• Benoît Saint Girons

Pourquoi un adoucisseur d'eau sans sel ?

Mis à jour : juil. 19

Le business des adoucisseurs à sodium se porte toujours très bien mais il n’en demeure pas moins l’un des plus gros scandales de l’eau. Pourquoi est-il essentiel d’éviter l’arnaque et de s’orienter plutôt vers un adoucisseur d’eau sans sel ? Quelques surprises et éléments de réflexion avec l'auteur du livre La Qualité de l'eau (Ed. Médicis, 2020)


L’adoucisseur d’eau sans sel (en 2 minutes chrono) :

Etude du laboratoire cantonal de Thurgovie (2017) sur la prolifération microbienne après un adoucisseur à sodium. L'une des raisons pour laquelle il est préférable d'opter pour un adoucisseur d'eau sans sel.
Prolifération microbienne dans 87% des cas

Vous êtes l’heureux propriétaire d’une maison et souhaitez améliorer la qualité de l’eau de votre réseau ? Si vous n’avez pas un minimum d’information et demandez conseil à un installateur sanitaire, il y a de fortes chances – pour peu que vous vous trouviez dans une région un peu calcaire – de vous retrouver avec un adoucisseur d’eau à sodium c’est-à-dire à sel. Alors il vous faudra véritablement un filtre !



Les adoucisseurs d’eau ne sont pas des filtres mais ils sont encore trop souvent présentés comme tels. Et les adoucisseurs à sel ne vont pas améliorer la qualité de l’eau mais au contraire la dégrader :

  • Prolifération microbienne au niveau des résines.

  • Adoucisseur souvent mal réglé avec dureté résiduelle trop basse et risque de corrosion de la tuyauterie et des appareils ménagers.

  • Calcium et magnésium (qui forment le tartre) remplacés par du sodium alors que les excès de sel entrainent 25 000 morts par an tous les ans en France !

  • Eau douceâtre peu agréable à boire.


En outre et en dépit des affirmations du marketing, l’adoucisseur avec sel n’est absolument pas écologique : il induit un gaspillage d’eau et rejette du sel dans la nature. Surtout, l’eau obtenue est tellement peu agréable que l’on a généralement recours aux bouteilles en plastique. L'adoucisseur n'est donc pas économique non plus !


Pourquoi les adoucisseurs à sel continuent-ils à être installés sur le circuit d'eau froide alors que le tartre se forme qu'à partir de 55-60°C ? Outre la piètre formation des installateurs sanitaires à la qualité de l’eau (supérieure toutefois à celle des médecins), la raison est essentiellement commerciale : la marge laissée sur les adoucisseurs d’eau est énorme, contrat de maintenance en prime !


Il existe pourtant de nombreuses alternatives d’adoucisseurs d’eau sans sel, dans trois grandes familles :

  • Adoucisseur d’eau avec CO2… mais le CO2 est naturellement rejeté par notre organisme…

  • Adoucisseur d’eau électromagnétique… avec plus ou moins de résultats selon les dispositifs…

  • Dynamiseur d’eau intégrant une approche électromagnétique de gestion intelligente du calcaire, changé en aragonite non incrustant.


Quel est l'intérêt d’un traitement de l’eau qui maltraite l’eau ? L’objectif premier devrait toujours être l’amélioration énergétique de l’eau afin de la rendre biocompatible et donc plus douce et agréable à boire. Il y aura bien un "adoucissement" de l’eau mais dans la structure même de l'eau.


Les meilleurs adoucisseurs d’eau sans sel ne sont donc pas à proprement parler des adoucisseurs – plutôt des dynamiseurs – mais ils font le travail vis-à-vis du tartre et, pour les meilleurs, combinés avec un bon filtre de base, permettent d’obtenir une eau équivalente en énergie à de l’eau de source. Alors, nous retrouvons le plaisir de boire et bénéficions enfin d’une hydratation de qualité !


Encore mieux comprendre les scandales des adoucisseurs d’eau (+5mn) :


L’adoucisseur à sodium n’est pas un filtre mais il reste présenté comme le traitement de l’eau des canalisations par excellence… Normalement réservé au circuit d’eau chaude, il est encore le plus souvent installé sur le circuit d’eau froide… au détriment alors de la qualité de l’eau de toute la maison ! Pourquoi et comment ce scandale persiste-t-il ? Eléments de réponse…


L’étude Suisse sur les adoucisseurs à sodium qui dérange…


En mars 2017, le laboratoire cantonal de Thurgovie (Suisse) a examiné 23 systèmes d’adoucisseurs à sodium choisis au hasard dans des maisons privées et des écoles. L’eau potable a été étudiée pour sa pureté bactériologique et sa composition chimique avant et après l’adoucisseur à sel. Pour 87 % des adoucisseurs (20 sur 23), le nombre détectable de micro-organismes (bactéries et champignons) dans l’eau potable a au moins doublé ! Et dans le cas de six adoucisseurs (26 %), la valeur maximale légale de germes dans l’eau potable a même été dépassée de 3 à 600 fois !


Comme si cela ne suffisait pas, 90 % des adoucisseurs à sodium étaient mal réglés, avec une dureté résiduelle à moins de 15 °fH, la moitié étant même en dessous de 7 °fH. À ce niveau d’acidité, le risque de corrosion des canalisations et des appareils ménagers devient réel et l’adoucisseur à sel complètement contre-productif… Bref, non seulement l’adoucisseur n’est pas un filtre, mais il en faut un après son usage afin d’éliminer tout risque de sodium en excès, de bactérie ou de particules métalliques, risques pourtant quasi inexistants avec l’eau du robinet !


La problématique des minéraux… et du sodium !


Officiellement, selon tous les embouteilleurs et l’Académie de médecine, les minéraux sont bénéfiques à la santé… et les plus intéressants sont le calcium et le magnésium. Le sodium est au contraire dénigré car déjà en excès dans l’alimentation industrielle. « Les niveaux actuels de consommation de sodium sont associés directement à une augmentation de la tension artérielle, facteur de risques cardiovasculaire et rénal qui sont les principales causes de morbidité et de mortalité en Europe », précisait ainsi en juin 2005 l’Agence européenne de sécurité alimentaire. Plus précisément, les excès de sel (chlorure de sodium: le taux en sel s’obtient en multipliant par 2,5) entraîneraient en France 75 000 accidents cardiovasculaires par an, dont 25 000 décès.


Et que fait l’adoucisseur ? Il remplace le calcium et le magnésium par du sodium ! Pourquoi fait-il cela ? Parce que le calcium et le magnésium forment le méchant tartre lorsque l’eau est chauffée. Afin de protéger tuyauterie et bouilloire en plastique,

deux minéraux recommandés pour l’organisme sont donc remplacés par un minéral délétère. Les installateurs sanitaires devraient-ils bénéficier d’une formation en médecine ou les médecins d’une formation en plomberie ?


Aucune filtration ou dynamisation, du sodium (ou potassium) en place du calcium-magnésium, un risque de prolifération microbienne et de corrosion des tuyaux… Pas de doute : les utilisateurs d’adoucisseurs aiment boire dangereusement ! L’eau adoucie étant peu agréable, la plupart font toutefois une croix définitive sur l’eau du robinet, au bénéfice, le plus souvent, des eaux en bouteille… où ils retrouveront alors peut-être calcium et magnésium en excès.


Entre green-washing et gros business…


Le marketing ose tout et c’est à cela qu’on le reconnaît. Il évoque ainsi l’écologie au prétexte d’économies minimes de savon ou de lessive. L’impact du sodium rejeté dans les eaux est forcément moins discuté. Le sodium contribue pourtant à la destruction des sols et à l’intoxication des organismes vivants. L’usage d’un adoucisseur entraînera en outre un gaspillage d’eau supplémentaire… et une surconsommation de bouteilles plastique.


Entre le coût de l’appareil, de l’installation, du contrat de maintenance et des recharges en sel, l’adoucisseur d'eau à sodium est la martingale des installateurs sanitaires… et des fabricants ! En bonus, le coût des eaux en bouteille ou celui du filtre vendu dans un second temps pour retrouver une qualité d’eau potable. Des vendeurs mettent bien en avant les économies possiblement réalisées grâce à l’adoucisseur mais elles ne pèseront pas grand-chose face au coût – ou goût – supplémentaire de l’eau.


L’encombrant engin est normalement destiné au seul circuit d’eau chaude,

puisque le calcaire ne se forme et n’encrasse qu’à partir de 55-60 °C. Dans les faits, rentabilité oblige, on le retrouve le plus souvent installé sur le circuit d’eau froide. En France, pour les collectivités, le code de la santé publique limite un peu

l’irresponsabilité: une arrivée d’eau froide non traitée doit être à disposition dans chaque appartement.


Des agences de l’eau joignent également à leur rapport de potabilité un conseil de bon sens : « Si vous possédez un adoucisseur, assurez-vous qu’il alimente uniquement le réseau d’eau chaude. »

En Suisse, la Société suisse de l’industrie du gaz et des eaux (SSIGE) déconseille l’adoucisseur en dessous de 32 °fH et ne le recommande pas vraiment au-delà non plus. Ce sont par contre et curieusement les seuls dispositifs qui peuvent apposer le logo SSIGE et donc se recommander auprès des installateurs. Incohérence ? Non, simple concurrence déloyale afin de favoriser le business…Le scandale est d’autant plus grand que des adoucisseurs d’eau sans sel existent, que des installateurs refusent parfois d’installer, car non estampillé SSIGE…


Le business must donc go on, protégé par des directives européennes de potabilité autorisant jusqu’à 200 mg de sodium là où les eaux de surface en contiennent rarement plus de 20 mg. Ces 20 mg maximum sont d’ailleurs l’« objectif qualité » du manuel suisse des denrées alimentaires (MSDA), reconnaissance implicite que la qualité de l’eau ne peut et ne devrait jamais passer par la case adoucisseur !


Régler la problématique calcaire ?


Le tartre ne devrait jamais entraver la qualité de l’eau. Le confort (relatif) ne devrait jamais se faire au détriment de la santé ! À moins de 32 °fH, l’adoucisseur d'eau à sodium est un luxe inutile : il y aura des traces mais peu de risque d’encrassage de votre tuyauterie.


Au-dessus de ce taux et si vous avez un vieil adoucisseur, supprimez-le et envisagez un adoucisseur d'eau sans sel, plus précisément un système de dynamisation intégral avec gestion intelligente du calcaire comme par exemple le Biodynamizer : le calcaire est changé en aragonite, composé de cristaux de carbonate de calcium de forme géométrique régulière au faible pouvoir d’accrochage. Il y a des traces (comme avec un adoucisseur à sodium correctement réglé) mais pas d’encrassement des canalisations et, surtout, une eau sensiblement améliorée. Alternativement mais alors sans amélioration énergétique de l’eau, les adoucisseurs d'eau sans sel mais à CO2 sont une solution technologique déjà nettement moins problématique.


Si vous venez d’installer un adoucisseur d'eau à sodium et souhaitez en amortir le coût tout en cessant de culpabiliser, rajoutez-y un osmoseur : la membrane d’osmose sera préservée du calcaire et allongera ainsi sa durée de vie… pour supprimer le sodium en excès et les risques microbiens de l’adoucisseur. Et si cet osmoseur assure également une dynamisation de qualité, vous obtiendrez alors une eau de qualité supérieure.


Dans tous les cas, veillez à ce que votre adoucisseur soit correctement réglé à 15 °fH de dureté résiduelle. Ne pas réussir à rincer facilement le savon sur sa peau est le signe d’un réglage beaucoup trop bas…


Pour en savoir encore plus sur les adoucisseurs :

Les solutions eau pour la maison : www.solutionsbio.ch

Vidéo Conférence-Tutoriel : La vraie qualité de l’eau (21’58) Le portail de référence sur l’eau : www.eaunaturelle.ch Mon livre La qualité de l’eau (Ed. Médicis, 2020)