L’eau gazeuse est-elle mauvaise pour la santé ? Quelle est la meilleure eau pétillante ?

Dernière mise à jour : 5 oct.

Une bonne proportion des citoyens continuent – en dépit du dogme écologique – à ne pas faire confiance à l’eau du robinet et à se rabattre sur les bouteilles, notamment celles chargées de petites bulles CO2, le célèbre gaz à effet de serre. Une provocation de plus ? Comment expliquer cet engouement pour l’eau pétillante alors qu’aucun animal de boit d’eau gazeuse ? Les bulles sont-elles mauvaises pour la santé ou apportent-elles au contraire des bienfaits ? Surprises et solutions sans plastique et sans risques avec l’auteur du livre La qualité de l’eau.

Aucun animal ne boit de gaz carbonique alors pourquoi en rajoutons-nous du CO2 dans notre eau de consommation courante ? Le point sur cette dangereuse question d’hydratation avec Benoît Saint Girons, auteur du livre La qualité de l’eau.
Du gaz carbonique CO2 dans l'eau, est-ce bien raisonnable ?

Pour vous repérer facilement dans l'article :

Le point sur la question en 2 minutes chrono

Eaux gazeuses : les bonnes et les mauvaises excuses

« Ne boire que de l’eau gazeuse : c’est bon pour la santé », sérieusement ?

Les atouts plaisir de l’eau gazeuse

Les mythes santé de l’eau gazeuse

Eau gazeuse et prise ou perte de poids ?

Les effets délétères des bulles CO2

Le CO2 est-il mauvais pour les dents ?

L’eau gazeuse plus sexy que l’eau du robinet !

Les bicarbonates aident-ils à la digestion ?

Des eaux à consommer avec modération… sous peine de peine salée !

Quelles sont les meilleures eaux gazeuses ?

Quelles sont les meilleures eau gazeuses "thérapeutiques" ?

Quelles sont les pires eaux gazeuses ?

Comment améliorer les choses et limiter sa consommation de CO2 ?

Liens pour en savoir encore plus

Les eaux gazeuses bonnes ou mauvaises pour la santé en deux minutes chrono


Officiellement, à en croire les articles grand public d’internet, les journalistes ou les "experts", il n’y a aucun problème : les eaux pétillantes sont une magnifique alternatives aux sodas ou à l’eau du robinet et il n’y a aucune raison de s’en priver !


Tout juste reconnaissent-ils un souci avec la teneur en sodium de certaines eaux ou - pour autant que l’on souffre de faiblesse digestive (côlon irritable,…) - le gaz carbonique lui-même.


Mais les avantages l’emportent largement sur les défauts : aide à la digestion grâce aux bicarbonates, légèreté des bulles, minéraux en pagaille, remplacement des sodas, hydratation (soit disant) facilitée...


Le fait que les bulles soient du gaz carbonique ou CO2 ou célèbre gaz à effet de serre que l’homme rejette naturellement n’a pas l’air de gêner grand monde. Le fait que la majorité de ces eaux soient vendues dans des bouteilles en plastique non plus. Les bulles et le marketing des embouteilleurs plus forts que l’écologie ?


Ce n’est toutefois pas l’écologie politique (des économies d’énergie du système) mais l’écologie personnelle qui nous intéresse ici et il est troublant de constater qu’aucun animal ou jeune enfant ne boit d’eau gazeuse. Le CO2, nous le rejetons via la respiration et il est pour le moins curieux d’en ajouter à sa boisson…


Les eaux sont naturellement gazeuses à la source ? Quelques rares marques le sont encore (Vichy Célestin, St-Yorre, Roxana,…) mais la plupart, même Perrier depuis 2018, ont des bulles artificielles, obtenues par « adjonction de gaz carbonique ».


Aucune eau gazeuse ne pose problème en cas de consommation ponctuelle, même celles très riches en sodium, comme la Saint-Yorre et ses 4.27g de sel par litre ou Vichy Célestin avec ses 2.93g, également les plus chargées en bicarbonates aux vertus digestives.


Le problème concerne la consommation quotidienne ou très régulière de ces eaux, généralement trop chargées en minéraux pour être considérées comme de consommation courante, encore moins biocompatibles. C’est la même chose avec les eaux minérales mais là nous avons du gaz CO2 en plus !


Le seul réel avantage de ces eaux est leur côté « plaisir » qui les font parfois préférer aux sodas (trop) sucrés ou boosté aux édulcorants. Vis-à-vis de ces deux « pires », l’eau gazeuse est évidemment préférable ! Idem en soi vis-à-vis de l’eau « potablement chlorée » du robinet, alcaline et oxydante, irritante et asséchante. Si de nombreux citoyens continuent à préférer l’eau en bouteille – et alors souvent à bulles – c’est évidemment à cause de la qualité de l’eau du robinet, quelque soit par ailleurs son coût, évidemment bien plus faible.


Et que se passe-t-il si l’on arrête de consommer de l’eau en bouteille ? Laura, blogueuse, relate son expérience dans un article : « quand je suis passée à l'eau plate, je me suis rendu compte que je buvais beaucoup plus d'eau chaque jour sans même faire d'effort pour et surtout sans y penser ». Et de s’interroger : « Je ne sais pas si c'est parce qu'on a du mal à savoir si on a vraiment apaisé sa soif quand on boit de l'eau gazeuse à cause du côté pétillant, ou si mon corps avait besoin d'eau plate parce que mon système digestif le supportait beaucoup mieux, mais dans tous les cas, je me suis sentie beaucoup mieux hydratée à la fin de la semaine, et c'était vraiment agréable car j'avais l'impression d'avoir plus d'énergie et j'avais aussi la peau moins sèche naturellement. »


Si ses ballonnements n’ont pas diminué, elle note avoir eu « beaucoup, beaucoup moins de gaz » et donc « une amélioration du côté de mes problèmes de digestion ! », un comble pour des eaux supposées faciliter la digestion !


Bon, ce témoignage n’est pas du tout scientifique (les scientistes ne s’intéressent pas beaucoup à la qualité de l’eau de toute façon) mais au moins de bon sens : le CO2 n’est pas vraiment fait pour nous et est donc contradictoire avec une hydratation de qualité ! Se faire plaisir de temps à autre ne pose pas de problème mais il nous faut en premier lieu trouver (ou fabriquer avec son eau robinet + filtration + dynamisation) une eau biocompatible, seule manière d’être correctement hydraté !



En savoir plus sur les problématiques et allégations santé des eaux gazeuses (+18 minutes) :


Après ce premier survol, entrons au cœur de la superficialité des bulles ! Le marketing s’en fait une spécialité mais il est tout de même curieux de n’entendre aucun expert médical remettre en cause l’ingestion de CO2… en consommation courante. Eaux gazeuses meilleures que le Coca-Cola et donc circulez y a rien à boire ? Pas toutes justement et pas n’importe comment…


Eaux gazeuses : les bonnes et les mauvaises excuses


Nous avons la chance de disposer d’eau potable sur tous nos robinets. Aucun petit enfant ou animal ne boit naturellement de l’eau gazeuse. Les écologistes ne cessent de répéter que le CO2 c’est mal et, de fait, nous le rejetons de notre organisme. Alors, serions-nous sadomaso ?


Pourquoi consommons-nous de l’eau pétillante ? Plusieurs réponses possibles parmi les propositions suivantes :


  • Cela rappelle les sodas sans en avoir les sucres ou édulcorants.

  • Cela aide à digérer.

  • C’est beaucoup plus fun en soirée car cela fait roter et péter.

  • La sensation de fraîcheur des bulles est agréable.

  • C’est rigolo de voir les bulles se créer quant on ouvre la bouteille.

  • C’est plus sexy / sophistiqué et rappelle le restaurant.

  • Quitte à investir dans de l’eau en bouteille, autant qu’elle soit la plus différente possible (par rapport à l’eau plate du robinet).

  • Il existe des eaux naturellement gazeuses reconnues par l’Académie de Médecine et donc cela doit être bon pour la santé.

  • Ils font des publicités très convaincantes.

  • Cela m’aide à moins manger car les bulles occupent un volume plus grand dans l’estomac.

  • Quitte à porter des packs de 9kg d’eau depuis le supermarché, autant qu’ils soient plus légers.

  • C’est la seule eau que j’arrive à boire avec plaisir.

  • « Avec la canicule, c’est aussi une question de santé publique » (Christian Brunier, Directeur Général des SIG, Genève) à propos de l’installation de la première fontaine d’eau publique à CO2 à Genève en juin 2022.


« Ne boire que de l’eau gazeuse : c’est bon pour la santé », sérieusement ?


Ce titre d’un article de caminteresse.fr suscite l’interrogation. Y aurait-il de possibles conflits d’intérêts entre (certains) journalistes (ou patrons de presse) et embouteilleurs-annonceurs ?


Les eaux pétillantes représentent un chiffre d’affaires de 30 milliards de dollars avec une croissance de plus de 12 % par an jusqu’en 2028, selon un rapport publié en avril 2021 par Grand View Research


« Sur de nombreux aspects, il est bon de ne boire que de l’eau gazeuse. » écrit le journaliste, via une curieuse formulation. Que certaines eaux gazeuses aient certaines vertus peut se concevoir (notamment du fait de leur teneur en bicarbonates) mais peut-on ainsi généraliser ?


Après avoir (tout de même mis en garde contre les eaux pétillantes riches en sodium), l’article conclut : « Se constituer une collection de diverses eaux gazeuses peut donc être le moyen idéal pour varier les plaisirs, mais aussi les minéraux dont vous nourrissez votre corps à travers votre consommation d’eau chaque jour. » Ah, le mythe des minéraux des eaux bénéfiques à l’organisme ! Varier ses eaux est certes le mantra des médecins qui ne veulent pas prendre de risques mais pourquoi ne recommander que les bulles ? Pour ne jamais toucher terre ? Il existe plus de quatre-vingts marques d’eaux pétillantes sur le marché et il y a donc du choix… pour continuer à se tromper !


« Si elle n'est pas trop salée et si l'on n'a pas de problèmes digestifs particuliers, une eau gazeuse peut être bue quotidiennement », affirme la diététicienne Alexandra Murcier dans un article (un peu plus équilibré) de madame.lefigaro.fr. Cela fait déjà quelques « si » en plus et il conviendra donc bien de ne pas se tromper…


Alors qu’en est-t-il ? Un fait devrait nous intriguer : aucun animal ne boit d’eau pétillante et il faut quelques années à un enfant pour apprécier finalement « l’eau qui pique ». Quand il est petit et encore dans le ressenti physiologique de ce qui est bon pour lui, son organisme rejette naturellement le CO2 !


Si les eaux gazeuses sont la seule manière de boire suffisamment, alors il vaut mieux évidemment boire du CO2 que de ne pas boire du tout. Mais ce type de boisson n’est naturellement pas l’idéal, n’en déplaise aux articles grand public.


Mais commençons par le positif…


Les atouts plaisir de l’eau gazeuse


Les bulles de gaz carbonique (ou dioxyde de carbone ou CO2 ou célèbre gaz à effet de serre honni des écologistes) stimulent les papilles, remplacent avantageusement les sodas (trop) sucrés, donnent une impression de légèreté et n’ont que rarement un goût de chlore puisque le plus souvent en provenance de bouteilles. Compagnon des plus belles tables, le gaz a également l’avantage de mettre de l’ambiance… en faisant roter ! On se sent bien mieux après… avoir libéré le trop-plein de gaz… apporté par les eaux gazeuses.


Voilà pour les avantages de l’eau gazeuse et il n’y a effectivement pas de mal à se faire plaisir de temps en temps et à braver les interdits écologistes. A noter au passage que la sensation amusante en bouche est liée, comme le signale fort justement le site theconversation.com à « l’activation chimique des récepteurs de la douleur sur votre langue. Elle réagit à cet acide, lui conférant un goût plus prononcé. ». Comme quoi nous sommes bien sadomaso !


A noter également que les embouteilleurs rajoutent de plus en plus souvent artificiellement le CO2… y compris dans les eaux plates puisque l’acide carbonique est un excellent conservateur pour l’eau en bouteille. Tout acheteur d’eau en bouteille consomme donc du CO2 sans le savoir… mais n’en meurt évidemment pas.



Les mythes santé de l’eau gazeuse


Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ? Pas vraiment en l’occurrence mais ne sommes-nous pas au final quand même (un peu) mieux hydraté qu’avant ? Même pas sûr : 70% des français seraient en déshydratation chronique. A cause - en partie - des eaux gazeuses ? Entre ne rien boire et boire de l’eau à bulles, il vaut mieux évidemment boire. Entre l’eau du robinet chloré alcaline et oxydante et l’eau gazeuse en bouteille, la balance bénéfice-risques s’équilibre également et tout dépendra en fait de la marque à bulles. Nous restons néanmoins, dans les deux cas, loin de l’eau de consommation courante idéale…


« Bonne alternative aux sodas sucrés, et plus gouteuse que l’eau plate ordinaire, l’eau gazeuse permet de rester hydrater (sic !) et possède plusieurs bienfaits. » selon un article assez hallucinant de CNews. Et de lister quatre avantages (et quatre seulement) :

1/ Facilite la digestion : vrai si l’eau gazeuse est riche en bicarbonates (voir plus bas), faux dans le cas contraire.

2/ Riche en minéraux : pas toutes et fort heureusement !

3/ Favorise la perte de poids : mieux que les sodas sucrés mais c’est à peu prêt tout.


4/ Booste la circulation sanguine. Une exclusivité CNews ? Boire n’importe quelle eau améliore certes la circulation sanguine mais il est question ici des eaux gazeuses. Cette propriété spécifique serait due à son acidité et permet à CNews d’affirmer : « En ramenant le PH du sang à un niveau plus neutre, cette boisson pétillante améliore la circulation sanguine ». Croire que le pH sanguin peut être modifié aussi facilement dénote d’une méconnaissance crasse de l’équilibre acido-basique et de l’effet tampon de l’organisme. Une belle preuve en tout cas de l’absence de rigueur journalistique en faveur des embouteilleurs…


Plus sérieusement, aucune étude n’a jamais démontré un quelconque intérêt pour la santé à consommer du CO2. Si certaines eaux sont vendues sous l’égide de l’Académie de Médecine, c’est pour leur richesse en minéraux à la source et parce que l’Académie n’a jamais compris – ou souhaité comprendre – la différence entre une eau à la source sous forme de cure thermale (de 21 jours maximum) et la même eau emprisonnée dans du plastique et stockée des semaines sinon des mois…


« Un autre bienfait de l'eau gazeuse serait sa capacité à réduire le risque de maladie cardiovasculaire chez les femmes, lors de la phase qui suit la ménopause. Toutefois, ces résultats sont à considérer avec beaucoup de précautions dans la mesure où certaines de ces études sont financées par des marques d'eau gazeuse. » précise un site de la RTBF. De fait, boire de l’eau plate aurait exactement les mêmes effets…



Eau gazeuse et prise ou perte de poids ?


L’eau gazeuse stimulerait la prise de poids. C’est la conclusion d’une étude de chercheurs de l’université de Birzeit, en Cisjordanie publiée dans le numéro de septembre-octobre 2017 de la revue Obesity Research and Clinical Practice. Les chercheurs ont donné différentes boissons à plusieurs groupes de rats : de l’eau du robinet, de l’eau minérale plate, des sodas gazeux et des sodas dégazéifiés.


Au bout de 6 mois, les rats qui avaient bu des boissons au dioxyde de carbone étaient 20 % plus gros que les autres. En poussant plus loin leurs recherches, cette prise de poids serait due à la stimulation de la ghréline, une hormone digestive qui stimule l’appétit. Les rats qui avaient bu de l’eau pétillante présentaient des niveaux de ghréline 6 fois plus importants que ceux qui avaient bu de l'eau plate. Ils avaient également davantage de graisse autour de leur foie.


Cette étude a évidemment été immédiatement critiquée : les résultats obtenus chez les rongeurs ne seraient pas nécessairement transposables à l’homme… Les rats sont pourtant utilisés dans nombre d’études par les labos… et pas pour soigner les rats, qui ne connaissent pas non plus d’épidémie d’obésité !


Une chose en outre est évidente : les bulles stimulant les papilles, elles auraient en effet tendance à plutôt stimuler l’appétit… sauf à boire beaucoup ce qui aurait alors l’effet inverse.


D’autres recherches – financées par les embouteilleurs ? – ont en effet révélé un effet contraire : selon un article publié en 2012 dans la revue Nutritional Science and Vitaminology, des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Chicago ont constaté que l’eau gazeuse favorisait un sentiment de satiété… en augmentant l'activité gastrique ainsi que la fréquence cardiaque. Tout ceci ne serait toutefois effectif que sur une brève période, utile donc pour éviter de multiplier les collations, pas forcément pour sauter un repas.


Mais y-a-t-il ici révélation ? Boire une bonne quantité d’eau n’a-t-il pas toujours été un truc pour se remplir l’estomac… et donc moins manger ? Tout dépend en fait de la quantité et de la qualité de l’eau ! Côté quantité, deux verres 30 minutes avant le repas (il vaut mieux éviter de boire durant les repas) seraient le minimum selon un essai contrôlé randomisé publié en 2015 dans la revue Obesity. Cela réduirait le nombre de calories consommées lors du repas de 40 calories en moyenne, soit potentiellement 120 calories par jour.


Côté qualité de l’eau, les bénéfices de cette hydratation forcée pourraient être contrebalancés par une prise de chlore, de minéraux ou de CO2 en trop grande quantité… avec des effets délétère alors à plus ou moins brève échéance... surtout si l’eau est froide et crée un choc thermique dans l’organisme. Consommer 2 verres d’eau gazeuse d’affilé n’est pas non plus à la portée de tout le monde sans gaz et ballonnements en retour…


En matière d’eau gazeuse, la seule approche en réalité pertinente pour perdre du poids est celle consistant à abandonner les sodas sucrés ou dits « Light » aux édulcorants synthétiques. Remplacer des bulles sucrées par des bulles sans calories permettra de se sevrer en douceur… jusqu’à un jour adopter l’eau plate ? C’est une autre histoire… et l’on peut réfléchir à celle de Laura en début d’article…


Les effets délétères des bulles CO2


Avaler du gaz entraîne des ballonnements et des flatulences, si bien que les bulles sont déconseillées en cas d’effort physique ou de faiblesse digestive (intestins irritables, brûlures d’estomac associées au reflux gastro-œsophagien,…).


En fait, les eaux à CO2 sont déconseillées tout court. Le CO2, déchet que nous rejetons naturellement lors de la respiration et gaz à effet de serre désormais célèbre, est un acidifiant de l’organisme… et des océans. En absorbant environ un tiers de tout le CO2 émis dans l’atmosphère, le pH des océans est passée au cours des dernières décennies de 8,25 à 8,14...


Et chez l’homme ? L’acidose n'est pas provoquée par l'absorption d'aliments acides (tous les fruits et légumes sont acides et donc à tendance alcalinisante via l’effet tampon de l’organisme) mais plutôt de troubles du métabolisme dont le diabète (en partie liée à la malbouffe à tendance alcaline), de maladies rénales (notamment du fait de la consommation d’eau trop minéralisées) ou des troubles respiratoires limitant la libération du CO2 par les poumons. Rajouter du CO2 dans l’eau pour ensuite devoir l’éliminer ? Nous nous compliquons parfois curieusement le métabolisme…


Cela n’empêche évidemment pas certains sites – vendant comme par hasard des fontaine à eau gazeuse – de clamer que « l’eau gazeuse n’est absolument pas néfaste pour la santé. » Et d’ajouter : « Certaines rumeurs et fausses informations laissent croire les internautes que l’eau gazeuse abîmerait l’émail dentaire, mais cette information n’est absolument pas vérifiée », avant de compléter par un curieux « elle n’aura aucun impact négatif sur la dentition à partir du moment où elle est consommée avec modération. » Donc pas d’impact mais à consommer avec modération ? Ce sont les vendeurs qui le disent : les eaux gazeuses ne sont pas des eaux de consommation courante !



Le CO2 est-il mauvais pour les dents ?


L’eau pétillante s’obtient donc avec du CO2 dioxyde de carbone pour générer au contact de l’eau de l’acide carbonique (H2CO3) au pH – comme son nom l’indique – acide. Cette acidité est-elle un risque pour l’émail des dents ?


Une étude publiée en avril 2016 dans le Journal of the American Dental Association a révélé que l’eau minérale gazeuse Perrier (au pH de 5,25) avait un faible potentiel d’érosion, tandis que l’eau minérale naturelle gazeuse San Pellegrino (au pH de 4,96) en avait un peu plus. A comparer avec le pH de 2,37 du Coca-Cola… Au final, le problème concernerait davantage les sodas, à l’acidité bien plus prononcée que les eaux gazeuses « 100 fois moins corrosives ».


Cette question revient dans un article de The Conversation qui nous promet « rigueur académique et talent de journaliste » avec un avis (d’un professeur en dentisterie) plus tranché : « Si les dents sont fréquemment baignées dans l’acide des boissons gazeuses, plus de minéraux peuvent être dissous que réintégrés. Il y a donc plus de risque d’usure ou d’érosion des dents »… tout en rappelant que la bouche a déjà normalement un pH légèrement acide… Contradiction ? Il est toujours intéressant de constater la confusion des experts…


…d’autant que ces experts ne s’accordent pas non plus sur la valeur normal du pH de la salive : entre 6 et 7 (et donc acide) pour le professeur, 7,2 tout court (et donc alcalin) pour une clinique dentaire, entre 6,8 et 7,2 (et donc plutôt neutre) pour un site de prévoyance ou encore le grand écart « entre 5,6 et 7,9 » pour un laboratoire de soins dentaires…


La salive a notamment pour rôle de protéger des bactéries et, selon la Bioélectronique de Vincent (BEV), elle devrait donc pour cela être naturellement légèrement acide… comme la majorité des eaux pétillantes !



L’eau gazeuse plus sexy que l’eau du robinet !


Notre organisme n’est pas à la base fait pour le CO2 mais nous nous habituons à tout et finissons par trouver plus agréable l’eau chargée de bulles que l’eau potablement polluée et chlorée du robinet ! Et voilà bien là le cœur du problème : si notre eau du robinet présentait de meilleurs paramètres (au lieu d’être toujours alcaline et oxydante) et était plus agréable à boire (au lieu d’être généralement asséchante et irritante, voire très irritante comme l’eau de Genève), nous n’irions naturellement pas vers les sodas ou les eaux pétillantes en bouteille !


D’autant que si les eaux du robinet chlorée sont toujours délétères pour la santé, les eaux pétillantes sont parées (grâce au marketing savant des embouteilleurs repris sans sourciller par des sites internet) d’une promesse de pureté, de l’aval de l’Académie de Médecine en France et de toute une série de vertus liées à leur teneur en minéraux. Et c’est là que les eaux pétillantes se distinguent en effet des eaux plates.


Les bicarbonates aident-ils à la digestion ?


Les eaux gazeuse contiennent souvent du bicarbonate de sodium – utilisé pour générer le gaz carbonique dans les bouteilles – auquel on prête des vertus digestives, notamment pour limiter l’acidité de l’estomac.


« Les eaux riches en bicarbonates pourraient permettre une meilleure vidange de l’estomac. Elles modifieraient également la sensation de lourdeur après le repas », explique Pauline Jouët, gastro-entérologue, spécialiste des troubles fonctionnels digestifs, à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt dans un article du site Figaro Santé. « Mais peu de recherches scientifiques confirment ces effets bénéfiques. Les résultats dont nous disposons sont souvent issus d’enquêtes de satisfaction menées par les industriels eux-mêmes », prévient-elle fort judicieusement.


L’estomac produit de l’acide lors du processus de digestion. Plus le repas est copieux et plus la production d’acide est importante, ce qui peut entraîner des reflux ou remontées acides avec sensations de brûlure d’estomac. 20 à 40 % de la population adulte se plaindrait de difficultés à digérer et/ou de reflux gastro-œsophagiens… Du fait d’une surconsommation de malbouffe acidifiante peut-être ?


La concentration en bicarbonates dans le sang est compris entre 22 et 26 mmol/L mais il peut donc être ponctuellement bénéfique d’en rajouter un peu sous la forme d’une eau pétillante riche en bicarbonates, lors d’un copieux repas par exemple.


Le bicarbonate ou HCO3 ou encore hydrogénocarbonate doit en effet son préfixe (« bi- ») à son double caractère acido-basique (dit caractère amphotère) : il est à la fois acide et base, appartenant à deux couples acido-basiques différents. Cette caractéristique amphotère lui confère un effet tampon dans l’organisme. C’est notamment lui qui va aider à réguler le pH sanguin… ou donc l’équilibre acido-basique dans l’estomac.

Le bicarbonate de sodium (souvent appelé « bicarbonate de soude » par abus de langage) ou NaHCO3 est le sel de l'ion bicarbonate le plus répandu et le plus utilisé, de la digestion donc à l’entretien de la maison ou le respect de la peau. Les eaux sont considérées comme riches en bicarbonate de sodium à partir d’un taux de 600 mg /L. Les records de bicarbonate sont détenus par Saint-Yorre avec 4368 mg/l, Vichy Célestins avec 2989 mg/l et Ardesy avec 2195 mg/l. Rozana (1837 mg/l), Badoit (1250 mg/l) ou Quézac (1 1000 mg/l) sont d’autres eaux riches en bicarbonates.


A noter, pour les problèmes de digestion, qu’une cuillère à café de bicarbonate de soude (= de sodium donc) dilué dans un verre d'eau fait également l’affaire, sans passer par le marketing excessif sinon mensonger des eaux en plastique !


Des eaux à consommer avec modération… sous peine de peine salée !


Ces eaux plastiques sont-elles vraiment « à consommer sans modération » comme le signale (en gras) l’article du Figaro Santé ? Certes, « contrairement aux idées reçues, les eaux riches en bicarbonate de sodium n’augmentent pas le risque d’hypertension artérielle. ». Il ne faut en effet pas confondre bicarbonate de sodium et sodium (Na+) tout court.


D’un autre côté, une eau riche en bicarbonates sera le plus souvent également riche en sodium et donc en sel (le taux de sel s’obtient en multipliant le taux de sodium par 2,5), ce qui augmente alors bien le risque d’hypertension artérielle et donc d’AVC ou encore de rétention d’eau. C’est le cas par exemple de la Saint-Yorre qui contient 1 708 mg de sodium soit 4,27 grammes de sel ! À comparer avec les 200 mg de sodium, soit 0,5 g de sel autorisé pour l’eau du robinet… et uniquement pour permettre le scandaleux business des adoucisseurs à sodium puisque les eaux de surface en contiennent rarement plus de 20mg...


Mêmes mises en garde avec Vichy Célestins et ses 1172 mg de sodium (= 2,93g de sel) ou, dans une bien moindre mesure Rozana (493 mg de sodium = 1,23g de sel). Ces eaux peuvent être considérées comme les pires du point de vue de la consommation courante. Voir la fiche Comparatif des eaux minérales.

Quelles sont les meilleures eaux gazeuses ?


La meilleure eau gazeuse est celle que l’on a plaisir à accueillir sur sa table dans sa belle bouteille en verre et que l’on dégustera tranquillement au cours d’un bon repas. On ne devrait normalement pas boire d’eau durant le repas mais il faut bien transgresser les règles de temps en temps.


Du point de vue de la santé, les meilleures eaux gazeuses sont par contre celles qui font le moins de dégât à savoir celles qui ont le moins de sodium… et de minéraux ! Nous sommes en effet hétérotrophes et incapables d’assimiler correctement les minéraux inorganiques des eaux.


L’eau pétillante la moins chargée en sodium est toutefois La Salvetat avec seulement 5 mg/L et une minéralité totale de 520 mg/L pour un pH de 6. Suivent la Henniez Suisse avec 7 mg (sur 571 mg) et la nouvelle Cristaline gazeuse source Elena avec 8,4 mg (sur 241 mg seulement).


Du point de vue de la minéralité totale, la meilleure eau gazeuse « grosse marque » aurait du être Perrier avec 456 mg/L de minéraux seulement (soit sous la barre des recommandations des médecins), peu de sodium (9,6 mg) et une excellente acidité "historique" à 5,5. Le gaz naturel de la source a toutefois été (depuis 2018) remplacé par le propriétaire Nestlé par une banale « adjonction de gaz carbonique », sous prétexte d’économie d’eau et d’impact écologique (sic !). Le pH n’est d’ailleurs plus indiqué sur l’étiquette, de même que pour Contrex ou Vittel. Y aurait-il quelque chose à cacher ?


La meilleure eau gazeuse est donc plutôt la Cristaline gazéifiée « délicieusement pétillante » de la source Elena avec un extrait à sec à 241 mg/L seulement, peu de sodium (8,4 mg) et de nitrates (< 1) et un excellent pH à 5,7. Mais attention : Cristaline a tendance à multiplier les sources et donc les compositions et il faut donc systématiquement se pencher sur l’étiquette. Ainsi, l’eau gazeuse de la source Vermont affiche une minéralité totale de 458 mg/L et un pH de 6, ce qui reste toutefois correct. A noter que toutes ces données sont celles de la source et qu’il y a forcément une dégradation énergétique en bouteille plastique.


Les autres eaux gazeuses (en tout cas celles des marques connues) dépassent toutes la limite des médecins à savoir 500 mg/L… mais pour gagner alors généralement en bicarbonates.

Quelles sont les meilleures eau gazeuses "thérapeutiques" ?


Une autre analyse qualitative de l’eau gazeuse – pour une consommation alors encore plus ponctuelle – pourrait en effet se pencher sur le rapport bicarbonates-sodium : le maximum de bicarbonates pour le minimum de sel. A ce niveau, la meilleure eau gazeuse est la Quezac avec 1000 mg de bicarbonates pour 110 mg seulement de sodium, suivie par la Badoit avec respectivement 1250 et 180mg… Cette dernière a elle le mérite de communiquer son pH, excellent à 6 !


A titre de comparaison pour ces eaux pas encore trop minéralisées (entre 854 et 1100 mg de minéralité totale), la San Pellegrino n’affiche que 243 mg de bicarbonates, 31 mg de sodium (assez peu salée donc) et un pH non communiqué mais mesuré à 4,96 soit un chouia trop acide… ce qui en fait une eau sans intérêt particulier… sinon d’être fraîchement agréable à boire.

Quelles sont les pires eaux gazeuses ?


Outre les quelques marques précédemment citées beaucoup trop riches en sel, la pire eau gazeuse est celle que l’on produit chez soi à partir de l’eau du robinet via l’une de ces fontaines à gaz CO2 à la mode. Dans ce cas, c’est la double peine : l’eau polluée et chlorée, oxydante et acidifiante du robinet à qui l’on rajoute du CO2 oxydant et acidifiant.


Alors, quand le Directeur Général des SIG (la régie distributrice de l’eau à Genève) parle de « santé publique » à propos de sa fontaine d’eau à CO2, facturée CHF 30 000 au contribuable, on se dit qu’il n’a malheureusement jamais pris la peine d’étudier les caractéristiques d’une eau véritablement biocompatible et donc de qualité…


Le problème d’une telle fontaine publique est qu’elle incite en outre à une mauvaise habitude de consommation : rajouter des bulles pour boire plus facilement… et terminer dans les rayons des supermarchés pour ses packs d’eau gazeuse (en se trompant alors souvent de marque) ou investir dans la production de gaz carbonique chez soi au lieu du nécessaire filtre.

Comment améliorer les choses et limiter sa consommation de CO2 ?


L’eau plaisir est une chose et vous pouvez évidemment continuer à boire ponctuellement de l’eau fraîche et gazeuse (en place des sodas) pour varier vos expériences. Les eaux pétillantes ne devraient toutefois pas être stricto sensu comptabilisées dans le 1,5 litre d’eau nécessaire à l’hydratation.


Pour cette eau de consommation courante, il vous faut trouver ou fabriquer une eau biocompatible, seule eau reconnue comme bénéfique à l’organisme. C’est ce type d’eau dont l’organisme a besoin et il ne tarde jamais à réclamer un second verre… voire un troisième, preuve que nous étions en déshydratation chronique.


Pour l’obtenir, on partira de l’eau du robinet, potable et disponible partout, une chance à l’échelle de la planète. Cette eau sera filtrée puis redynamisée afin de lui faire retrouver les caractéristiques d’une eau de source au naturel.


Retrouver une telle eau au naturel est ce que nous pouvons faire de mieux pour améliorer ou préserver notre santé et vitalité… et nous n’aurons alors plus aucune difficulté à boire, sans plastique, sans risques et donc sans bulles !


Pour en savoir beaucoup plus sur le choix de son eau gazeuse ou de consommation courante :


Les 3 problématiques et solutions Eau : www.solutionsbio.ch/eau Conférence-Tutoriel (Youtube) : La vraie qualité de l’eau (21’58) / Vidéo Impact (2'51) Le site de référence sur l'eau : www.eaunaturelle.ch Fiches pdf : L’eau et la vie / Comparatif des eaux minérales / Comparatif Solutions Eau Mon livre La qualité de l’eau (Ed. Médicis, 2020)

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