• Benoît Saint Girons

De l’écologie du système à l’écologie personnelle…

Et si les écologistes politiques se trompaient de définition et donc se trompaient tout court ? Et si nous faisions fausse route en privilégiant l’énergie du système au lieu de notre propre énergie ? Et s’il était bien plus efficace de passer à l'écologie personnelle ? Quelques surprises et éléments de réflexion avec l'auteur du livre L'imposture du bien-être.

Les écologistes et les politiques se trompent de définition et nous parlent de l’écologie du système. Recentrer l’écologie sur l’homme et donc sa santé permettrait pourtant de beaucoup mieux avancer… ou méditer. Eléments de réponse avec Benoît Saint Girons, auteur du livre L’imposture du bien-être.
Prendre soin de soi grâce à une écologie personnelle...

Les économies sont l’alpha et l’omega de toutes les initiatives écologiques. Le "système" contrôle l’économie et pollue la planète à coup de gaspillages énergétiques. L’écologie traite des économies (énergétiques) et, grâce au progrès, réussira à sauver la planète. L’écologie n’est pas encore une dictature politique mais elle est déjà une religion. Polluer ou gaspiller, c’est mal ! Changer de voiture, c’est bien ! Le prolo qui fume des clopes et roule au Diesel mérite bien ses taxes et le mépris des technocrates. Malheur à celui qui s’éloigne des directives officielles : la maison brûle et il finira dans les flammes de l'écologie punitive...


L’Enfer est pavé de bonnes intentions et l’écologie justement les multiplie : au niveau international, les COP fixent le cap. Si tous les pays vont dans le même sens, si tous les citoyens marchent dans la même direction, alors la planète sera « great again » ! Il faut vraiment s’appeler Trump pour se tromper à ce point et refuser le consensus des experts. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est pourtant parfaitement compétent pour mettre en chiffres et en diagrammes ce pour quoi on le finance.


La crise sanitaire liée au Coronavirus a pourtant révélé le risque de la pensée unique, du remplissage médiatique et des experts à expertiser. Suivre les directives ou les conseils de « celles et ceux qui savent » est dangereux pour la santé mentale et nous place de facto dans la situation de l’imbécile docile (et à domicile). La peur est toujours mauvaise conseillère.


Officiellement, le discours écologique est partout. Officieusement, l’urgence se retrouve toujours reléguée derrière les intérêts financiers. L’écologie est devenue un moyen comme un autre de faire du profit, avec l’avantage de donner bonne conscience… ou de ne pas laisser le choix. A coup de greenwashing, les multinationales ont ravalé dans le même temps leurs scrupules et leurs façades.


L’écologie va trop souvent dans le mauvais sens pour encore faire sens, au point de totalement occulter son sens premier. Du grec oikos (maison, habitat) et logos (discours), l’écologie est étymologiquement la science des conditions d’existence dans un environnement donné. Non pas les besoins de la nature mais les besoins de sa nature. Non pas les économies d’énergie mais ce qui favorise l’énergie. Non pas des bâtiments passifs mais des lieux où il fait bon vivre. Non pas des technologies économes mais des produits sûrs et sains.


L’écologie devrait avant tout traiter de santé et de vitalité mais cette nouvelle définition dérange car elle est contradictoire avec les orientations quantitatives du système. Un individu en bonne santé réfléchit mieux et donc interroge sa consommation : moins de malbouffe, moins de chimie, moins de gadgets polluants, moins de marketing… Un individu en vitalité se sent forcément plus léger et laisse derrière lui une moindre empreinte carbone. Un individu conscient est moins apeuré et donc manipulable.


Surtout, ce changement de paradigme replace l’homme et donc l’intérêt général au cœur de la réflexion et de l’action. L’écologie cesse d’être une question de technocrates, de taxes ou de simulations informatiques pour redevenir un facteur de mieux-être. Non pas ne jamais tomber malade ou être toujours mieux – deux formes d’obsessions de la performance contreproductives – mais respecter autant que possible les besoins de son être naturel : un air sain, une eau de qualité biocompatible, une protection contre les ondes,... Plutôt que de paraître, il faudra bien un jour finir par être… véritablement en forme et donc écologiste !


Pour en savoir plus :

Les 8 fondamentaux de la santé et du mieux-être : www.solutionsbio.ch

Mon livre : L’imposture du bien-être (Dervy, 2018)

Couverture du livre L'imposture du bien-être de Benoît Saint Girons. Editions Dervy, 2018. Et si le bien-être était un remède pire que le mal ? Et si l'écologie personnelle était la vraie solution ?
Les stratégies de l’Être et de l’écologie personnelle

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