tous les ans en France !

  • Eau douceâtre peu agréable à boire.


En outre et en dépit des affirmations du marketing, l’adoucisseur à sel n’est absolument pas écologique : il induit un gaspillage d’eau et rejette du sodium (multiplier par 2,5 pour obtenir le taux en sel) dans la nature. Surtout, l’eau obtenue est tellement peu agréable que l’on a généralement recours aux bouteilles en plastique, si bien que l'adoucisseur n'est absolument pas économique non plus !


Quel est l'intérêt d’un traitement de l’eau qui maltraite ainsi l’eau ? La bouilloire serait-elle donc plus importante que l'hydratation ou la santé ? La plupart du temps, les problèmes de peau ne viennent en outre pas du calcaire mais du chlore , que tout filtre digne de ce nom (pas l'adoucisseur donc) arrive à supprimer.


Pourquoi les adoucisseurs à sel continuent-ils à être installés sur le circuit d'eau froide alors que le tartre ou calcaire ne se forme qu'à partir de 55°C ? Outre la piètre formation des installateurs sanitaires à la qualité de l’eau, la raison est essentiellement commerciale : la marge laissée sur les adoucisseurs d’eau est énorme, contrat de maintenance et recharges en sel en prime !


Il existe pourtant des alternatives au sodium avec des adoucisseurs d’eau sans sel et sans gaspillage d'eau, dans trois grandes familles :

  • Adoucisseur d’eau avec CO2. Le CO2 étant naturellement rejeté par notre organisme, la question de l'opportunité d'en rajouter dans l'eau de consommation se pose...

  • Adoucisseur d’eau électromagnétique… avec plus ou moins de résultats selon les dispositifs (et il en existe beaucoup).

  • Dynamiseur d’eau intégrant une approche électromagnétique de gestion intelligente du calcaire, changé en aragonite non incrustant.


Les meilleurs adoucisseurs d’eau sans sel ne sont ainsi pas à proprement parler des adoucisseurs mais plutôt des dynamiseurs intégrant une approche magnétique anti calcaire. Ils font le travail vis-à-vis du tartre (changé en aragonite) et, pour les meilleurs, combinés avec un bon filtre de base, permettent d’obtenir une eau équivalente en énergie à de l’eau de source de montagne. Alors, nous retrouvons le plaisir de boire, respectons notre peau et bénéficions enfin d’une hydratation de qualité, sans sel et sans risques !



Questions-réponses sur les adoucisseurs à sodium : 


Les adoucisseurs à sel sont-ils efficaces ?  Les adoucisseurs à sodium sont en effet très efficaces pour dénaturer totalement l’eau de la maison ! Non seulement le calcium et la magnésium sont remplacés par du sodium (multiplier par 2,5 pour avoir le taux en sel) mais les résines se chargent rapidement en bactéries… Sur la problématique spécifique du calcaire ou du tartre, les adoucisseurs font évidemment correctement le travail… mais à quel prix ! Un prix qui ne pourrait être considéré comme acceptable que si les adoucisseurs étaient installés uniquement sur le circuit d'eau chaude... ce qui est loin d'être le cas.


Y-a-t-il encore des traces de calcaire après un adoucisseur à sodium ? La majorité du calcium et du magnésium (qui forment le calcaire ou tartre) est remplacée par du sodium : les traces diminuent en proportion. Une dureté minimale de l’eau est toutefois requise en sortie d’adoucisseur afin de respecter la législation n’autorisant que 200 mg/l de sodium (alors qu’il n’y en a jamais plus de 20 mg dans les eaux de surface) mais, surtout, pour ne pas prendre le risque de corroder la tuyauterie avec une eau trop acide. Cette dureté résiduelle devrait être de 15°fH au minimum mais, dans les faits, comme il s’agit de plaire au client - qui vient de dépenser une fortune et attend un résultat probant - les adoucisseurs sont réglés en général beaucoup plus bas : encore moins de traces mais un plus gros risque de dégrader ses canalisations ou appareils électro-ménager. Un usager qui avait réglé son adoucisseur à zéro les a ainsi tous bousillés en moins de deux semaines !  Une légère couche de calcaire est requise pour protéger la tuyauterie et il est donc normal qu'il y ait des traces sur sa paroi de douche !


Quelle est la différence entre le traitement de l’eau et la filtration de l’eau ?  Les termes sont confus afin de permettre le grand n’importe quoi… On entend en général par traitement de l’eau ou filtration un dispositif qui améliore la qualité de l’eau, idéalement sans risques derrière. Dans les faits, côté installateurs, le traitement de l’eau ne concerne quasiment que le traitement du calcaire. La filtration est toute autre chose et n’intervient qu’après la pose de l’adoucisseur, lorsqu’il s’agit de vendre dans un second temps un osmoseur afin de retrouver une qualité d’eau acceptable, sans sel ou bactéries. 


A partir de quel niveau de tartre peut-on envisager un adoucisseur ?  La SSIGE, organisme faîtière des professionnels en Suisse, déconseille officiellement les adoucisseurs en dessous d'une dureté de 32°fH, soit une conductivité supérieure à 550 µS/cm. Seule une partie du territoire est concernée par de telles valeurs, correspondant à une eau dure. En dessous, il y aura des traces, évidemment, mais pas de risque majeur d’encrasser sa tuyauterie ou son chauffe-eau, à régler entre 55 et 60°C maximum. A partir de 32°fH, il s’agit d’aborder la question et l’on peut alors, en effet, envisager un adoucisseur sur son circuit d’eau chaude ou, mieux encore, un dispositif de traitement intelligent du calcaire, sans sodium ou sel, sur son circuit d’eau froide. 


Pourquoi l’adoucisseur est-il installé sur le circuit d’eau froide ?  Le tartre se forme à 55-60°fH et il est donc curieux de retrouver un adoucisseur sur le circuit d’eau froide. Normalement, un adoucisseur est destiné au seul circuit d’eau chaude, où il va protéger la résistance du chauffe-eau. Les (rares) communications des municipalités insistent sur ce point mais rien n’y fait. L’accès à l’eau froide est plus facile et les installateurs sont ainsi assurés de vendre davantage de recharges en sel... voire l’indispensable filtre à eau (osmose inverse), dans un deuxième temps, pour retrouver une qualité d’eau acceptable.  Les installateurs mettent en avant - auprès de leurs clients - la simplicité de traiter l’ensemble de l’eau et la protection des appareils ménagers, argument qui pourrait être valable si ces appareils ne disposaient pas déjà - pour la plupart - de fonctions anti-calcaires intégrées. La protection de la bouilloire est quant à elle ridicule : il suffit de laisser un peu de vinaigre de temps à autre pour tout nettoyer. Bref, sauf cas bien spécifiques (restauration, hôtellerie,...), l'installation d'un adoucisseur sur le circuit d'eau froide est une hérésie, sauf évidemment du point de vue financier...


Les adoucisseurs sont-ils écologiques ? Selon le marketing des fabricants, bien sûr, puisqu’ils permettent des économies de lessive ! Jamais le terme de greenwashing n’a été autant justifié, tant la malhonnêteté intellectuelle domine. Que valent donc les quelques économies de détergent par rapport au relarguage dans la nature d’une eau saumâtre c’est-à-dire chargée en sel ?  Ce gaspillage d’eau serait équivalent à celui des toilettes, soit environ 20% de l’eau consommée... Si nous y ajoutons l'impact écologique de la production de ces gros appareils et la surconsommation de bouteilles en plastique (puisqu'il est déconseillé de boire une eau adoucie) et nous avons là l'une des plus belles arnaques écologiques qui soit, qui plus est concernant l'eau, élément le plus essentiel d'une écologie personnelle...


Quels sont les risques avec un adoucisseur à sodium ?  Ils sont multiples mais l’on pensera, en premier lieu, au surplus de sodium (et donc de sel) dans l’eau de consommation. Les excès de sel font déjà quelque 25 000 morts tous les ans en France et nous n’avons donc pas besoin d’en rajouter. Cet argument est toutefois tiré par les cheveux : l’adoucisseur ne pèse objectivement pas grand-chose face à la malbouffe industrielle !  La prolifération microbienne au niveau des résines doit également être relativisée : cela fait certes désordre mais ce ne sont pas des bactéries pathogènes !  Idem pour la corrosion de la tuyauterie du fait d’une eau rendue acide (la mesure du pH en sortie serait pertinente): peu de risque au dessus de 10°fH. Non, le risque principal et direct est lié à la perception de l’eau obtenue : rendue douceâtre, l’eau générée par un adoucisseur est généralement fort peu appréciée, ce qui nuit évidemment à une hydratation de qualité. Le fait que l’OMS déconseille de boire de l’eau adoucie ajoute à la défiance. Résultat, la majorité des propriétaires d’adoucisseur ont recours à des eaux en bouteille, avec alors le risque de se tromper de marque et - paradoxe amusant - d’entartrer leurs organismes à coup de calcium et de magnésium (nous sommes hétérotrophes et incapables d’assimiler correctement les minéraux des eaux). In fine, le plus grand risque avec un adoucisseur est ainsi de ne pas avoir pu accéder à un dispositif améliorant véritablement la qualité de l’eau (filtration + dynamisation + gestion intelligente du calcaire) afin de retrouver le plaisir de boire. Au nom d'un traitement superficiel ou “esthétique” du tartre, on a impacté les fondamentaux de la santé… 


Quels sont les scandales des adoucisseurs ?  Ils sont multiples et liés à la confusion générale. Objectivement, si les clients étaient correctement informés, il n’y aurait que très peu de ventes d’adoucisseurs. Le premier scandale qui vient à l’esprit est évidemment le marketing : faire croire que alors que la réalité est toute autre. Ceci concerne tant les fabricants et leurs campagnes de pub que les mauvais conseils des installateurs sanitaires, absolument pas formés à la qualité de l’eau. Le second est le coût du dispositif face au risque réel du calcaire : disproportionné ! Le troisième est l’installation sur le circuit d’eau froide en dépit du bon sens. Le quatrième est le gaspillage d’eau et l’impact écologique. Le tout est l’adoucisseur à sodium dans son ensemble, une technologie globalement dépassée et qui ne survit que grâce aux marges gigantesques générées pour l'ensemble du réseau (des fabricants aux installateurs en passant par les régies).


Pourquoi les adoucisseurs à sodium ne sont-ils pas interdits ? Si les pouvoirs publics faisaient correctement leur travail, les adoucisseurs à sodium devraient en effet être strictement régulés sinon interdits !  Car l’adoucisseur à sodium ne respecte pas la législation qui stipule que “l’eau potable ne doit présenter aucune altération de l’odeur, du goût et de l’aspect” (OPBD Suisse). L’adoucisseur fait en outre prendre des risques inédits avec la prolifération microbienne au niveau des résines, le défaut d’entretien ou la dureté résiduelle réglée trop bas. Enfin, les conditions de vente de ces appareils respectent rarement la déontologie que l’on est en droit d’attendre pour des dispositifs à plusieurs milliers d’euros : le marketing est mis en avant au lieu d'une information objective sur les avantages et inconvénients des appareils. Pour être juste, il en va de même pour la plupart des filtres… Au final, les adoucisseurs ne sont pas interdits ou à minima régulés parce que la qualité de l'eau demeure un sujet tabou, parce que les médecins et les professionnels ne sont pas correctement formés et aussi, évidemment, parce que la confusion arrange bien les affaires. Après tout, les clients n’avaient qu’à mieux se renseigner…


Pourquoi les adoucisseurs sont-ils toujours mis en avant ?  Pour la même raison que précédemment : parce que les adoucisseurs sont très rentables ! Une bonne proportion du chiffre d’affaires des plombiers est liée à l’installation de ces dispendieux dispositifs, qui ne coûtent pas très chers à fabriquer et laissent ainsi de belles marges à tous les intermédiaires… contrat de maintenance en prime !  Le scandale prend une autre dimension en Suisse avec le label “qualitatif” remis par la SSIGE quasiment aux seuls adoucisseurs : les filtres et dynamiseurs sont interdits de label au prétexte que l’eau locale serait d’excellente qualité, une posture idéologique pourtant loin de la réalité (voir par exemple avec l’eau de Genève) mais qui arrange bien les affaires de leurs membres. Les installateurs sanitaires ayant été formatés à réclamer ce label avant toute installation, l’adoucisseur à sodium - pire solution pour une maison - se retrouve ainsi, en Suisse, en situation de quasi monopole !


Combien coûte un adoucisseur à sel ?  Beaucoup trop cher… et ce n’est que le début !  Au-delà du coût de l’appareil à plusieurs milliers d’euros, il convient en effet de rajouter le coût des visites une à deux fois par an, des recharges en sel, du gaspillage d’eau rejeté à chaque cycle de régénération des résines… et des bouteilles en plastique puisque l’on ne peut plus boire l’eau aux robinets ! Alternativement sur ce dernier poste, le coût d’un osmoseur, seul dispositif capable de filtrer le sodium. Le coût écologique pour le relarguage du sel dans la nature est en prime !


Peut-on parler d’escroquerie à propos des adoucisseurs ?  “L'escroquerie consiste pour l'escroc à obtenir un bien, un service ou de l'argent par une tromperie (manœuvres frauduleuses...) s'il est démontré que l'auteur des faits a eu l'intention de tromper sa victime.” explique l’administration française. Si la question se pose bien vis-à-vis du marketing des fabricants (mais quel marketing n’est pas trompeur ?), la majorité des installateurs sanitaires sont de bonne foi, parce que très mal formés. Comme le disait en outre Upton Sinclair, “Difficile pour un homme de comprendre une chose, si son salaire dépend de ce qu’il ne la comprenne pas”...  


Quelles sont les alternatives à l’adoucisseur à sodium ?  L’adoucisseur à sodium est le pire dispositif pour la qualité de l’eau mais il reste le plus réputé lorsqu’il s’agit de retirer physiquement le calcium et le magnésium, responsables du tartre. Installé sur le circuit d’eau chaude, il fait du bon travail, tant que correctement entretenu et rechargé en sel. Les adoucisseurs à CO2 viennent en seconde position et offrent une alternative moins désastreuse pour la qualité de l’eau tout en gérant correctement le calcaire. Nous ne sommes toutefois pas encore dans l’amélioration de l’eau. La gestion intelligente du calcaire repose quant à elle sur de multiples procédés (généralement magnétiques) transformant le calcaire ou tartre incrustant en aragonite. Il y a toujours des traces (qui se nettoient plus facilement) mais - pour les dispositifs les plus puissants - plus de risques sur l’eau froide et un peu moins de dépôts sur le boiler chauffe-eau (qui doit continuer à faire l’objet d’un contrôle annuel). L’avantage de ces technologies est qu’elles n’impactent aucunement la qualité de l’eau. Mieux, un appareil comme le Biodynamizer gère intelligemment le calcaire (jusqu’aux environ de 40°fH) tout en faisant retrouver à l’eau une énergie et sensation d’eau de source de montagnes ! C’est le dispositif de loin le plus recommandable, pour un coût équivalent à un adoucisseur, contrat de maintenance en moins puisque le dispositif est sans aucun entretien !


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Encore mieux comprendre le scandale des adoucisseurs d’eau à sel :


L’adoucisseur à sodium n’est pas un filtre mais il reste présenté comme le traitement de l’eau des canalisations par excellence… Normalement réservé au circuit d’eau chaude, il est encore le plus souvent installé sur le circuit d’eau froide… au détriment alors de la qualité de l’eau de toute la maison ! Pourquoi et comment ce scandale anti calcaire persiste-t-il ? Voyons ensemble quelques éléments de réponse et de réflexion...


L’étude Suisse sur les adoucisseurs à sodium qui dérange…


En mars 2017, le laboratoire cantonal de Thurgovie (Suisse) a examiné 23 systèmes d’adoucisseurs anti calcaire choisis au hasard dans des maisons privées et des écoles. L’eau potable a été étudiée pour sa pureté bactériologique et sa composition chimique avant et après l’adoucisseur à sel. Pour 87 % des adoucisseurs (20 sur 23), le nombre détectable de micro-organismes (bactéries et champignons) dans l’eau potable a au moins doublé ! Et dans le cas de six adoucisseurs (26 %), la valeur maximale légale de germes dans l’eau potable a même été dépassée de 3 à 600 fois !


L'eau adoucie est réputée bénéfique aux appareils électroménagers sensibles au calcaire. Selon un article de Lara Fabrizi pour la Société Lenntech, une eau trop douce (faible teneur en calcium et magnésium) peut toutefois se révéler problématique : "l'eau faiblement minéralisée est hautement agressive pour les matériaux avec lesquels il vient en contact. Elle adsorbe facilement les métaux et certaines substances organiques des tuyaux, des revêtements, des réservoirs de stockage et des conteneurs." Non seulement il est possible de corroder ses appareils ménagers en quelques semaines mais l'eau sera alors chargée de métal et doublement impropre à la consommation.


Or, selon l'étude du laboratoire de Thurgovie, 90 % des adoucisseurs anti calcaire étaient mal réglés, avec une dureté résiduelle à moins de 15 °fH, la moitié étant même en dessous de 7 °fH. À ce niveau d’acidité, le risque de corrosion des canalisations et des appareils ménagers est réel et la solution anti calcaire complètement contre-productive… Bref, non seulement l’adoucisseur n’est pas un filtre, mais il en faut un après son usage afin d’éliminer tout risque de sel en excès, de bactérie ou de particules métalliques, risques pourtant quasi inexistants avec l’eau du robinet !


L'adoucisseur en sel, en dépit du bon sens et de la législation


En Suisse, l'Ordonnance du Département Fédéral de l'Intérieur (DFI) sur l’eau potable et l’eau des installations de baignade et de douche accessibles au public (OPBD) stipule clairement dans son article 3.1 : "L’eau potable ne doit présenter aucune altération de l’odeur, du goût et de l’aspect, tandis que le type et la concentration des microorganismes, parasites et contaminants ne doivent présenter aucun danger pour la santé."


Or que se passe-t-il avec un adoucisseur à sodium ? Le goût est altéré via le remplacement du calcium-magnésium par du sel, la prolifération microbienne augmente en l'absence d'entretien adéquat et des résidus de métaux sont même susceptibles de se retrouver dans l'eau, le tout pour un risque alors inédit pour la santé !


En Suisse, en vertu de la Loi Fédérale Suisse sur les aliments, le propriétaire de logements locatifs (et donc indirectement la Régie) a l'obligation de s'assurer que l'eau distribuée à leurs locataires demeure potable. Il ne doit en aucun cas la détériorer. Or un adoucisseur à sel détériore forcément l'eau ! Que se passera-t-il en cas d'analyse de l'eau par un locataire ou s'il tombe malade ? Une plainte au pénal ?


Suite à la publication de l’étude du laboratoire suisse, nous avons, en mars 2018, adressé un petit dossier calcaire à chacune des régies immobilières de Genève (zone peu calcaire), en insistant sur la responsabilité pénale du propriétaire en cas de contamination de l’eau. La législation est en effet claire : la responsabilité des fournisseurs d’eau potable s’arrête au compteur ! Tout ce qui se passe derrière est de la responsabilité du propriétaire et l’adoucisseur à sodium est ce qui peut arriver de pire à l’eau. Suite à un contact téléphonique, une seule régie a osé nous recevoir pour, en préambule, nous poser la question suivante : « Qui êtes-vous pour oser remettre en cause des adoucisseurs recommandés par la régie avec qui nous travaillons, combien avez-vous d’employés ? » Est-il utile de préciser qu'ils n'ont ensuite strictement rien changé à leurs mauvaises habitudes ?

La problématique des minéraux… et du sel !


Officiellement, selon tous les embouteilleurs et l’Académie de médecine en France, les minéraux sont bénéfiques à la santé… et les plus intéressants sont le calcium et le magnésium. Le sodium est au contraire dénigré car déjà en excès dans l’alimentation industrielle. « Les niveaux actuels de consommation de sodium sont associés directement à une augmentation de la tension artérielle, facteur de risques cardiovasculaire et rénal qui sont les principales causes de morbidité et de mortalité en Europe », précisait ainsi en juin 2005 l’Agence européenne de sécurité alimentaire. Plus précisément, les excès de sel (chlorure de sodium: le taux en sel s’obtient en multipliant par 2,5) entraîneraient en France 75 000 accidents cardiovasculaires par an, dont 25 000 décès.


Et que fait l’adoucisseur anti calcaire ? Eh bien, il remplace le calcium et le magnésium par du sodium, autrement dit du sel ! Pourquoi fait-il cela ? Parce que le calcium et le magnésium forment le méchant tartre lorsque l’eau est chauffée. Afin de protéger tuyauterie et bouilloire en plastique, deux minéraux recommandés pour l’organisme sont donc remplacés par un minéral délétère. Les installateurs sanitaires devraient-ils bénéficier d’une formation en médecine ou les médecins d’une petite formation en plomberie ?


Aucune filtration ou dynamisation de l'eau, du sodium (ou potassium) en place du calcium-magnésium, un risque de prolifération microbienne et de corrosion des tuyaux… Pas de doute : les utilisateurs d’adoucisseurs aiment boire dangereusement ! L’eau adoucie étant peu agréable, la plupart font toutefois une croix définitive sur l’eau du robinet, au bénéfice, le plus souvent, des eaux en bouteille… où ils retrouveront alors peut-être calcium et magnésium en excès.


Entre greenwashing et gros business anti-calcaire…


Le marketing ose tout et c’est à cela qu’on le reconnaît. Il évoque ainsi l’écologie au prétexte d’économies minimes de savon ou de lessive. L’impact du sodium rejeté dans les eaux est forcément moins discuté. Le sel contribue pourtant à la destruction des sols et à l’intoxication des organismes vivants. L’usage d’un adoucisseur entraînera en outre un gaspillage d’eau supplémentaire… et une surconsommation de bouteilles plastique.


Entre le coût de l’appareil, de l’installation, du contrat de maintenance et des recharges en sel, l’adoucisseur d'eau à sodium est la martingale des installateurs sanitaires… et des fabricants ! L’adoucisseur nécessite ainsi un entretien rigoureux afin d'éviter un développement bactériologique (désinfection de l’appareil deux fois par an et nettoyage annuel), tout cela pour un coût conséquent (environ CHF 600 par an en Suisse et 180 euros en France mais parfois beaucoup plus !).


En bonus, le coût des eaux en bouteille ou celui du filtre type osmose inverse vendu dans un second temps (à un tarif prohibitif) pour retrouver une qualité d’eau acceptable. Des vendeurs mettent bien en avant les économies possiblement réalisées grâce à l’adoucisseur mais elles ne pèseront pas grand-chose face au coût – ou goût – supplémentaire de l’eau.


L’encombrante solution anti calcaire est normalement destinée au seul circuit d’eau chaude, puisque le tartre ne se forme et n’encrasse qu’à partir de 55-60 °C (d'où la recommandation de ne pas régler la température de son eau plus chaud que cela). Dans les faits, rentabilité oblige, l'adoucisseur se retrouve le plus souvent installé sur le circuit d’eau froide, en dépit du bon sens et des recommandations. En France, pour les collectivités, le code de la santé publique limite un peu l’irresponsabilité: une arrivée d’eau froide non traitée doit être à disposition dans chaque appartement !



Les 5 avantages des adoucisseurs à sodium ?


Dans son document Notice technique d'information de juin 2015 "Adoucisseurs d'eau - Echangeurs d'ions" la SSIGE liste quelques arguments en faveur des adoucisseurs. Passons-les en revue :


1. « Diminution de l’entartrage du carrelage, du chauffe-eau, du lave-linge, du réservoir de chasse d’eau des toilettes, de la cuvette des toilettes, du régulateurs de jets, de la douchette, de la robinetterie et des conduites. »


Heureusement que l’adoucisseur fait au moins son travail vis-à-vis du tartre ! Deux aspects sont toutefois à prendre en compte. Premièrement, l’encrassement avec un risque pour la tuyauterie et les appareils électroménagers à partir d’un certain seuil de calcaire, estimé par la SSIGE à 32°fH. En dessous de ce seuil, nul besoin d’adoucisseur. Au-dessus, il faut faire quelque chose mais pas forcément avec du sel !


Deuxièmement, les traces de calcaire en surface. C'est ce côté « esthétique » qui fait envisager l’adoucisseur alors même qu’il n’est généralement pas nécessaire. Faire passer le paraître « cosmétique » avant la qualité de l’eau est sans doute la manifestation la plus triste de la confusion qui règne en matière d’eau. Plutôt que de paraître, il faudra bien un jour finir par ÊTRE et cela passe évidemment – et avant tout – par la qualité de son eau !


Seul un adoucisseur mal réglé – en dessous de la dureté résiduelle recommandée de 15°fH – procure un effet « sans traces ». Dans le cas contraire, il reste du calcaire et donc des traces. Pour ne pas décevoir les acheteurs ayant investis un bras, les installateurs sanitaires ont tendance à régler les adoucisseurs beaucoup trop bas. Non seulement les clients sont superficiellement satisfaits mais ils devront peut-être repasser pour changer à terme les tuyaux corrodés… ou vendre un osmoseur pour éliminer le surplus de sel...


Une solution moins dangereuse ? L’adoucisseur magnétique change le calcaire en aragonite au moindre pouvoir incrustant. Il reste des traces mais tout se nettoie beaucoup plus facilement et les tuyauteries sont préservées, sans aucun risques de corrosion !


2. « Diminution de la consommation de lessive »


C’est l’argument écologique phare des fabricants d’adoucisseurs : moins de lessive (qui contient déjà en général un adoucissant) est requise et vous allez donc (presque) sauver la planète tout en faisant des économies ! En réalité, les recharges en sel, l’entretien pluriannuel de l’adoucisseur ou le gaspillage d’eau vous coûteront beaucoup plus cher, sans compter le sentiment de vous être fait avoir par le greenwashing : parler d'économies de lessives mais pas du gaspillage d'eau !


3. « Réduction des dépenses de nettoyage et de détartrage »


Certes, sans doute, mais pour autant qu’il y en ait véritablement besoin : il est tout à fait possible de vivre correctement avec du tartre, en tout cas jusqu’à 32°fH, certainement même un peu au-delà. Avec une eau très dure, une protection de la tuyauterie est requise mais pas forcément à coup de sodium délétère ! Les adoucisseurs sans sel sont alors à envisager pour des frais de dépense et d’entretiens beaucoup plus réduits.


4. « Goût plus intense du thé et du café »


Calcium et Magnésium donnent du goût à l’eau. Enlever ces minéraux pour les remplacer par du sel diminue donc forcément le goût prononcé… mais pour une eau douceâtre pas forcément agréable à boire non plus et contradictoire avec des thés et des cafés de qualité (c’est-à-dire non industriels), qui requièrent avant tout une eau neutre et faiblement minéralisée, plutôt de type eau osmosée.


5. « Baisse de la consommation d’énergie en cas d’échangeurs de chaleur ».


Une situation bien spécifique qui peut en effet requérir un adoucisseur spécifique, de même qu’en hôtellerie ou en restauration. L’alternative de l’adoucisseur magnétique devrait dans tous les cas être envisagée au préalable afin de respecter en premier lieu la qualité de l’eau, le paramètre de loin le plus essentiel.

La fiche technique ne cite curieusement pas la peau plus douce et moins irritée, argument principal pourtant des fabricants d'adoucisseurs. Serait-ce parce que les problèmes de peau ne viennent finalement pas tant du calcaire que du chlore ?


Les 9 inconvénients des adoucisseurs à sodium ?


Après avoir listé 5 avantages (dont seulement 2 sont réellement pertinents), la même fiche technique SSIGE liste 9 inconvénients (dont 3 sont tirés par les cheveux). Passons-les également en revue :


1. « Altération hygiénique de l’eau potable, en particulier prolifération de germes en cas de contrôle et d’entretien insuffisants de l’adoucisseur d’eau. »


Un adoucisseur mal entretenu devient en effet, comme nous l’avons vu et constaté via l’étude du laboratoire cantonal de Thurgovie, un nid de microbes. Certes, nous hébergeons déjà dans notre microbiote quelque 39 000 milliards de bactéries (au dernier recensement) mais pourquoi donc prendre ce risque de l’eau stagnante alors que le mérite de l’eau potable est d’être (normalement) dénué de tout germe ?


2. « Modification de la composition de l’eau potable »


Même si la réglementation de l’eau potable autorise curieusement 200 mg/L. de sodium, il n’y a aucune raison sanitaire de rajouter du sel dans l’eau. Cette modification n’est-elle pas en outre en contradiction avec l’OPBD ? Tout filtre modifie également la composition de l’eau, en enlevant notamment le chlore et les principaux polluants (via le charbon actif), jusqu’aux minéraux inorganiques (osmose inverse) et il n'y a aucun souci à cela, au contraire ! A l'inverse, l'adoucisseur à sodium ne filtre rien et dénature totalement l'eau.


3. « Augmentation de la concentration de sodium dans l’eau potable et dans les cours d’eau »


« Le Docteur Margaret Crawford rapporte un accroissement consécutif de 17% des décès dus à des accidents coronaires dans 11 agglomérations urbaines britanniques où l'on a procédé à l'adoucissement de l'eau à l'échelle municipale. Les USA et la Suède arrivent à des conclusions similaires. » écrit Alain Guyon dans sa Thèse en doctorat en médecine en 1985. En cause ? Evidemment l’excès en sel ! La pollution des sols et des cours d’eau serait une raison suffisante pour interdire les adoucisseurs.


4. « Diminution du goût de l’eau potable »


Curieux argument qui serait plutôt à classer dans les avantages (et d’ailleurs l’est via l'argument des thés et cafés) : une eau de qualité est aussi neutre que possible et ne doit donc pas avoir de goût prononcé, lié à la teneur en minéraux inorganiques... ou en l'occurrence à sa teneur en sel, pour un goût au final très peu agréable !


5. « Perte de charge supplémentaire dans l’installation d’eau potable »


L’adoucisseur entraînera en effet une légère baisse de pression, comme tous les dispositifs de traitement de l’eau, sans que cela n’impacte généralement le confort des usagers. En outre, la gestion du calcaire évite l’encrassement de la tuyauterie ce qui augmente la pression aux robinets. Bref, pas vraiment un argument et il aurait été plus intelligent de parler du gaspillage d’eau (voir ci-dessous).


6. « Risque de corrosion au niveau des tuyaux en acier galvanisé existants »


Effectivement, si la dureté résiduelle de l’adoucisseur à sodium est réglée trop bas, ce qui est souvent le cas afin d’éviter le maximum de traces calcaire et satisfaire esthétiquement ou « superficiellement » le client. Mais le remplacement des tuyaux (voire des appareils électroménagers) ne sera-t-il pas excellent pour les affaires ?


7. « Augmentation des dépenses du ménage due aux coûts d’acquisition, de fonctionnement et d’entretien de l’adoucisseur d’eau »


Un budget en effet conséquent sur le long terme, auquel il convient d’ajouter l’achat des bouteilles d’eau ou de l’osmoseur afin de retrouver une qualité d’eau acceptable. Cette augmentation des dépenses n’est-elle pas toutefois la seule justification du business des adoucisseurs, la seule raison pour laquelle ils n’ont pas encore été interdits ?


8. « Espace requis plus important »


Un adoucisseur à sodium prend d’autant plus de place qu’il convient d’y accéder régulièrement et facilement. Les recharges en sel en prennent une autre. A comparer avec l’encombrement des deux cylindres Biofiltre + Biodynamizer du système intégral, placés contre un mur, gestion intelligente du calcaire et amélioration de l’eau en prime !


9. « Difficulté à éliminer le savon de la peau »


Seulement si l’adoucisseur est mal réglé, à une dureté résiduelle trop basse. Pas de soucis à 15°fH. Mais évidemment, si l’idée est d’économiser en cosmétique, en savon ou en eau, l’idéal serait plutôt d’investir dans un pommeau de douche géothermal, respect de la peau en prime !



L’adoucisseur et le gaspillage d’eau


Rien donc sur le gaspillage d’eau, sujet tendu s’il en est en ce moment de crainte de pénurie et de sécheresse ? Il est vrai que la notice des SSIGE date un peu mais quand même…


Un adoucisseur d’eau favorise-t-il une forte consommation d’eau ? demande une grosse marque d’adoucisseur sur une page spécifique, histoire d’être bien placé avec sa réponse dans les moteurs de recherche. Réponse ? Oui, « L’installation d’un adoucisseur a un impact sur la consommation d’eau » avoue le fabricant mais pour aussitôt préciser : « Mais contrairement à ce que l’on peut parfois penser, celle-ci n’augmente pas de manière significative. Elle est même moins élevée que la consommation d’une chasse d’eau dans un foyer de quatre personnes. »


Calcul d’arithmétique : sachant qu’une chasse d’eau consomme de 8 à 10 litres d’eau en moyenne (jusqu’à 18 litres pour les vieux modèle mais de 2 à 4 litres pour les plus récents et économes) et que l’on tire la chasse d’eau 4 fois en moyenne, à combien s’élève la consommation en litres d’une famille de 4 personnes ?


Selon un site genevois sur la consommation d’eau locale, sur les 142 litres consommés par jour et par personne, 42 litres finissent aux WC soit 30% de la consommation totale, ce qui en fait le premier poste de l’eau ! En France, selon le site Ooreka, la consommation d’eau des toilettes représenterait 20 % de la consommation domestique et arriverait en deuxième position derrière les bains et les douches qui en représentent 39 %.


Dans les deux cas, la consommation d’un adoucisseur serait donc substantielle ou « significative » – n’en déplaise au marketing mensonger du fabricant – avec en moyenne 40 000 litres (40 m3) par an pour une famille de 4 personnes !


D’autres fabricants sont toutefois un peu plus malins et donnent des chiffres plus précis, sans passer par les toilettes ! « Si des appareils peuvent consommer jusqu’à 200 litres d’eau par régénération, un adoucisseur XX bien entretenu et bien réglé rejette 80 à 100 litres, deux fois moins ! À l’échelle d’une année et pour un foyer moyen qui consommerait 200 m3 d’eau par an, ces régénérations peuvent demander 8 m3 d’eau. Une consommation supplémentaire de l’ordre de 4%, soit un surcoût à l’année de 30 à 40 euros. » explique une autre grosse marque, dans un article censé nous démontrer que l’adoucisseur à sodium est écologique… Ce serait donc mieux avec des appareils récents (et correctement entretenus) mais n’est-ce pas toujours trop alors qu’il existe des alternatives sans gaspillage ?


En outre, si je ne consomme pas 200m3 par an mais seulement 50 – cas d’une personne seule par exemple – alors la régénération de l’adoucisseur est toujours de 4 fois par mois et la consommation d’eau de l’adoucisseur grimpe alors à 16% de la consommation totale, voire 32% si j’ai le malheur d’être équipé d’un vieux modèle, soit environ la consommation des WC en Suisse... On finit donc bien aux toilettes !


Ne pas investir dans un adoucisseur à sodium ou remplacer son adoucisseur par une solution sans sel permettra donc de doublement respecter la ressource en eau : en n’en gaspillant pas mais également en ne rejetant pas dans le réseau une eau chargée de saumure, les directives européennes stipulant bien qu’il est interdit de rejeter de l’eau polluée dans l’environnement. Cerise sur le gâteau : vous ferez également des économies d’énergie, l’adoucisseur à sodium consommant jusqu’à 35 KWh par année !



Adoucisseurs et conflits d’intérêt avec les régies ?


La régie de Genève ne fait pas la promotion officielle des adoucisseurs… mais elle ne les condamne pas du tout non plus et a toujours refusé de répondre à la moindre de mes questions sur le sujet !  La situation locale en matière de dureté de l’eau ne requiert pourtant normalement aucun traitement particulier du calcaire, surtout pas en tout cas sur le circuit d’eau froide. Pourquoi alors autant d’adoucisseurs s’y retrouvent-ils installés en dépit du bon sens ?


Eléments de réponses et de conflits d’intérêt avec un article de M. Elie Hanna dans la Tribune de Genève du 2 mai 2024 intitulé “Buvons-nous de l’eau adoucie à notre insu” ?  Selon lui (et ce que nous avons vu précédemment) le rinçage automatique des adoucisseurs augmenterait la consommation d’eau de 20%. En calculant la consommation de 100’000 habitants, il arrive à un gaspillage d’eau d’environ un million de mètres cubes par an. “Facturés à 3 francs l’unité, le chiffre d’affaires des SIG est majoré de trois millions de francs chaque année”. Il n’y a pas de petits profits mais le scandale coulerait alors de source… Un de plus pour une régie dont le Directeur Général vient d’être poussé à la démission !  


En plus, continue l’auteur, il faut alimenter ces monstres en électricité; l’équivalent d’une ampoule de 10 watts allumée toute la nuit dans chaque foyer.”  Et qui fournit également l’électricité à Genève ?  Quant à la consommation en sel, l’auteur l’estime à 40 millions de kg au niveau suisse, soit “le chargement de 2200 camions de 18 tonnes, déversés dans l’eau propre qui finissent dans les cours d’eau”.


Business as usual au détriment de la planète et de la santé ?  “Le silence profond des politiques et du chimiste cantonal à ce sujet rajoute de l’étonnement à l’incompréhension, comme si l’eau manipulée n’entrait pas dans leur champ respectif de compétences” interroge l’auteur, décidément bien corrosif.  Pour l’absence de réaction politique, voir mes mésaventures chez les Verts Genevois et leur volonté de ne surtout pas froisser la puissante régie… Quant au chimiste cantonal, il faudrait qu’il soit biologiste pour traiter correctement de la qualité de l’eau. Car du point de vue de l’analyse purement physico-chimique, eh bien les normes officielles autorisent 200 mg/l de sodium et les adoucisseurs donc possibles, en dépit de tout bon sens ! Magouilles as usual ?


Lorsque des organismes officiels mettent en garde contre les adoucisseurs à sel


« Si vous possédez un adoucisseur, assurez-vous qu’il alimente uniquement le réseau d’eau chaude. » (Agence régionale de l'eau, France)

Des informations officielles sont disponibles (en cherchant un peu)... et elles mettent toujours en garde contre les adoucisseurs à sel !


En Suisse, la Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux (SSIGE) - organisme faîtier à but non lucratif qui regroupe la plupart des acteurs de la distribution de l’eau - n'aime (officiellement) pas beaucoup les adoucisseurs.


Dans sa notice "Information sur l'eau potable N°13 / 2008" intitulée "Dureté de l'eau: à quoi faut-il faire attention ?" la SSIGE met clairement en garde contre les adoucisseurs échangeurs d'ions dont la "forte concentration de sodium dans l'eau potable" est "critiquée par le corps médical". Elle signale le risque de corrosion de la tuyauterie ainsi que de propagation microbienne "ce qui pose de graves problèmes sur le plan de la santé". Elle donne en outre toute une série de conseils anti-calcaire dont celui de baisser la température de son eau chaude à 60°C et d’éviter l’eau en stagnation.


​Son discours devient un peu plus timoré dans sa Notice technique d'information de juin 2015 "Adoucisseurs d'eau - Echangeurs d'ions" mais elle déconseille toujours l’adoucisseur en dessous de 32 °fH et ne le recommande pas vraiment au-delà non plus:

  • "L’adoucissement de l’eau dans le logement n’est pas recommandé par la SSIGE lorsque la dureté totale ne dépasse pas 32 °f."

  • "Des adoucisseurs d’eau mal entretenus sont souvent à l’origine de problèmes de qualité et de la prolifération de germes."


Ecoutons également le Chef romand de la SSIGE lors d'une émission de la RTS du 14 février 2014 : "L'eau trop douce est néfaste pour la santé parce qu'elle devient très acide [...] Le propriétaire d'immeuble ne doit pas détériorer l'eau [...] Si l'eau est trop adoucie, elle devient agressive et peut détériorer les appareils."


En France, l'article R. 1321-53 du code de la santé publique, stipule que, pour les collectivités, l'adoucisseur doit être installé de façon à ce qu'une arrivée d'eau froide non traitée soit toujours à disposition de l'utilisateur.


C'est également ce que rappellent certaines Agences Régionales de Santé (voir ARS Île de France en 2018 par exemple) lors de leurs communications annuelles sur la qualité de l'eau distribuée: "Si vous possédez un adoucisseur, assurez-vous qu'il alimente uniquement le réseau d'eau chaude". Cela relève du bon sens puisque le tartre ne se forme qu'à partir de 55°C !


L'article 31 du décret du 3 janvier 1989 stipule en outre que "Les installations intérieures [...] ne doivent pas pouvoir, du fait des conditions de leur utilisation et notamment à l'occasion de phénomènes de retour d'eau, perturber le fonctionnement du réseau auquel elles sont raccordées ou engendrer une contamination de l'eau distribuée." Avec le rajout de sodium et le rejet d'une eau chargée en sodium, n'est-ce pas pourtant le cas ?


Les particuliers sont nettement moins protégés puisque la législation tolère jusqu'à 200 mg / litre de sodium, ce qui est aberrant alors que les eaux de surface contiennent rarement plus de 20 mg ! Les professionnels arguent du fait que l'eau reste "potable" puisque dans ces limites mais il n'en demeure pas moins que, selon Richard Haas, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) "déconseille vivement la consommation d'eau adoucie obtenue par échange d'ions, car celle-ci comporte trop d'ions de sodium qui sont préjudiciables pour la santé, surtout pour des personnes ayant des affections cardio-vasculaires."

"Le traitement de l'eau par un dispositif d'adoucisseur d'eau est inutile sur le réseau d'eau froide destinée à la consommation et peut même être dangereux pour la santé." (Ville de Lausanne)

Le scandale Suisse des adoucisseurs sous égide SSIGE


La dernière notice du SSIGE créée déjà la confusion avec une curieuse mention au chapitre 9: "Selon la directive européenne 98/83, la teneur en sodium de l’eau potable ne doit pas dépasser une valeur maximale de 200 mg/l. Le réglage de la dureté résiduelle entre 7 et 15 °f (eau douce) est, pour le logement, un réglage optimal qui permet généralement de respecter la valeur maximale de sodium recommandée."


Le Manuel Suisse des Denrées Alimentaires (MSDA) fixe pourtant comme objectif qualité un taux maximum de sodium de 20 mg / litre seulement ! De plus, en France, selon une information Que Choisir, l'adoucissement d'une eau inférieure à 15°f serait interdit (décret du 3 janvier 1989), la dureté idéale d'une eau devant être comprise entre 15 et 25°fH. Ce réglage à 15° f est également recommandé par le Laboratoire Cantonal de Thurgovie qui relève donc que 90% des adoucisseurs testés avaient un réglage inférieur !


Mais la SSIGE nous réserve en fait le plus gros scandale de l'eau en Suisse ! Les installateurs sanitaires demandent à installer des appareils labellisés afin de se couvrir vis-à-vis de leurs assurances. Ils font en cela confiance à la SSIGE. Or la SSIGE refuse de certifier les filtres ou les dynamiseurs... n'accordant son label "qualitatif" (sic!) qu'aux seuls adoucisseurs, ce qui les place de fait en situation de quasi monopole !


Je critique officiellement d'un côté mais j'exclus tous les systèmes concurrents de l'autre ? Combien de temps cette situation schizophrénique va-t-elle durer ? Contactée en mars 2022, la SSIGE justifie sa position par le fait que l'eau du réseau serait d'une "qualité irréprochable" (argument dogmatique assez éloigné de la réalité, voir par exemple la situation hors marketing de l'eau de Genève) et ne justifierait donc pas l'ajout d'un filtre ou d'un dynamiseur. Mais pourquoi donc accorder le label seulement à la pire solution ? Eh bien parce que l'adoucisseur à sodium serait efficace contre le calcaire !


Certains pensaient peut-être benoîtement que la SSIGE était là pour protéger les citoyens ? Dans les faits, elle se révèlerait plutôt chargée de préserver le business adoucisseur via les installateurs sanitaires incités à n’installer que cela... Le scandale sanitaire et écologique serait majeur mais est-il pour autant surprenant, s'agissant de préserver de gigantesques intérêts financiers ?



Les solutions anti calcaire et les adoucisseurs écologiques


Le tartre ne devrait jamais entraver la qualité de l’eau. Le confort (relatif) ne devrait jamais se faire au détriment de la santé ! À moins de 32 °fH, l’adoucisseur d'eau à sel est un luxe inutile : il y aura des traces mais peu de risque d’encrassage de votre tuyauterie.

Au-dessus de ce taux et si vous avez un vieil adoucisseur, supprimez-le et envisagez un adoucisseur d'eau sans sel, plus précisément un système de dynamisation intégral avec gestion intelligente du calcaire comme par exemple le Biodynamizer, version 3.0 : le calcaire est changé en aragonite, composé de cristaux de carbonate de calcium de forme géométrique régulière au faible pouvoir d’accrochage. Il y a des traces (comme avec un adoucisseur à sodium correctement réglé) mais pas d’encrassement des canalisations et, surtout, une eau sensiblement améliorée, ce qui en fait un véritable adoucisseur écologique.


Des solutions anti calcaire promettent une "eau potable" (tous les professionnels ne seraient donc pas d'accord avec l'innocuité des adoucisseurs classiques ?) mais nous savons que "potable" ne signifie pas forcément "recommandable", voir par exemple le scandale des PFAS, encore moins "biocompatible". Un système de ce type met du CO2 (gaz carbonique ou dioxyde de carbone) en contact avec le calcaire (carbonate de calcium et de magnésium) pour former du bicarbonate de calcium et de magnésium, beaucoup plus soluble dans l'eau que le calcaire. L'eau ne stagne pas, devient plus douce et le dosage du CO2 permettrait même de régler le pH de l'eau en le rendant plus neutre... Une solution donc éminemment préférable aux adoucisseurs classiques à base de sodium... mais une eau qui demeure dévitalisée, au contraire de la solution précédente, qui ne requiert en outre aucun entretien ou consommable !


Si vous venez d’installer un adoucisseur d'eau à sodium et souhaitez en amortir le coût tout en cessant de culpabiliser, rajoutez-y un osmoseur sur un point d'eau unique : la membrane d’osmose est alors préservée du calcaire et prolonge ainsi sa durée de vie… pour supprimer le sel en excès et les risques microbiens de l’adoucisseur. Et si cet osmoseur assure également une dynamisation de qualité, vous obtiendrez alors une eau de qualité supérieure, véritablement biocompatible. Alternativement, si vous souhaitez un autre filtre que l'osmose inverse (qui rejette également de l'eau et requiert un entretien), placez votre adoucisseur sur le circuit d'eau chaude et envisagez un système intégral pour optimiser la qualité de votre eau froide.


Dans tous les cas, veillez à ce que votre adoucisseur soit correctement réglé à 15 °fH de dureté résiduelle. Ne pas réussir à rincer facilement le savon sur sa peau est le signe d’un réglage beaucoup trop bas… et donc d'un risque de corrosion de la tuyauterie.


Pour en savoir encore plus sur les dangers des adoucisseurs à sel et les alternatives écologiques :

Article de base pour éviter les arnaques de l'eau 

Les solutions eau pour la maison : www.solutionsbio.ch

Vidéo Conférence-Tutoriel : La vraie qualité de l’eau (21’58) L'eau adoucie sur le portail de référence sur l’eau : www.lemieuxetre.ch Mon livre La qualité de l’eau (Ed. Médicis, 2020)

Me contacter pour une analyse gratuite et experte de votre situation : +41 (0)76 532 8838 (rappel possible), sms ou mail



5 commentaires

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Invité
30 mars 2023

bonjour,

mon problème principal est l'effet sur la peau, sur moi et encore plus pour ma femme. Or vous n'évoquez pas cela. Quel est le système le plus efficace? On me propose le C02 d'ecobulle. Que faut -il en penser

Cordialement

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Bonjour,

Merci pour votre message et navré pour la réponse tardive (je suis plus réactif via mail). On pense généralement au calcaire mais le principal responsable des problèmes de peau est le chlore :

https://www.solutionsbio.ch/post/problemes-de-peau-et-si-cela-venait-de-la-qualite-de-l-eau

Quant au choix d'un adoucisseur, le CO2 sera évidemment préférable au sodium mais il existe encore d'autres solutions moins impactantes sur la qualité de l'eau, au contraire :

https://www.solutionsbio.ch/post/adoucisseur-d-eau-sans-sel

Cordiales salutations


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Invité
20 nov. 2022

Bonjour, à la recherche d'informations sur le traitement de l'entartrage de canalisations, d'encrassement par le calcaire, j'ai apprécié lire votre article. Toutefois j'aimerai que vous expliquiez pourquoi dans le cas de l'utilisation d'un traitement via injection de Co2 dans le circuit d'eau, cette eau serait "dévitalisée"...aucune donnée chimique ne permet d'affirmer ceci à ma connaissance.

La dévitalisation est un terme peu adapté. Tout au plus pouviez vous écrire "déminéralisation". mais la teneur en calcium et magnésium restant la même... donc pas de "dévitalisation" , ni "déminéralisation" ce qui est souvent le cas avec des adoucisseurs résine/sel. Je ne cherche aucune polémique, j'aimerai juste que vous étayiez un peu plus votre argumentaire . Ce qui le cas échéant pourrait mieux convainc…

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Bonjour et merci pour votre message. Je vous renvoie sur cette question de "dévitalisation" à mes nombreux articles sur l'énergie de l'eau et notamment celui sur la Bioélectronique de Vincent : https://www.solutionsbio.ch/post/la-bioelectronique-de-vincent

Le CO2 étant un polluant de l'organisme (que nous rejetons naturellement) et l'eau gazeuse déconseillée en eau de consommation courante, du CO2 injecté dans l'eau ne peut améliorer la qualité énergétique de l'eau. Moins pire que l'adoucisseur à sodium certes mais loin d'être la panacée pour une eau qui sera ensuite consommée. Cordialement,

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