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Qualité de l’eau potable de Genève : entre désinformation, manipulations et omerta ?

Dernière mise à jour : 9 déc. 2023

Officiellement, tout va bien : l'eau potable de Genève est « irréprochable », « d’excellente qualité » et en outre « écologique ». Elle est tellement bien qu’il n’y a même plus besoin de répondre aux questions: le marketing se suffit à lui-même ! Mais alors, pourquoi donc la filtrer – en toute discrétion – lorsqu’elle est distribuée à Carouge ou via la fontaine du Pont de la Machine ? Pourquoi ce communiqué de Presse « Cette fontaine […] délivre la même eau distribuée dans nos robinets » ? Citoyens intrigués ou curieux, vous trouverez ci-dessous nos différents échanges avec la Régie depuis 2018 et pourquoi la question de la qualité de l’eau reste globalement taboue à Genève. Attention, ça déshydrate !


Pour vous repérer facilement dans l'article :

Fontaine eau filtrée plate ou gazeuse du Pont de la Machine à Genève
La magnifique fontaine du Pont de la Machine à Genève offre avant tout une eau filtrée !

Révélation : la fontaine publique propose en fait de l'eau filtrée !


Pas grand monde ne semble être au courant... Le secret de toute évidence dérange et est donc bien gardé : la fameuse fontaine à eau gazeuse CO2 du Pont de la Machine embarque une filtration sédiments + charbon actif. En soi, c’est une excellente chose ! Une telle filtration est en effet nécessaire compte tenu du chlore et des polluants mais pourquoi alors ne pas en avoir parlé lors de l’inauguration ? Pourquoi aucune mention sur la fontaine ou dans le communiqué de presse ? Avec un eau filtrée, il devrait y avoir la queue pour remplir sa gourde !


En général, lorsqu’une technologie améliore quelque chose, on le fait savoir ! Ici rien. Au contraire, le communiqué de presse de Juin 2022 destiné aux journalistes précise « Cette fontaine est raccordée au réseau d’eau potable et délivre la même eau distribuée dans nos robinets. Cela permet une consommation d’eau de qualité et très écologique. »


Est-ce parce que la fontaine est raccordée au réseau d’eau potable qu’elle délivre une eau de qualité ? On est rassuré en effet d'apprendre que l’eau ne vient pas directement du lac mais la désinformation n’en est pas moins patente : l’eau potable, après passage dans les filtres de la fontaine, n’est évidemment plus la même en sortie ! Elle est notamment débarrassée du chlore oxydant et d’un certain nombre de polluants. Alors pourquoi ne pas le dire ?


La qualité de l’eau potable de Genève ?


Nous avons traité de cette question dans l’article Hors marketing, quelle est la vraie qualité de l’eau potable de Genève ? Conclusions : cette eau est parfaitement potable, nous pouvons remercier les techniciens et avons de la chance à l’échelle de la planète. Toutefois, résolument alcaline et très oxydée à cause (notamment) du chlore, elle n’est absolument pas biocompatible et conduit – probablement – à un défaut d’hydratation des citoyens et – apparemment – à de nombreux problèmes de peau.


En 2013, un technicien de la Régie nous avait communiqué le niveau du potentiel redox (E) : 761 mV en moyenne. Connaissant le pH (artificiellement augmenté à un taux record de 8), nous avons alors pu calculer un rH2 ou taux d’oxydation de 41,34 pour une échelle allant au maximum à 42 : une eau très oxydée, donc, ce qui explique notamment les problèmes de peau.

Le Terrain 3 du Bioélectronigramme du Magazine NEXUS N°147 (Juillet-Août 2023). Où l'on constate que l'eau de Genève est tout en haut car très oxydée...
Le Terrain 3 du Bioélectronigramme du Magazine NEXUS N°147. Eau Genève tout en haut...

Selon la Bioélectronique de Vincent (BEV), "la science de l’eau (et du terrain) qui dérange" (titre de notre article dans le magazine NEXUS Juillet-Août 2023), l’eau traitée de Genève se retrouve ainsi – comme toutes les eaux chlorées du robinet mais vu les paramètres communiqués et jamais démentis depuis à un niveau ici bien plus élevé que les autres – sur le terrain des cancers, des virus et des vaccins…


Jusqu’à présent, toutes nos tentatives pour communiquer avec la régie (voir ci-dessous), se sont heurtées au dogme : notre eau est excellente, nous suivons les directives et il n’y a donc pas à en discuter, circulez y a rien à boire !


Les médecins eux-mêmes n’étant pas formés à la qualité de l’eau, nous pourrions mettre tout ceci sur un défaut de formation ou de curiosité ou alors ressortir la formule d’Upton Sinclair : « Difficile pour un homme de comprendre une chose si son salaire dépend de ce qu’il ne la comprenne pas ». Surtout ne pas savoir, d’où le refus de répondre à nos questions et évidemment de nous rencontrer ?


Quelle surprise, ainsi, de découvrir que les fontaines déployées à Carouge et à Genève embarquaient donc une technologie de filtration ! En douce, en catimini, en faisant donc croire qu’il s’agit de la même eau que celle distribuée aux robinets…



Pourquoi une telle désinformation ? Deux hypothèses…


« Cette fontaine […] délivre la même eau distribuée dans nos robinets ». Pourquoi cette affirmation, destinée à induire les journalistes et donc les citoyens en erreur ? Eh bien – première hypothèse – parce qu’annoncer une soudaine filtration serait contradictoire avec le marketing « Eau de Genève » déployé depuis des années. Officiellement, l’eau traitée de Genève est et demeure « irréprochable » et n’a donc pas à être améliorée. Point final.


De fait, lorsque la « première fontaine à bulles de Suisse » fût inaugurée, les journalistes reprirent les éléments de langage et déclarations du Directeur Général et de la Maire de Genève, sans s’intéresser le moins du monde à la technologie elle-même… ou à l’absurdité de proposer de l’eau gazeuse (aucun animal n’en boit !) pour lutter contre la canicule ou le CO2… en ajoutant du CO2 dans l’eau !


Article Tribune de Genève, 22 juin 2022 sur la nouvelle fontaine qui pétille.
Article Tribune de Genève, 22 juin 2022

« Une nouvelle fontaine qui pétille » titra ainsi la TDG le 22 juin 2022. Pas d’intérêt pour la technologie elle-même ? En fait si mais uniquement pour l’aspect petites bulles. Nous apprenons ainsi que la fontaine est « alimentée par deux bonbonnes de 1500 litres de gaz » et ressemble « à une machine Sodastream géante » (on appréciera au passage la publicité pour la société Suisse...), qu'elle a coûté « environ 30 000 francs » soit « nettement moins cher qu'une fontaine traditionnelle » (sic !) ou encore qu'elle dispose d'un « petit panneau solaire » qui fournit « 20 à 25% de l'énergie nécessaire ». Quid de la filtration embarquée ? Niet, nada, pas un mot ! A la place, ce qui semble être une belle manipulation : « Concrètement, la fontaine est accordée au réseau d'eau, « comme n'importe quel robinet d'appartement » précise le Directeur Général.


Pourrait-il y avoir une autre raison à l’omerta de la filtration ? Par exemple de ne pas par trop concurrencer les embouteilleurs via une eau trop qualitative distribuée gratuitement ? Est-il besoin de rappeler que le champion mondial de l’embouteillage via plus de 70 marques est Suisse… et puissant ?


Côté pile, la Régie jouerait la carte "écologie" en se vantant d’économiser des bouteilles plastique (via par ailleurs des calculs extravagants, voir ci-dessous) mais, côté face, elle ne communiquerait pas sur sa « meilleure eau » afin de ne pas engendrer trop de trafic et nuire ainsi à la vente des bouteilles ? Evidemment, ce serait tordu…


Proposer de l’eau gazeuse à CO2 valorise déjà des eaux artificielles (et délétères pour la santé en consommation courante) mais nous serions là à un niveau étonnant (et donc quand même peu probable) d’hypocrisie… La Régie ne communique-t-elle pas continuellement sur le « développement durable » ?


Quoi qu’il en soit, ces deux hypothèses pourraient expliquer pourquoi notre proposition de fontaine d'eau biocompatible en accès libre et gratuit (et pour un coût bien inférieur aux fontaines déployées) n'a jamais été considérée sérieusement… Voir https://www.retoursource.ch/


Elles pourraient expliquer également pourquoi Genève doit se contenter d’une seule fontaine là où Carouge « Ville d’eau » en propose beaucoup plus. Pourquoi la gare Cornavin ne dispose-t-elle pas par exemple du moindre robinet d’eau pour remplir sa gourde ? Renseignements pris, les franchisés auraient dans leur contrat l’obligation de vendre des bouteilles en plastique…



Questions - Réponse…


Nous avons, le 7 juin 2023, posé les questions suivantes à la chargée des Relations Médias :

  • Y aurait-il désinformation des citoyens ?

  • Pourquoi une telle filtration si, comme vous l'indiquez à longueur de marketing, l'eau de Genève est de "qualité irréprochable" ?

  • Si filtration il y a – ce qui me semble en effet indispensable pour enlever ne serait-ce que le chlore – pourquoi ne pas avoir précisé lors de l'inauguration, dans la presse ou sur votre fontaine, que l'eau du robinet était clairement améliorée ?

Après relance – dans laquelle j’abordais la seconde hypothèse – la réponse est arrivée le 16 juin :


Cher Monsieur,
Pour faire suite à votre demande et votre échange avec un technicien de le Ville de Carouge, notre fontaine Eau de Genève du Pont de la Machine est effectivement équipée d’un filtre ayant notamment pour but de protéger la machinerie de notre fontaine. Nous vous rappelons que la qualité de l’Eau de Genève est excellente, comme cela a pu vous être expliqué dans les différents courriers qui vous ont été adressés par notre service clients.
En vous souhaitant bonne réception de cette réponse, nous vous adressons, cher Monsieur, nos meilleures salutations.

C’était déjà bien d’avoir confirmation de la filtration de la machine, même sans aucune autre précision. Je répondais le jour même :


Chère Madame,

Je vous remercie pour votre mail mais vous ne répondez pas à mes questions :
- Pourquoi ne pas avoir précisé cette filtration sur la machine ou les communiqués de presse ?
 - Pourquoi continuer à mentir en écrivant qu'il s'agit de "la même eau distribuée dans nos robinets" ?
 
Je suis spécialiste en solutions eau et c'est bien la première fois que j'apprends qu'une eau doit être filtrée afin de protéger une fontaine, à fortiori si la qualité de l'eau de Genève est comme vous l'écrivez excellente. Quels seraient les risques exactement ?

Un filtre à sédiment pourrait évidemment se concevoir pour éviter des accidents de rouille ou de boue (suite à des travaux sur le réseau) mais pourquoi ce charbon actif dont le seul but est d'enlever le chlore et (une partie) des polluants ?

Dans tous les cas, l'eau qui sort de votre fontaine n'a strictement rien à voir avec celle qui entre et le minimum serait d'en informer les citoyens. […]

Enfin, sur le fonds à savoir la qualité de l'eau de Genève, ce n'est évidemment pas parce que vous me l'écrivez dans chaque courrier que votre eau de Genève deviendra soudainement excellente ou "irréprochable". Elle est "parfaitement potable" (du fait de normes laxistes) mais, chlorée, alcaline et très oxydée, elle n'est absolument pas biocompatible et doit donc être au minimum filtrée, comme le démontre votre fontaine !  

Merci d'avance pour vos précisions, cordiales salutations et belle fin de journée !

J'attends toujours une réponse (N°1)


« Nous avons interdiction de parler aux journalistes »


Mais revenons un peu en arrière. Tout avait commencé le 5 juin 2023 par un téléphone à la Mairie de Carouge. Je souhaitais en savoir plus sur la technologie de leurs jolies fontaines déployées.


D’entrée de jeu, le technicien sembla mal à l’aise : – « Vous êtes journaliste ? Nous avons interdiction de parler aux journalistes »

– « Il m’arrive d’écrire des articles mais, non, je ne suis pas journaliste. Je suis par contre l’auteur du livre La qualité de l’eau ».


Ils auraient pu doublement se méfier mais étrangement acceptèrent la discussion : « Nos fontaines utilisent l'eau du réseau mais disposent d'une filtration sédiments + charbon actif + UV au niveau du réservoir de réfrigération », puis comme, pour s’excuser « Vous savez, c’est la même technologie que celle utilisée pour la fontaine du Pont de la Machine. Nous n’avons simplement pas retenu l’option CO2 afin de limiter les vas-et-viens de cageots de bouteilles ».


Quel scoop ! La technologie à Carouge était la même que la seule fontaine déployée à Genève et procurait donc une eau de qualité supérieure puisque filtrée!


Mais pourquoi cette interdiction de parler aux journalistes ? Était-il possible que cela vienne de mon appel de 2013 au technicien de la Régie et de la révélation malencontreuse (via la communication du potentiel redox) du caractère très oxydé de l’eau traitée de Genève ? Était-ce pour promouvoir la langue de bois ? J’envoyais un mail :


Cher Monsieur,
Je vous remercie pour notre discussion d'hier […]
Je m'interroge du coup sur cette omerta qui semble dominer la question de la qualité de l'eau sur la Commune de Genève... […]
- Qu'est-ce qui justifie de ne pas parler directement aux journalistes?  D'où vient cette recommandation ?  Qui exactement répond ou approuve ?
- Le marketing se vante d'une eau du réseau de "qualité irréprochable".  Pourquoi dans ce cas rajouter une filtration pour la distribution de l'eau via les fontaines ?
- Pourquoi cette filtration n'est-elle pas précisée sur la fontaine elle même et laisser ainsi croire qu'il s'agit de la même eau du robinet ? […]
- Seriez-vous intéressé par la prochaine étape à savoir une eau de qualité biocompatible associant filtration et dynamisation (via 21 principes en synergie) afin d'obtenir une qualité d'eau équivalente à de l'eau de source de montagne, sans plastique, gaspillage d'eau ou risques ?
Je vous remercie d'avance pour vos précisions.
Cordiales salutations et belle fin de journée,

Après relance et excuses, je recevais le 21 juin une réponse du Chef de Service Voirie, Espaces verts et Matériel :


Cher Monsieur,
 Votre courriel m’a été transmis et je vous remercie d'avoir pris le temps de nous faire part de vos préoccupations concernant cette nouvelle installation.
 Je tiens tout d’abord à vous rassurer, aucune question n’est considérée comme « politiquement incorrecte », parler de l’eau n’est pas un tabou et je vous invite avec plaisir à prendre connaissance du dossier qui lui est consacré dans notre dernier journal communal. 
 Dans l’intervalle, je partagerai avec intérêt vos interrogations avec notre fournisseur et [la Régie de Genève] et je tenterai de vous communiquer les réponses dans le courant de l’été.
 En remerciant pour votre compréhension, je vous prie d’agréer, Cher Monsieur, mes respectueuses salutations.

Je répondais le même jour :


Cher Monsieur,
Je vous remercie pour votre message.

Je tiens à préciser que je ne suis aucunement préoccupé par votre installation : j'appelle au contraire de mes voeux, depuis des années, à ce que l'eau du robinet soit au minimum filtrée, à défaut de vouloir/pouvoir  en supprimer le chlore, à l'exemple de Zurich. Bravo donc à Carouge pour toutes ces fontaines d'eau filtrée (et non chargée en CO2) !

Selon mon expérience, la question de l'eau est éminemment taboue à Genève, la Régie ayant par exemple toujours pris soin de ne surtout pas répondre à mes questions, depuis 2018, en dépit de rencontres et courriers au plus haut niveau.

On peut parler de l'eau mais je n'ai encore jamais lu d'article en Suisse qui en parlait correctement. Le marketing et les conflits d'intérêt priment sur l'information citoyenne:
https://www.solutionsbio.ch/post/les-8-scandales-de-l-eau-en-suisse

J'ai lu avec intérêt votre journal. Permettez-moi du coup quelques commentaires :

"Bonne pour la santé car variée en sels minéraux, la qualité de l’eau courante de notre ville est tout à fait comparable, voire meilleure, que celle de l’eau en bouteille. De plus, son impact sur l’environnement est bien moindre."
Nous sommes hétérotrophes et donc incapables d'assimiler correctement les minéraux des eaux. Nous ne léchons pas de cailloux, n'en déplaise aux embouteilleurs :
https://www.solutionsbio.ch/post/quelle-est-la-meilleure-eau-minerale

Une eau chlorée ne peut être à l'avantage que vis-à-vis des pires eaux minérales. Faire croire qu'elle est meilleure est une grossière manipulation, sauf évidemment après filtration :
https://www.solutionsbio.ch/post/chlore-principal-polluant-de-l-eau

Son impact sur l'environnement est évidemment moindre mais l'écologie (non politique) est avant tout la préservation de sa santé et de sa vitalité, contradictoire donc avec une eau chlorée, alcaline et oxydée. [...]

"En Suisse, la règle veut que toutes les fontaines proposent une eau potable, prélevée sur le réseau public et circulant en continu."
Tout en la filtrant en douce ?  Pourquoi ne pas le préciser clairement sur les fontaines, comme s'il ne fallait surtout pas remettre en cause le marketing de l'eau "irréprochable" ?

A propos de canicule, il s'agit de bien comprendre que l'on ne peut pas correctement s'hydrater avec de l'eau chlorée. Je ne bois pas suffisamment ? C'est que la qualité de l'eau n'est pas appropriée, idem avec tous les problèmes de peau.  La déshydratation chronique arrange par contre de nombreux intérêts économiques...

Enfin, le respect de l'eau passe selon moi avant tout par une appréciation qualitative de l'eau et il y a évidemment un monde entre l'eau "potable" et l'eau biocompatible. Créer la confusion n'aide certainement pas les citoyens à y boire plus clair ! [...]
https://www.solutionsbio.ch/post/desinformation-manipulations-arnaques-de-l-eau

Je reste naturellement à votre disposition si vous désirez en savoir plus et améliorer encore la qualité de votre eau, avec l'aide de votre sympathique "fontainier" ! ;-)
Cordiales salutations et belle fin de journée,

La question de l’eau n’est donc peut être pas taboue mais j’attends donc toujours une réponse (N°2)


Les questions initiales à la Régie en juillet 2018


A dire vrai, je suis habitué à ne pas recevoir de réponses à mes questions. J’obtiens généralement, par courtoisie, une réponse langue de bois, mais je n’ai jamais réussi à obtenir de données sur la qualité précise de l’eau. Et cela ne date pas d’hier !


J’ai souhaité associer les régies publiques et multinationales de l’eau à la rédaction de mon livre La qualité de l’eau et je leur ai adressé à l’été 2018 un petit questionnaire. Celui adressé le 28 juillet à la Régie de Genève comportait 28 questions précises. Par exemple celles-ci :


Sur l’eau traitée :
- Quel est le pH de votre eau en moyenne ? L’augmentez-vous artificiellement, et si oui, pourquoi ?
- Quel est le rH2 de votre eau en moyenne ? Alternativement, quel est son potentiel redox ?
- En juin 2013, j’ai obtenu d’un de vos techniciens les données suivantes : pH artificiellement augmenté de 7,6 à 8 et potentiel redox de 761 mV, soit un rH2 de 41,34 (sur un maximum de 42). Ces données ont-elles évolué depuis ?
- En BEV, science de l’eau […], une eau alcaline (pH > 7) et oxydante (rH2 > 28) est classée sur le terrain des cancers et des virus. Qu’en pensez-vous ?
- Le chlore est un oxydant majeur, destructeur de la flore intestinale. Ses dérivés sont des cancérigènes avérés. Serait-il techniquement possible de remplacer le chlore par un autre type de traitement ? Pourquoi ne pas utiliser des ultraviolets comme dans certaines communes ?

Sur les adoucisseurs :
- En mars 2017, le laboratoire cantonal de Thurgovie (Suisse) a révélé que 87 % des adoucisseurs testés entraînaient une prolifération microbienne avec, dans 23 % des cas, un taux de 3 à 600 fois la valeur maximale légale. Considérez-vous cette situation préoccupante à l’échelle de la Suisse ? Une telle étude a-t-elle été conduite ailleurs ?
- Selon la même étude, 90 % des adoucisseurs étaient également mal réglés avec une dureté résiduelle à moins de 15 °fH, la moitié étant même en dessous de 7 °fH avec alors un risque de corrosion important. Que recommandez-vous comme réglage ?
- À partir de quel degré de dureté de l’eau recommandez-vous un adoucisseur ? Est-il fréquent et normal d’installer un adoucisseur sur le circuit d’eau froide ?
- Les installateurs sanitaires touchent une grosse commission sur le prix des adoucisseurs et des contrats de maintenance. Formez-vous des installateurs sanitaires aux problématiques des adoucisseurs ?
- Connaissez-vous des alternatives plus respectueuses et moins dangereuses ? En recommandez-vous ?

Enfin, sur le traitement de l’eau :
- Pensez-vous qu’il soit souhaitable d’améliorer chez soi la qualité de l’eau du robinet ?
- Seriez-vous intéressés par un système permettant d’obtenir une eau supérieure en qualité à n’importe quelle eau en bouteille, et ce, à partir de l’eau du robinet ?
- Seriez-vous intéressés par un système pour maison ou immeuble sans aucun entretien, perte de pression ou gaspillage d’eau permettant une gestion intelligente du calcaire (aragonite), des économies d’énergie (de 10 à 30 % sur le circuit de chauffage) et une optimisation de la qualité énergétique de l’eau ?
- Seriez-vous intéressés par un projet de solution écologique et économique à partir de l’eau du robinet ? Pensez-vous souhaitable de dépasser la problématique du plastique ?

La réponse de la Régie le 2 août 2018


L’avantage de ne pas répondre précisément aux questions, c’est au moins que l’on peut y répondre plus vite ! La réponse, fort courtoise, arriva ainsi rapidement :

Bonjour,
Je vous remercie pour votre intérêt quant à la qualité de l’eau potable. Cette dernière fait l’objet d’une surveillance très stricte ; elle est encadrée en particulier par l’ordonnance du DFI sur l’eau potable et l’eau des installations de baignade et de douche accessibles au public (OPBD). Cette ordonnance est très fortement inspirée de la réglementation européenne, cette dernière l’étant des recommandations de l’OMS. L’application de l’OPBD est de la responsabilité de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. 

Toutefois cette ordonnance ne traite pas spécifiquement de la biocompatibilité, de la bioélectronique, de la notion d’eau dynamisée, de rH2 ni des caractères asséchants ou irritants de l’eau potable. Nous ne sommes par conséquent pas compétents pour vous informer à ce sujet, ni même pour nous prononcer sur une quelconque interprétation de l’OPBD, ni sur une recommandation de consommer une eau particulière, ni moins encore sur des considérations sanitaires, nous nous référons à l’OPBD. Si une réponse devait être impérative, nous vous suggérons de prendre contact avec l’OSAV ou les chimistes cantonaux.

En ce qui concerne votre demande sur des valeurs analytiques, nous vous proposons de consulter notre site Internet, elles peuvent varier selon la localisation sur le canton, en fonction de la ressource à disposition.

Étant donné la vaste étendue de vos questions pour rédiger un livre, travail pour lequel nous vous félicitons par avance, une recherche bibliographique pourrait répondre à un grand nombre de vos questions, en particulier les publications de l’OMS et les recommandations de la Société suisse pour l’industrie du gaz et de l’eau (SSIGE).

Au demeurant, si vous deviez rencontrer un problème ponctuel avec la qualité de l’eau potable qui vous est distribuée, nous vous proposons de prendre contact avec nous afin que nous puissions, si besoin était, entreprendre les actions nécessaires pour que la qualité de l’eau réponde en tout point à l’OPBD.

Meilleures salutations,
Jérôme R.
Spécialiste d’installations

Ne pas être compétent est une chose et j’ai été fort surpris de le voir clairement indiqué dans la réponse mais ne pas désirer en savoir plus est plus ennuyeux dans le sens où cela pourrait dénoter un dogmatisme voire des conflits d’intérêt. Nous sommes tous ignorant avant de savoir quelque chose mais il est toujours regrettable de fermer sciemment les yeux tout en se bouchant les oreilles…


Nous ne parlons pas en outre ici d’un bien quelconque de consommation que l’on peut choisir ou non de consommer mais de la substance la plus vitale de l’organisme, le premier fondamental d’une écologie personnelle ! Et la régie me répondait qu’elle se désintéressait en fait de toute amélioration possible de sa qualité et ne se préoccupait que de la réglementation en vigueur ?


Je répondais le jour même :

Bonjour,

Je vous remercie pour votre réponse et vos encouragements mais regrette naturellement l’absence de données, notamment sur le rH2 ou potentiel redox (non disponibles sur votre site). Il me faudra du coup m’appuyer sur les données communiquées en juin 2013 par l’un de vos techniciens.

Je comprends votre souci premier de respecter la législation – ce que vous faites en effet fort bien – mais, si votre eau est « potable » et rien de plus, pourquoi alors tout ce marketing faisant croire à l’excellence qualitative de l’eau de Genève, pourtant très oxydante (à cause du chlore), donc irritante pour la peau et les muqueuses ?

Enfin, je m’étonne de ne recevoir aucun commentaire de votre part sur le scandale des adoucisseurs et les solutions plus économiques ou écologiques disponibles.

Cordiales salutations et bel été !

J’attends toujours une réponse… (N°3)


Quand un grand ponte de la Régie passe nous voir…


Nous avions à l’époque encore deux arcades dont Les 8 Fondamentaux, rue de la Corraterie. Nous voyions passer du beau monde et ce n’est pas par hasard que nous accueillîmes un jour une figure médiatique de la Régie, écologiste (politique) convaincu, ancien Maire et auteur.


Notre arcade était équipée afin de mener diverses expériences Avant-Après. Une petite démonstration vaut mieux qu’un long discours et je ne suis pas spécialiste de physique quantique et de biologie (domaines de compétence requis pour parler scientifiquement de l’eau).


Les expériences furent menées et notre illustre visiteur eut l’honnêteté de reconnaître qu’il ne s’agissait pas du tout de la même eau Avant - Après, quelque soit le système de dynamisation utilisé, même sans filtration préalable !


Sympathique, j’en profitais pour lui demander, au regard de sa position au sein du Conseil d’administration de la Régie, la confirmation du potentiel rédox (obtenu via le technicien en 2013) ou du taux d’oxydo-réduction rH2. Eh bien croyez-le ou pas mais il ne réussit jamais à l’obtenir !


Nous nous croisons encore ponctuellement et il m'informe amicalement de la parution de chacun de ses livres. Il semble toutefois éviter dorénavant d’aborder la question de l’eau. Risquerait-il, à parler d’écologie personnelle et non plus d’écologie politique, d’être moins souvent invité dans les débats officiels ?

Lorsque la censure s'invite en plein débat


Un tel débat avait lieu le 1er avril 2022, suite à la projection d’un film sur l’exploitation de sources par les embouteilleurs. Je m’étais présenté au préalable à la journaliste qui devait animer le débat et j’attendis la fin des premiers échanges pour prendre la parole.


Il y avait selon moi deux stratégies pour limiter la consommation d’eau en bouteilles. Premièrement, dire la vérité sur la piètre qualité de ces eaux, liée notamment à des minéraux inorganiques globalement inassimilables. Et deuxièmement améliorer la qualité de l’eau du robinet.


Si je pus développer le premier aspect sans heurt, la journaliste me coupa rapidement la parole dès que j’eus abordé le second aspect. Il est vrai que le Directeur Eau Potable de la Régie venait de vanter les mérites de son eau. Des spectateurs demandèrent également le silence : ils étaient là contre le plastique, pas pour perdre leurs illusions !


Je pris donc mon mal en patience et attendis la sortie du cinéma pour retourner voir la journaliste et le Directeur. Le dialogue, sympathique, dura un moment sur le trottoir :


– Ne serait-il pas possible de créer des fontaines en ville ? – Impossible, répondit, le directeur, nous ne pouvons pas creuser le sol ! – Euh non, là je parle de fontaine avec filtration et dynamisation, pour optimiser la qualité de l’eau, à partir de l’eau potable du robinet…


Au silence de mon interlocuteur et en dépit des remontrances de la journaliste (« C’est le Directeur Eau quand même ! »), je compris qu’il n’avait jamais envisagé la solution… ou ne pouvait pas se permettre d'en parler ? Je lui offris mon livre et il me promit de répondre enfin à mes questions.

Quand le Directeur ne tient pas ses promesses


La conversation avait somme toute été sympathique et, à la lecture d’un livre, on perd en général quelques préjugés voire on change de perspectives. Mon intervention dans la salle avait été un échec mais j’avais enfin une ouverture avec la Régie via le meilleur contact qui soit ! J’étais d’autant plus confiant que je recevais une réponse dès le 13 avril:


Cher Monsieur,
J'ai bien reçu votre demande de réponse aux questions que vous formulez dans votre livre, à la page 208 et vous en remercie.
Pour ma part, j'ai trouvé notre échange animé, mais pas houleux. C'est cependant une question de point de vue. Je n'ai pas encore eu le temps de lire votre livre. Par contre, j'ai été voir votre conférence de 2018 : https://www.youtube.com/watch?v=wyL0W8I4V_U
Afin de faciliter les réponses à vos questions, puis-je vous demander de me les adresser dans un format Word, voire pdf?
Merci d'avance.
Cordiales salutations et excellente soirée        

Je m’empressais évidemment de répondre, précisant que la conférence datait un peu. Je restais confiant : enfin quelqu’un qui démontrait le désir d’en savoir plus !


Ne recevant aucune réponse, j’allais aux nouvelles le 18 mai et recevais, le même jour, la réponse suivante :

Cher Monsieur,
Je sais que vous avez contacté le SCAV (notre organe de contrôle légal et notre référence) pour lui poser plusieurs questions et souhaiterais obtenir une copie de leur réponse avant tout autre action de ma part. 
Cordiales salutations et belle après-midi

Tiens, on me refaisait le coup de l’instance supérieure. Avait-il reçu l’ordre de ne pas me répondre, de perdre soudainement toute curiosité ? Avait-il eu confirmation que les données publiées dans le livre sur la qualité de l’eau locale étaient justes et qu’il s’aventurait donc en terrain très glissant ? S’agissait-il de préserver le très lucratif business des adoucisseurs ? Mystères… Je répondais le même jour :


Cher Monsieur,

Le DSPS m'a fait une réponse bateau (voir ci-dessous) et conseillé de contacter l'OSAV... sans répondre ensuite à mes commentaires. Cela semble être un classique que de se défausser sur des institutions qui louvoient, ne répondent jamais précisément et se contentent d'un "On fait ce que nous demande la loi", circulez y a rien à boire ! Ce fut d'ailleurs la réponse de votre régie en août 2018.

Veuillez donc noter que mes questions s'adressaient spécifiquement à la Régie et, suite à notre aimable échange, à vous directement. 
C’est en effet votre Régie qui, via leur marketing, fait croire à l'excellence d'une eau "réglementaire" ou "potable", gage de qualité uniquement à minima dans un pays développé. Je n'ai jamais rien reproché à vos techniciens mais condamne votre communication excessivement manipulatrice. 

Si vous avez pris le temps de parcourir mon livre, vous avez désormais une meilleure compréhension de la complexité de l'eau et du caractère délétère des eaux chlorées alcaline et oxydante. Mes questions de bon sens devraient ainsi vous interpeller, de même que les moyens techniques pour l'améliorer facilement chez soi.  Quant aux scandales des adoucisseurs qui rendent trop souvent l'eau impropre à la consommation, votre Régie devrait en toute logique sanitaire être la première à mettre en garde les consommateurs.

Je vous remercie donc par avance pour vos rapides précisions et reste évidemment à votre disposition pour toute discussion constructive de fond.
Cordiales salutations et belle fin de journée,

Plus aucune réponse depuis, en dépit d’une relance le 24 juin :


Cher Monsieur,
Je suis tout de même un peu surpris de constater votre absence de réponse à mon mail ci-dessous et surtout, plus fondamentalement, aux questions posées officiellement à votre Régie avant la publication du livre.

Cela semble démontrer votre embarras.... et méconnaissance de l'eau biocompatible. Enfin non, plus maintenant, puisque vous avez mon livre ! ;-)

J'ai appris mercredi la création à Genève de la première fontaine à eau gazeuse de Suisse, présentée par votre Directeur sous l'égide de la "santé publique" (sic!) ou de l'écologie (re-sic!)
Un peu surpris car quand je vous ai parlé de mon projet de création de source / fontaine en ville, vous m'avez répondu "il n'est pas possible de creuser le sol !"   

J'ai du coup contacté la presse et mis à jour mon article de fonds sur l'eau potable de Genève et son marketing débridé [...]
Je vous laisse naturellement un droit de réponse.
Chaleureuses salutations (enfin pas trop chaudes quand même) et belle fin de semaine !

Plus aucune réponse (N°4). Quand on ne sait pas quoi répondre ou, à fortiori quand on n’a pas le droit de répondre, le mieux est encore de faire le mort…


Entre temps, il y avait donc eu l’inauguration de cette fameuse fontaine à CO2, une très grosse surprise qui ne pouvait que me faire réagir !


La lettre au Directeur Général de la Régie


J’écrivais au Directeur Général de la Régie, le 18 septembre 2022. La lettre est un peu trop longue pour être reproduite ici mais en voici les meilleurs passages :


Monsieur le Directeur,

Le 21 juin dernier, vous inauguriez avec Madame le Maire la première fontaine à eau gazeuse de Suisse. 

A cette occasion, vous avez déclaré : « Avec la canicule, c’est aussi une question de santé publique ».

Permettez-moi de m’inscrire en faux. Aucun animal (ou petit enfant) ne boit d’eau gazeuse et il y a une raison à cela : elle n’est pas faite pour un organisme qui rejette naturellement du CO2, célèbre gaz à effet de serre… L’eau gazeuse acidifie l’organisme et entraîne des ballonnements et des gaz. Les bulles sont de fait déconseillées en cas d’effort physique ou de faiblesse digestive. De temps en temps, pour se faire plaisir, pourquoi pas, mais en consommation courante, évidemment non ! Ce type d’eau ne devrait de fait pas être comptabilisé dans le 1.5L d’eau tempérée à boire quotidiennement.

Et pourquoi d’ailleurs des consommateurs préfèrent-ils l’eau pétillante ? Eh bien la plupart du temps parce qu’ils n’arrivent pas à boire avec plaisir l’eau chlorée et alcaline, oxydante et asséchante, du robinet !

En offrant aux citoyens une telle fontaine, vous encouragez en fait une mauvaise habitude de consommation : mettre des bulles pour réussir à boire… et donc in fine inciter à la consommation d’eau en bouteille.  Qu’y-a-t-il donc d’écologique là dedans ? Lutter contre le CO2 en ajoutant du CO2 dans l’eau, sérieusement ?

Une telle fontaine est d’autant plus surprenante que votre Régie a été informée depuis plusieurs années – notamment via mon questionnaire adressé en 2018 lors de la rédaction de mon livre La qualité de l’eau (Ed. Médicis, 2020) – de plusieurs technologies de filtration et de dynamisation permettant d’optimiser la qualité de l’eau jusqu’à lui faire retrouver les caractéristiques d’une eau de source de montagne.

Je rappelais ensuite l’historique de nos contacts, notamment dernièrement avec le Directeur Eau Potable. Je me permettais, au passage, de reposer certaines questions et enfonçais le clou :



La moindre de ces questions aurait dû questionner et faire réagir. Chacune de ces perspectives aurait dû intriguer avec le désir d’en apprendre davantage… Votre régie préfère de toute évidence ne pas se mouiller en se retranchant derrière l’OPBD, le DSPS ou encore l’OSAV… 

Je n’ai jamais critiqué vos techniciens ou les normes de potabilité de l’eau, en berne certes mais indispensables et objectivement une chance à l’échelle de la planète. 

Je dénonce par contre le fait de faire croire qu’une eau aussi alcaline et oxydante – au point d’entraîner des irritations de la peau et une déshydratation chronique des citoyens – serait d’excellente qualité ou même écologique. Du grec oikos (maison, habitat) et logos (discours), l’écologie est, comme vous le savez, étymologiquement la science des conditions d’existence dans un environnement donné. Non pas les besoins de la nature mais les besoins de ma nature. Non pas les économies d’énergie (du système) mais ce qui favorise ma propre énergie. Non pas de l’eau localement polluée au chlore ou au CO2 mais une eau permettant une hydratation de qualité !

De nombreuses solutions existent mais elles ne sont jamais discutées… La XX va jusqu’à ne donner son label "qualitatif" qu’aux seuls adoucisseurs à sodium – le pire système en matière de traitement de l’eau et l’un des plus gros scandales en Suisse – au prétexte que l’eau du robinet serait excellente et ne nécessiterait aucun filtre ou dynamiseur… Résultat ? Des citoyens qui boivent la tasse et doivent recourir aux eaux en bouteille.

A ce niveau de dogmatisme, j’en viens à m’interroger : l’alternative de la filtration et de la dynamisation de l’eau du robinet n’est-elle jamais abordée afin justement de ne pas nuire au trouble business des eaux en bouteille ? Je l’écris en introduction dans le livre « Il n’y a pas de complot. Il y a juste un avantage économique, financier, et donc in fine politique à ne pas parler de la qualité de l’eau. Cette omerta est de loin le principal scandale de l’eau ! » […]

Plus personne n’aime le plastique mais rien n’est fait pour offrir une alternative crédible. L’eau en vrac (avec remplissage de bouteilles en verre) est refusée par les distributeurs afin de ne pas nuire à leurs ventes d’eau en bouteille… Les filtres (toujours bas de gamme) sont critiqués par les médias au prétexte qu’ils seraient inutiles voire dangereux… Les approches scientifiques innovantes sont ridiculisées par le scientisme tout puissant… L’eau du robinet est dogmatiquement encensée via l’infantilisation des citoyens… Les nouvelles fontaines d’eau publiques sont donc à CO2…

La filtration et la dynamisation de l’eau sont pourtant des solutions de bon sens. Localement chez soi ou en ville via des fontaines publiques, des technologies permettent d’obtenir, à partir de l’eau du robinet, sans électricité ou gaspillage d’eau, une eau supérieure en qualité à la majorité des eaux minérales en bouteille. Une eau biocompatible qui n’irrite plus la peau et permet une hydratation de qualité. Une eau équivalente en énergie à une eau de source de montagne, que l’on a plaisir à boire et que l’organisme redemande, encore et encore.

Êtes-vous aujourd’hui, Monsieur le Directeur, intéressé pour en savoir plus ?  Des fontaines d’eau biocompatible sont-elles envisageables à Genève en partenariat avec votre Régie ?  Car cela coule de source : nous sommes mal en point parce que nous maltraitons l’eau. Améliorons enfin sa qualité et nous irons tous beaucoup mieux !

Je vous remercie pour votre attention et je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, en l’assurance de mes salutations respectueuses

La réponse de la Régie : noyer le poisson ?


Je recevais en novembre 2022 une réponse du service client. J’y répondais par mail quelques jours plus tard :


Chère Madame,

Je vous remercie pour votre réponse en place de votre Directeur Général à qui mon courrier était pourtant spécifiquement adressé. J’avais en effet déjà précédemment obtenu une absence de réponse de votre service clients et réagissais à son inauguration de la fontaine à CO2 au nom, selon lui, de la « santé publique » (sic !).

Je vous félicite pour vos excellents résultats « Eau de Genève »... même si j’en avais déjà été copieusement informé via vos publicités. 

Oui le marketing fonctionne !  Avec un budget (quasi) illimité, on arrive en effet à faire gober n’importe quoi.  La différence est que votre Régie est un établissement de droit public dont le rôle n’est, me semble-t-il, pas de manipuler les citoyens mais de leur fournir une eau de qualité potable, selon la législation en vigueur. 

Vous maniez les « éléments de réponse » comme d’autres les « éléments de langage » et vous êtes certainement une excellente communicante mais vous ne répondez une fois de plus à aucune de mes questions, vous retranchez à nouveau derrière l’OSAV et confirmez ainsi in fine que votre Régie s’intéresse moins aux subtilités de la qualité de l’eau qu’à son image de marque…

… quitte à s’y perdre un peu. Comment par exemple « la fontaine pétillante Eau de Genève » serait-elle « avant tout une fontaine d’eau plate » si 77% de l’eau servie est comme vous l’affirmez gazeuse ? Comment, avec 39 000 litres d’eau distribués éviterait-on 80 000 bouteilles PET, même de 0,5 L ?  Aucun de vos 93% de buveurs quotidiens ne fréquenterait donc cette fontaine ?   

Parler « d’outil de valorisation de l’eau du robinet » ou de « pédagogie » vis-à-vis d’une eau chargée en CO2 – encore plus délétère donc que l’eau chlorée habituelle – en dit en tout cas long sur la confusion qui semble régner dans vos services et l’absence de formation adéquate vis-à-vis de la substance pourtant la plus essentielle à la vie […]

En conclusion, vous me demandez « d’arrêter tout dénigrement de la qualité du traitement de l’eau, aux conséquences négatives sur la perception de la qualité du travail des équipes et favorisant la consommation des eaux en bouteille sur le canton avec un impact écologique certain. »

Cette remarque appelle plusieurs développements :

- Je vous serai gré de me laisser faire mon travail de lanceur d’alerte et de promotion des meilleurs solutions de traitement qualitatif de l’eau. Nous avons en effet une « différence de vision » et je ne dispose malheureusement pas de vos moyens (via les taxes des usagers ?) pour faire passer la mienne mais la vérité finira par éclater. Déjà, des rumeurs circulent dans les couloirs des HUG concernant un taux record de cancer du sein à Genève du fait de l’eau du robinet…

- Je n’ai jamais critiqué vos techniciens travaillant à la potabilité de l’eau, objectivement une chance à l’échelle de la planète. Je critique par contre depuis 2013 vos campagnes marketing, excessives sinon mensongères, qui font croire qu’il n’y a rien à faire alors qu’il serait essentiel de supprimer (au minimum) l’impact très oxydant du chlore, notamment en baissant le pH vers des valeurs plus naturelles.

- La consommation des eaux en bouteille est favorisée avant tout par la mise en avant des minéraux (inorganiques) des eaux, ce que vous faites via votre « Bonne pour la santé : contient des sels minéraux variés ». Si les minéraux sont bons pour la santé, des eaux encore plus minérales ne seraient-elles pas encore meilleures ?  […]

- […] « Plus de 39 000 litres ont été consommés, dont 30 000 litres d’eau gazeuse » précisez-vous.  Comment croyez-vous que les consommateurs ferrés par le CO2 continueront à satisfaire leur nouvelle addiction sinon via les bouteilles ? Pire : certains investiront certainement dans un appareil à soda plutôt que dans un filtre de qualité…

15 000 bouteilles en plastique sont vendues chaque seconde dans le monde et – à défaut de s’attaquer frontalement aux arnaques minérales – il n’y a qu’une solution pour dépasser cela : améliorer la qualité de l’eau du robinet !

La potabilité est la première étape et votre Régie le fait en effet très bien mais l’eau chlorée est oxydante et donc irritante/asséchante et ainsi peu agréable à boire. L’organisme instinctivement la rejette quitte à se retrouver en déshydratation chronique. En l’état, cette eau – alcaline (pH = 8) et oxydante (rH2 = 41,34) – nuit à la santé des citoyens et n’a donc strictement rien d’écologique.

La seconde étape est la "biocompatibilité". C’est elle qui fait la différence énergétique et permet de boire enfin avec plaisir et donc suffisamment, sans plastique et sans risques.

Je note avec regret que votre Régie ne veut officiellement surtout pas en entendre parler. Votre « à aucun moment nous n’en ferons la promotion » en dit long sur votre incompréhension et dogmatisme alors que je demandais simplement si vous souhaitiez en savoir plus. Côté traitement de l’eau, il ne resterait donc finalement, par la force des conflits d’intérêt que les adoucisseurs à sodium, de loin la solution la plus délétère et la moins écologique ?

J’essaye (comme vous le notez depuis 2018) de vous aider à y boire un peu plus clair et à valoriser encore davantage votre eau. J’ai clairement échoué. Je vais dorénavant réutiliser nos échanges et consacrer mon énergie à des articles de presse […]  La qualité de l’eau n’est-elle pas la question la plus écologique qui soit ?

Cordiales salutations et belle fin de journée,

Ce message était clairement sourcé et annoté vis-à-vis des différents points abordés. J’attends toujours une réponse… (N°5)


Notons également un point important : la fontaine à CO2 était présentée dans le courrier comme un « outil de valorisation de l’eau du robinet ». Mais que penser du fait qu’elle embarquait finalement une filtration ? Valoriser l’eau du robinet tout en la filtrant sans le dire ? Ne s’agirait-il pas là d’une belle entourloupe ?


Entre problèmes d’arithmétique et greenwashing…


Ceux d’entre vous m’ont suivi jusqu’ici (merci !) auront noté cette histoire de bouteilles en plastique soit disant économisées grâce à la fontaine à CO2, justification écologique majeure pour la fontaine du Pont de la Machine.


La réponse du service client (suite à ma lettre au Directeur Général) insistait déjà sur ces magnifiques économies, annonçant le chiffre de 80 000 bouteilles. Je m’en étais alors étonné : « Comment, avec 39 000 litres d’eau distribués éviterait-on 80 000 bouteilles PET, même de 0,5 L ? Aucun de vos 93% de buveurs quotidiens ne fréquenterait donc cette fontaine ? »


Dans la brochure "Bilan de l'eau potable 2022" envoyé à tous les ménages, ces 80 000 bouteilles étaient déjà divisées par deux : « 40 000 bouteilles en PET évitées = 3 300 kg de CO2 économisés », tout en précisant que 77% de l'eau distribuée était de l'eau gazeuse, soit de l'eau chargée en CO2... Faire avaler du CO2 aux citoyens pour économiser du CO2, sérieusement ?


Comme je le précisais dans mon dernier mail à la Responsable Relations Médias :


Ce chiffre de 40 000 bouteilles évitées est en outre ridicule, sauf à considérer que 100% des utilisateurs de la fontaine auraient sinon acheté une bouteille plastique. Ne vous targuez-vous pas d'avoir 93% buveurs d’eau du robinet quotidien ? Ne vendez vous pas vous-même des gourdes ?

Bref, un autre exemple de manipulation marketing "greenwashing", indigne selon moi d'une société semi-publique !

J’attends toujours une ? Eh oui, réponse ! (N°6)

La responsabilité des journalistes


Et nous voici donc de retour sur le scandale de l’eau de la fontaine filtrée en douce ! Durant combien d’années la Régie aurait-elle développé l’idée d’une telle fontaine filtrante tout en refusant ostensiblement d’en apprendre plus sur une technologie supérieure et moins coûteuse ?


Ce scandale est-il la goutte d’eau qui va enfin faire réagir les journalistes ? J’ai tout au long de l’année 2022 contacté à trois reprises plusieurs centaines de journalistes de premier niveau sur LinkedIn avec à chaque fois une fiche pdf très précise sur l'un des scandales Suisse de l’eau :



J’ai reçu à chaque fois une vingtaine de réponses seulement... On me remerciait, on me disait que c’était intéressant… et puis plus rien, à l’exception d’une série d’articles pour Infoméduse. Rebelote en mai 2023 avec une mise à jour du scandale des adoucisseurs. Toujours rien, à l’exception d’une interview pour le magazine Punch de Radio Cité. Certains ont de toute évidence plus de liberté et de courage que d’autres ! Je les en remercie ici.


Et suite à cet article ? Voici selon moi les questions de devraient se poser tout journaliste :

  • Pourquoi la Régie n’a-t-elle jamais répondu précisément à BSG ? Pourquoi n’a-t-elle pas cherché à en savoir plus ?

  • Pourquoi les chiffres communiqués par le technicien en 2013 n’ont-ils pas été infirmés ou discutés ? Pourquoi est-il désormais impossible d’obtenir le potentiel redox ou le niveau d’oxydoréduction de l’eau ?

  • Pourquoi la Régie ne communique-t-elle pas sur la technologie de filtration de la fontaine ? Pourquoi a-t-elle essayé de nous induire en erreur – et les citoyens avec – via le communiqué de presse de juin 2022 ?

  • Pourquoi tout ce marketing greenwashing sur l’excellence de l’eau du robinet si cette eau doit finalement être filtrée ? La fin justifie-t-elle les moyens ?

  • La Régie va-t-elle désormais encourager la filtration aux robinets, à défaut de pouvoir/vouloir supprimer le chlore comme à Zurich ?

  • Y aurait-il le moindre conflit d’intérêt entre la Régie, les pouvoirs publics, les installateurs sanitaires (à propos des adoucisseurs) et/ou les embouteilleurs ?

  • Les normes de la potabilité de l’eau sont-elles suffisantes pour protéger les consommateurs à long terme ? Pourquoi ces normes sont-elles en berne ?

  • La qualité de l’hydratation et la santé des citoyens sont-elles moins importantes que l’image de marque d’une Régie semi-publique ?


Il y a certainement de nombreuses autres questions à se poser. Si l’on souhaite dépasser la consommation d’eau en plastique et favoriser l’hydratation des citoyens, il y a en tout cas plein de choses à faire, en premier lieu informer !



L’omerta sur la qualité de l’eau, le premier scandale !


Alors que la majorité des journalistes se sont de toute évidence transformés en communicants suivant la « Voix de leur Maître », il semble essentiel de trouver et de développer d’autres voies de communication pour les sujets les plus importants. Les manipulations de l’eau sont légion et il appartient au citoyen de se réveiller afin de se réapproprier la substance la plus vitale qui soit.


Désormais informé de la réelle qualité de l’eau à Genève, 3 choix sont possibles :

  • Passer à l’eau en bouteilles et tomber dans d’autres manipulations marketing.

  • S’équiper correctement via un filtre et un dynamiseur afin de retrouver chez soi une qualité d’eau supérieure à la majorité des eaux "emplastiquées", jusqu’à – pour les meilleures solutions – être énergétiquement équivalente à une eau de source de montagne.

  • Se muscler les bras en allant remplir à la Fontaine du Pont de la Machine des bouteilles en verre, en sélectionnant « eau plate », puis en la dynamisant de retour chez soi, par exemple dans une cruche à vortex.


Du fait du dogmatisme (et des conflits d’intérêts locaux ?), les citoyens ne sont malheureusement pas encore prêts de voir inaugurée une fontaine à eau biocompatible. Plusieurs lieux privés ont été approchés mais tous ont pour le moment déclinés la proposition, même lorsque la technologie était offerte, même lorsque le Centre commercial est quasiment vide ou intègre des consultations de nutrition ! La Mairie de Genève a été approchée mais elle a répondu à côté de la plaque - je devais m'adresser à la Régie - ou refusé de répondre...


Une motion a été proposée fin 2022 à un parti politique – qui se targue d’écologie mais se trompe de toute évidence de définition – mais elle a été refusée au prétexte qu’il ne faut pas se fâcher avec la Régie, que je ne suis pas un scientifique et que nous avons déjà tous du chlore dans l’organisme… Voir l'article : Les Vert-e-s Genève et la qualité de l’eau : imposture écologique ou prudence politique ?


Au regard de la puissance du premier embouteilleur mondial, la volonté politique de préserver la vente des bouteilles en plastique est (en Suisse) une hypothèse plausible et les derniers scandales sur les perfluorés PFAS renforcent certainement les ventes. Mais c’est surtout du côté du questionnement de l’eau du robinet que cela coince, d’où ce dialogue surréaliste:


N’avez-vous pas des problèmes de peau ?

– Si mais la Régie nous a dit que l’eau était excellente !

– Ne rencontrez-vous pas des difficultés pour boire 1,5L d’eau plate par jour ?

– Je ne bois sans doute pas assez mais la Régie nous a dit que l’eau était excellente !

– Savez-vous que Zurich n’utilise quasiment plus de chlore ?

– Non mais la Régie nous a dit que l’eau était excellente !

– Réalisez-vous que votre cerveau est constitué à 80% d’eau ?


Retrouver une capacité de réflexion passe forcément par une meilleure qualité d’eau. C’est donc un cercle vicieux ou vertueux, selon l’état d’endormissement des citoyens, une récente crise politico-médiatico-sanitaire ayant démontré que certains n’étaient pas du tout prêts à se réveiller…


La qualité de l’eau est l’élément essentiel d’une écologie personnelle et l’eau potable du robinet demeure la base de travail. Cette eau devra donc être filtrée (comme dans la fontaine de la Régie) puis être dynamisée (ça, ce n'est pas pour demain car il faudrait pouvoir penser « une octave plus haut ») afin de redevenir biocompatible c’est-à-dire véritablement adaptée aux besoins de notre organisme :


  • Eau respectueuse de la peau et donc moindres besoins en cosmétique

  • Eau plus douce et donc plus agréable à boire

  • … et donc meilleure hydratation des cellules

  • … et donc meilleure santé et vitalité

  • … et donc meilleure capacité de réflexion

  • … et donc remise en cause des manipulations du marketing

  • … et donc moindre consommation

  • … et donc sauvegarde de la planète


Comme quoi l’eau du robinet peut effectivement devenir écologique… voire en effet d'excellente qualité !


« Nous sommes mal en point, car nous maltraitons l’eau. Améliorons enfin sa qualité et nous irons tous beaucoup mieux. »

Note : la Régie a donc au moins 6 mails ou courriers de notre part en attente de réponse, plus quelques dizaines de questions précises datant de 2018. Nous nous ferons évidemment un plaisir de les accueillir ici, ainsi que toute demande « droit de réponse ». Le débat sur la qualité de l’eau est ouvert et ne fait, nous l’espérons, que commencer !

Pour en savoir encore plus sur la qualité de l’eau potable de Genève et les eaux du robinet :

Les 3 problématiques et solutions Eau : www.solutionsbio.ch/eau

Vidéo Conférence-Tutoriel : La vraie qualité de l’eau (21’58) L’eau du robinet sur le portail sur l’eau : https://www.lemieuxetre.ch/eau/frame_eau_types_robinet.htm

Mon livre La qualité de l’eau (Ed. Médicis, 2020)

Me contacter pour une analyse des scandales et ce qu’il conviendrait de faire pour changer de paradigme (et de qualité d'eau) : +41 (0)76 532 8838



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