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Les meilleures fontaines à eau... et les pires ! Les problématiques des filtres à gravité, des réservoirs et des analyses.

Dernière mise à jour : 12 févr.

On les voit trôner un peu partout, chez des particuliers ou en entreprise… Elles dispensent une promesse de pureté et de limpidité. Alternativement, elles annoncent des capacités de filtration hors du commun pour se préparer à la fin du monde... Mais qu'en est-il vraiment, au-delà du marketing mensonger ou des conflits d’intérêts via "l’expert" payé pour en faire la promotion ? Et si certaines fontaines à eau étaient une absurdité sanitaire, écologique et économique ? Et si d’autres étaient tout simplement une arnaque ? Et s’il convenait de se méfier globalement des filtres à gravité et des réservoirs ? Surprises et solutions sans plastique et sans risques avec l’auteur du livre La qualité de l’eau.


Livraison de bonbonnes à eau par camion pour les absurdes fontaines à eau des entreprises. Les fontaines à eau sont-elles en outre efficaces ou dangereuses ? Eléments de réflexion avec Benoît Saint Girons, auteur du livre La Qualité de l'eau.
L'absurdité des livraisons extérieures alors que nous disposons d’eau potable sur tous nos robinets !

Pour vous repérer facilement dans l'article :



Le consultant eau Benoît Saint Girons et les couvertures de ses deux ouvrages sur l'eau: La qualité de l'eau et La voie de l'eau.

A propos de l’auteur. A l’origine du concept Les 8 Fondamentaux et du site Solutions Bio, Benoît Saint Girons est l’auteur d’une dizaine d'ouvrages dont La qualité de l’eau et La voie de l'eau. Spécialiste des solutions de filtration et de dynamisation, indépendant et donc plus objectif, il prodigue gratuitement ses conseils depuis 2002. Il a déjà aidé - via ses écrits, conférences, vidéos, discussions ou document pdf de synthèse à diffuser - des centaines de milliers de personnes à y “boire” un peu plus clair, leur permettant ainsi de retrouver le plaisir… d'une hydratation de qualité! (plus de détails sur Solutions Bio)



Les fontaines à eau : intérêts et dangers en 3 minutes :


Installer chez soi ou dans son entreprise une fontaine à eau induit d’avoir conscience des caractéristiques perfectibles de l'eau du robinet voire des risques sur le long terme à ingérer du chlore, le principal polluant de l'eau. Ayant du mal à boire suffisamment ou ayant constaté les effets de cette eau oxydée et donc oxydante, - notamment via les irritations de la peau - on cherche logiquement à améliorer les choses et l'on se tourne vers la technologie. Les fontaines à eau semblent de prime abord plus sophistiquées que les banales carafes filtrantes… et l’on dispose ainsi d’une réserve en eau suffisante, sans réaliser que ce réservoir constitue le principal danger !


Nous appelons « fontaine à eau » tout dispositif bien visible, indépendant ou non du réseau, qui dispense de l’eau à partir d’un réservoir, le plus souvent transparent ou en inox, via un robinet intégré. Cette définition intègre ainsi les filtres à gravitation dont les modèles se sont multipliés ces dernières années et dont les plus connus sont les filtres Berkey.


Nous excluons ainsi de la définition - et donc de cet article - les systèmes de filtration, avec ou sans réservoir, cachés sous un évier et reliés à l’arrivée d’eau principale, comme par exemple la plupart des osmoseurs domestiques. Pas assez sexy-visible… mais généralement nettement moins problématiques. Voir article Quel système de filtration choisir pour purifier l’eau de mon robinet ?


Il existe quatre grandes familles de fontaines à eau dont seulement les deux premières sont à éviter:


- Les fontaines à eau des entreprises à grosses bonbonnes plastique :

On les repère facilement mais elles ont toujours mauvaise réputation et sont globalement en voie de disparition. Le plastique, bien sûr, que tout écologiste se doit désormais de détester mais également la crainte des bactéries, pour peu que la machine ne soit pas correctement entretenue. Crainte légitime au regard du réservoir transparent à température ambiante. Certaines fontaines réfrigèrent certes l’eau… mais il est déconseillé de boire de l’eau froide...


- Les filtres ou fontaines par gravitation avec chargement en eau (du robinet) par le haut :

Les carafes filtrantes ayant été critiquées par les médias, certains se laissent tenter par les plus grosses fontaines filtrantes, pensant ainsi devenir autonome en cas de fin du monde. Par exemple, par « les filtres les plus efficaces et durables du marché » (sic !) promis par la marque Berkey... Mauvaise pioche ! Non seulement la marque fait l'objet d'attaques sur la fiabilité de ses analyses mais l’eau est rendue plus alcaline – absurdité énergétique – tandis que le gros réservoir en inox (qui ne se vide jamais totalement) développera forcément les bactéries. La carafe filtrante, au moins, peut se placer vide au réfrigérateur...


- Les osmoseurs avec remplissage manuel du réservoir :

N’en déplaise au marketing des filtres à gravité, l’osmose inverse demeure la meilleure technique de filtration du marché. Elle est généralement placée avec un réservoir hermétique et pressuré sous l’évier mais on la retrouve de plus en plus sur un plan de travail sous forme de fontaine avec robinet intégré. Les modèles les plus innovants ne sont pas raccordés au réseau d’eau, requièrent un remplissage manuel et disposent d’une dynamisation en permanence dans le réservoir – comme pour la Fontaine Iona ou la Fontaine Déli Pure. Non seulement il n’y a plus de risques de prolifération microbienne mais l’eau dynamisée est beaucoup plus douce et agréable à boire. A noter pour les "autonomes" ou "survivalistes" l'existence d'un osmoseur à manivelle, sans électricité.


- Les modèles de fontaine d’entreprise avec connexion à l’arrivée d’eau principale :

Ce sont les dispositifs les plus spectaculaires et polyvalents. Les options eau froide, eau chaude, eau gazeuse ou parfois même glaçons devraient toutefois être secondaires par rapport à la qualité de l’eau tempérée obtenue, ce qui passe généralement par de l’osmose inverse et une dynamisation au sein du réservoir.


Bref, si les fontaines à eau sont en théorie capables d’offrir une meilleure eau – sans chlore et avec de moindres résidus (médicaments, pesticides, PFAS,...) – la qualité du filtre est au final moins importante que la pratique. En condition normale d’utilisation, la présence d’un réservoir à température ambiante est en effet susceptible d’engendrer une prolifération microbienne. Ces bactéries ne sont pas dangereuses ? Certes, mais pourquoi prendre le risque s’il existe des systèmes plus performants ? Si l’objectif est de retrouver le plaisir de boire afin de boire suffisamment, la défiance face à la propreté de l’eau de ces fontaines sera évidemment contradictoire. 


En savoir plus sur les fontaines à eau et leurs dangers potentiels :


Les fontaines à eau sont-elles nécessaires ? En soi oui: il est fortement recommandé de supprimer le chlore (et le maximum de résidus de polluants) de son eau du robinet. Mais à quoi bon si c’est pour ensuite rejeter des polluants (aluminium, sodium ou potassium par exemple) ou engendrer une prolifération microbienne dans le réservoir ? Essayons d’y boire un peu plus clair...


Les bonbonnes à eau : la pire solution en entreprise !


Bonbonne à eau, l'absurdité en entreprises alors qu'il existe des fontaines à eau connectées au robinet.

Solution « extérieure » au réseau d’eau potable avec son eau livrée à domicile, la fontaine à eau en entreprise de type bonbonne apparaît comme une aberration économique, écologique et organique. Elle ne survit que sur le mythe de l’eau en bouteille, soit disant meilleure pour la santé (ce que les récents scandales ont mis à mal), la facilité d’installation et le coût réduit de la location mensuelle… et tant pis pour les risques potentiellement infligés aux collaborateurs : ceux qui craignent les bactéries n’ont qu’à boire l’eau du robinet chlorée !


Ce type de fontaine à eau en entreprise n'est en fait pas un filtre mais un vulgaire distributeur d’eau. L’eau contenue dans les bonbonnes est réputée « pure » d’après le marketing des embouteilleurs, mais en réalité elle n’est pas forcément très propre non plus. L’eau est en effet stagnante et, à température ambiante, dans un conditionnement plastique transparent, elle favorise le développement des bactéries. Il est ainsi recommandé par les distributeurs de changer la bonbonne au moins tous les quinze jours et de consommer l’eau rapidement : « Pour des raisons sanitaires, l’ensemble doit être régulièrement nettoyé et désinfecté pour éviter une accumulation de bactéries. »


Les bonbonnes en plastique peuvent encore être en polycarbonate – plus résistant aux manipulations que le PET des bouteilles classiques – c’est-à-dire un polymère issu de la polycondensation du BPA. Oui, le même bisphénol que celui du scandale des biberons chauffés, reconnu comme perturbateur endocrinien… La France l’a interdit depuis 2015 mais pas les autres pays européens, et même si l’eau n’est normalement pas chauffée dans la bonbonne – on évitera quand même de la placer au soleil –, cela reste du plastique. De fait, des plastiques durs sans BPA pourraient rejeter des œstrogènes synthétiques encore plus mauvais. Ce serait notamment le cas du polyester Tritan…


La qualité du plastique, les réglages et l’entretien de la fontaine à eau en entreprise font toute la différence, en dépit de la qualité d'eau initiale. Boire des œstrogènes synthétiques ou des bactéries est naturellement problématique. Boire de l’eau froide n’est pas recommandable non plus. En l’absence de mauvais plastique, conditions de stockage ou bactéries, la qualité de l’eau (généralement de l'eau de source pas trop minéralisée) est théoriquement bien supérieure à l’eau du robinet chlorée. Mais, à ce stade, qui fait encore confiance à la théorie ?


Côté écologie, ces grosses bouteilles ne sont pas en PET afin de pouvoir être lavées et remplies à nouveau, again and again. Il est donc rare de les retrouver à la décharge… ou en pleine nature ! D’un autre côté, le trafic des camions de livraison est une aberration alors que de l’eau coule à tous les robinets.


Côté économies et à raison d’environ 5 euros la bonbonne de 18,9 litres (5 gallons), le coût au litre est sans commune mesure avec les classiques eaux minérales. Les mensualités payées (location de la machine à environ 40 euros et coût des bonbonnes) semblent raisonnables par rapport à l’ensemble des frais d’une société lambda. Tous ces arguments s’écroulent toutefois face au coût de l’eau d’un système de filtration connecté au réseau d’eau. Les entreprises devraient-elles recevoir une petite formation en gestion économique ?


Côté usage, sans connexion au réseau d’eau, ces fontaines s’installent n’importe où. Pratique ! Remplacer une bonbonne de 20 kg permet toutefois d’en avoir vite plein le dos. L’encombrement est une autre source de questionnement existentiel sur l’intelligence en entreprise...



Une fontaine à eau sans risques en entreprise


Faire venir de l’eau de l’extérieur alors que l’on dispose de robinets apparaît comme un non-sens absolu. Mais est-il possible d’imposer du chlore à tous sans remettre en cause l’officielle promotion du bien-être en entreprise ?


Nombre de collaborateurs se méfiant désormais à juste titre du plastique et donc des bonbonnes à eau, voilà l’entreprise obligée de se pencher à nouveau sur la problématique de l’eau. Les vendeurs de bonbonnes sont alors ravis de présenter leurs dernières fontaines connectées. Ces fontaines de grosses marques ne sont généralement pas très performantes : elles intègrent le plus souvent une filtration à base de charbon actif, rarement l’osmose inverse, pas encore la dynamisation. Histoire peut-être de ne pas trop perturber le très lucratif marché de l’eau en plastique ?


Les responsables de l’entreprise peuvent évidemment décider de ne pas changer une équipe qui perd et continuer à faire confiance à ceux qui les ont induit en erreur mais ils auraient tout intérêt à aller voir du côté des fabricants moins marketing. Ils y trouveront des fontaines connectées au réseau d’eau – terminé les camions à bonbonne ! – avec choix de différentes températures et même parfois de l’eau gazeuse ou des glaçons. Voir par exemple les fontaine à eau osmosée Lugano.


Fontaines osmose inverse Lugano pour les entreprises. Le bon sens de l'eau avec filtration et dynamisation en permanence dans le réservoir
Les fontaines osmose inverse Lugano pour entreprises avec dynamisation dans le réservoir

L’osmose inverse constitue le haut de gamme mais il est évidemment possible de limiter les frais à quelques centaines d’euros via par exemple un filtre Ultrafiltration sous évier. Éliminer le chlore et une bonne partie des polluants serait dans tous les cas le minimum dans le cadre d’une politique RSE orientée mieux-être des collaborateurs.


Le plus spectaculaire pour les entreprises les plus motivées à afficher leur différence serait toutefois la création d’une source d’eau biocompatible dans leur hall d’accueil. Combinant une filtration Hi-Tech à base de charbon actif avec le nec plus ultra en matière de dynamisation à savoir le Biodynamizer, cette solution offre une eau équivalente en énergie à une eau de source, bien plus agréable à boire que n’importe quel autre type d’eau, même en bouteille ! Voir notre concept sur www.retoursource.ch


Il est également possible d’installer la même technologie nec plus ultra sur l'arrivée d'eau principale afin de desservir l’ensemble des robinets de l’entreprise et remplacer par la même le catastrophique adoucisseur à sodium via une gestion intelligente du calcaire. Approche moins spectaculaire que la création d’une source, cette solution évite de devoir distribuer des bouteilles en verre (estampillées au nom de la source de l’entreprise) à chacun des collaborateurs… Tant pis pour la promotion de l'eau de qualité…


Les filtres à gravité avec gros réservoir : du marketing à la réalité...


Passons maintenant chez le particulier où le recul fait également parfois défaut. Il faut dire que les fontaines à eau font l’objet d’une attention marketing toute particulière avec notamment un fabricant américain très agressif, capable même de convaincre un expert scientifique français de l'eau de vanter ses mérites… au mépris de ses écrits !


La carafe filtrante bénéficie d’un coût et d’un encombrement faibles. On la remplit dans la cuisine et on l’apporte sur la table, ce qui est très pratique. On peut même la placer au réfrigérateur, ce qui se révèle indispensable afin de limiter la prolifération microbienne dans le filtre, au niveau des gouttelettes d’eau en suspension.


Ce n’est pas le cas des filtres à gravité, encombrantes et peu pratiques avec leur chargement en eau par le haut. Les fabricants parlent de « microfiltration » et promettent une filtration bien supérieure à celle des carafes filtrantes. Ainsi, un revendeur Internet précise qu’elle « filtre, épure, minéralise, traite, magnétise, stabilise, équilibre le pH, ionise et désinfecte l’eau ». Elles sont destinées à « l’eau du robinet, l’eau de source, l’eau de pluie, l’eau de puits et l’eau de citerne ». Waouh !


Accordons à ces fontaines une filtration en effet un peu plus perfectionnée que les classiques carafes : « Le filtre en microcéramique, associé à la cartouche filtrante étagée, élimine ou retient les résidus de chlore, les métaux lourds, les substances chimiques, médicamenteuses et d’origine phytosanitaire, les nitrates et les micro-organismes comme les bactéries ». Re-waouh !


Comment le charbon actif retiendrait-il soudainement les nitrates demeure un mystère et les taux de filtration ne sont pas indiqués. Plus loin, on lit d’ailleurs que le filtre n’est pas un « filtre à nitrates à part entière » et qu’il ne fonctionnera même pas correctement si le taux de nitrates est supérieur à 50 mg/l. Tout bien considéré, utiliser de l’eau de pluie serait même recommandé. Moins waouh…


Le pH de l’eau est ensuite ajusté grâce à la silice et au quartz (pH situé entre 7,3 et 8,3). Le processus se poursuit avec la corbeille minéralisante qui libère un complément minéral riche en oligo-éléments ». Encore moins waouh… Le dispositif – en provenance de Corée du Sud –, loin d’harmoniser le pH, vise ainsi plutôt à rendre l’eau plus alcaline, ce qui est une belle absurdité. Voir l'article L’eau alcaline est-elle vraiment meilleure pour la santé ?


Enfin, on se demande bien pourquoi une reminéralisation serait nécessaire, sachant qu’un tel dispositif ne touche pas aux minéraux : ce n’est pas de l’osmose inverse et les ions ne peuvent donc être filtrés !



Qui dit réservoir dit (généralement) prolifération microbienne...


Surtout, enlever les bactéries au passage de l’eau est une chose, mais quid de l’eau stagnante et de la prolifération microbienne quasi assurée dans le réservoir… et sur un plus grand volume d’eau ? Les systèmes de dynamisation (rarement) proposés – pierres, magnétisme… – ne sont pas suffisants pour améliorer sensiblement les choses, et il sera difficile de placer la fontaine vide dans le réfrigérateur pour éviter la contamination des micro-gouttelettes.


De fait, le site d'un revendeur du fabricant américain Berkey se présentant comme le « leader mondial des filtres d’eau et de la purification de l’eau » (sic !) avec rien de moins que « les filtres les plus efficaces et durables de la planète » (re-sic !) via un « secret commercial exclusif » (re-re-sic !) recommande sur sa page de questions-réponses de « remplacer ou au moins de faire l’appoint de votre eau après trois jours […].


La raison en est que lorsque vous filtrez votre eau, les produits chimiques qui inhibent la croissance des bactéries sont éliminés. Dans les environnements plus humides, la croissance des bactéries peut être plus rapide ». C’est honnête de l’admettre, un peu moins de déclarer que l’eau alcaline est bénéfique pour la santé car « les bactéries et les virus pathogènes prospèrent dans les milieux acides » alors que tous les aliments de la vitalité sont acides et qu’en Bioélectronique de Vincent (BEV), l’alcalinité est au contraire le terrain des bactéries et des virus !


Bref, un bac peut sembler plus pratique pour distribuer l’eau à toute une famille assoiffée mais ce n’est jamais une bonne idée lorsque la dynamisation fait défaut dans le réservoir, surtout si le bac est transparent. Une meilleure filtration est toujours intéressante mais quel intérêt si l’efficacité est contrebalancée par davantage de bactéries, de minéraux et/ou d’alcalinité ?


A noter que la marque américaine Berkey dont nous discutions plus haut fait l’objet depuis fin 2021 d’une Class Action de consommateurs américains en colère et que plusieurs vidéos circulent dénonçant leurs surprenantes analyses (la dernière de 2014 annonçait 99,9% de filtration pour quasiment tous les polluants !), l'absence de norme NSF, un marketing excessif et/ou un relargage d'aluminium pour certains filtres spécifiques. Le réputé Wirecutter du New York Times révélait également dans un article que les filtres noirs ne répondaient plus à la norme d'élimination NSF pour le plomb après environ 1 100 gallons de filtrage – à peine plus d'un tiers de la durée de vie de 3000 gallons revendiquée par l'entreprise – et étaient désastreux pour le Chloroforme avec un taux de filtration de 13% seulement, loin des 99,8% annoncés. Enfin, loin du « secret commercial exclusif », le démontage des filtres ne révélait qu’un finalement très classique « bloc de charbon actif imprégné d'une résine échangeuse d'ions. » Bref, si certaines de ses attaques apparaissent excessives ou opportunistes, l’ensemble fait tout de même nettement moins waouh... Voir sur ce sujet l'article Fontaines Berkey : danger, arnaque de l'eau ou injustice ? Que valent les filtres et les tests ?



Le comparatif des filtres à gravité...


Berkey ne pouvant objectivement plus être recommandé sans passer pour quelqu'un de très naïf ou de très mal informé, la commercialisation des cartouches de rechange ayant en outre été interdite par la EPA américaine (au prétexte curieux qu'elles contiennent des ions argent et seraient ainsi assimilées à des pesticides...), il fallait bien trouver une solution de rechange. Les filtres à gravité étant populaires du fait de leur apparente simplicité, absence d'électricité, budget limité et promesses marketing de pureté, de nombreux fabricants se sont engouffrés dans l'espace vide...


... au point qu'il est devenu très difficile de s'y retrouver. La vidéo Filtres à gravité : lequel rend l’eau VRAIMENT saine ? des sympathiques Les nouvelles anciennes arrive donc à point nommé et rencontre un beau succès d'estime. Il faut dire que le travail de recherche est conséquent et le tableau final de comparaison (filtres à gravité + curieusement les bâtons Binchotan qui n'ont pourtant rien à voir et sont déconseillés) relativement exhaustif. Les conseils sont globalement de bon sens et le néophyte apprend plein de choses... mais pour au final faire fausse route!


Les filtres à gravité sont en effet... des filtres à gravité et demeurent donc une solution budget non recommandable si l'on vise à obtenir la meilleure eau possible ou la plus sûre, notamment en cas de pénurie. Gros réservoir sans dynamisation et donc bactéries à moyen terme, filtration forcément moindre qu'en osmose inverse, cartouche à la fiabilité et à la longévité douteuse, eau rendue plus alcaline,...


La vidéo a le mérite de mettre en évidence le n'importe quoi du marketing en la matière. Entre les zones d'ombres et autres "secrets de fabrication", les affirmations excessives et le manque de fiabilité des analyses ou des normes, difficile en l'occurrence de faire confiance!


Un meilleur filtre à gravité que Berkey ?


N'y a-t-il donc aucune marque pour sortir du lot ? Une section de la vidéo est clairement signalée comme étant une "collaboration commerciale". Les autrices se défendent de toute subjectivité ou conflit d'intérêt mais l'objectif semble tout de même d'avoir essayé de remplacer le Berkey précédemment recommandé, quitte pour cela à laisser un peu de rigueur de côté...


La conclusion en faveur de la marque Coldstream est en effet assez surprenante. Certes, cette marque britannique qui se vante (un peu trop pour ne pas paraître suspect) d'être la plus honnête et la plus transparente, est effectivement l'une des moins irresponsables avec des filtres à changer tous les 6 mois ou 1500 litres, très loin du n'importe quoi Berkey qui annonçait 11 000 litres sans limite de temps... Bon, changer régulièrement de filtre est aussi meilleur pour les affaires...


Coldstream est également l'une des seules marques à annoncer avoir testé autant de polluants - 230 substances via deux types de filtres, record à battre! - jusqu'à 3000 litres d'eau. 6 mesures effectuées sur 230 substances, le coût de l'analyse - pour autant qu'elle ait vraiment eu lieu sur tous les polluants listés selon les règles de l'art et les prétendues normes - a dû être substantiel et l'on peut s'étonner qu'une société britannique ait fait réaliser de tels tests aux États-Unis...


La vidéo met à plusieurs reprises en garde contre les analyses incomplètes, incohérentes ou en provenance d'un laboratoire peu fiable. On a ainsi reproché à Berkey des résultats d'analyse (le plus souvent à 99,9%) très loin de la réalité constatée par des tests indépendants ou même du bon sens, de tels résultats n'étant même pas toujours atteint avec l'osmose inverse, la meilleure filtration possible. Or qui est le laboratoire utilisé par Coldstream ? Eh bien le même que Berkey, c'est à dire Envirotek Laboratories Inc !


"Je me demande s'il s'agit d'une véritable entreprise ou d'un site frauduleux. Le numéro de téléphone indiqué ne fonctionne pas et je n'ai jamais reçu de réponse à ma demande par courriel. Il semblerait qu'il n'y ait pas de laboratoire physique, seulement une page web" s'interroge un visiteur de 2023 sur le site de certification BBB.org


Ce qui est sûr: le laboratoire fondé en 2006 a été actif durant au moins une décennie puisque l'on tombe facilement sur ses analyses, toujours sans aucune explication de la méthodologie ou mentions de marges d'erreur possible. Son site internet ne répond plus et son ancien directeur Jaime Young travaille maintenant pour un autre laboratoire, soit IAPMO R&T Laboratory. Détail intéressant : alors que les seuls tests publiés et visibles sont ceux d'Envirotek, c'est IAPMO qui est cité dans le document de synthèse pour le FTO Plus de Coldstream. Parler encore d'Envirotek après les scandales Berkey ferait-il mauvais genre ?



De bien curieuses analyses Envirotek pour Coldstream...


Bref, Envirotek, tout accrédité qu'il soit, n'est pas a priori le laboratoire le plus crédible auquel j'aurais recours si je devais faire valider rigoureusement des filtres. Je serais d'autant plus prudent avec ses résultats d'analyse que les tests pour Coldstream ont été réalisées en 2019, avant que les scandales Berkey n'éclatent (la class action des consommateurs américains contre Berkey remonte à septembre 2021)...


Par contre, si j'étais un concurrent sans scrupules de Berkey et souhaitais me battre à armes égales avec son marketing débridé et ses résultats mirobolants pour plus d'une centaine de polluants, j'aurais peut-être un intérêt financier à contacter en effet le même laboratoire...


... quitte à faire l'impasse sur la rigueur ou la déontologie. Rien ne permet de douter du sérieux des résultats d'analyse pour Coldstream... sauf les résultats eux mêmes!


A y regarder de plus près, on constate en effet dans le rapport d'analyse Envirotek pour la cartouche Gravity Filter CF163W de grosses incohérences et des résultats assez inexplicables. Ainsi, le MTBE (Méthyl tert-butyl éther de son petit nom) passe de 61,38 μg/L au départ à 21,3 μg/L à 500 litres puis à 49,8 à 1000 litres - baisse logique de la qualité de la filtration et donc augmentation des polluants détectés - mais redescend ensuite à 13.4 à 1500 litres, remonte à 67.3 à 2000 litres - c'est à dire davantage que la pollution originelle ! - et termine à 18.7 à 3000 litres! Comment une substance chimique peut-elle afficher une mesure supérieure au taux de départ ? Le filtre relarguerait-il des polluants ? Comment de telles variations sont-elles possibles sans que personne n'interroge la fiabilité des mesures ?


Même effet yoyo (mais sans dépassement du taux de départ cette fois) avec le chloroforme qui démarre à 410,07 μg/L et termine à 49,1 à 3000 litres contre 78,2 - c'est-à-dire une moindre filtration - avec 500 litres d'eau en moins... Même étranges variations pour tous les polluants mesurés précisément (c'est-à-dire ceux n'obtenant pas rapidement la mention < 0.1 μg/L ou < 0.01 μg/L.)


Curieux également, ces 20 polluants (du Methoxychlor au PCB's) qui affichent tous exactement la même valeur initiale à 54.18 μg/L, ce qui est statistiquement impossible. Bref, un tableau exhaustif de polluants globalement bien filtrés mais un doute sérieux concernant la fiabilité des mesures...


Le fabricant le plus honnête et le plus transparent, vraiment ?


Pure Filters, qui distribue les filtres à gravité de Coldstream, se targue sur sa page de présentation des résultats d'analyse d'une magnifique probité, égratignant au passage les autres fabricants:


" Coldstream veut être le plus transparent possible avec ses clients [...] Chez Coldstream, la transparence scientifique prime sur le marketing. Cette philosophie rend nos systèmes de filtration d'eau plus sérieux, plus honnêtes et plus fiables que ceux proposés habituellement sur le marché. [...] Cette double exigence, une couverture exhaustive des substances filtrées et une transparence totale sur les données brutes, positionne Coldstream comme la marque la plus sérieuse et la plus honnête du marché des filtres à gravité."


N'en jetez plus, Coldstream est forcément plus honnête que les autres fabricants de filtres à gravité - qui sont tous des tricheurs - puisque ce sont eux qui l'affirment! Méthode Coué ?


De fait, "Coldstream fournit des données complètes et transparents, avec des résultats détaillés indiquant pour chaque contaminant : Concentration initiale (influent), Concentration finale après filtration (effluent), Taux de réduction précis à différents volumes traités (4 000 L, 5 000 L, 6 000 L). Par exemple, pour l’aluminium : < 1 µg/L à 4 000 L, 18 µg/L à 5 000 L, 24 µg/L à 6 000 L, soit une réduction constante supérieure à 99 %."


On est obligé de les croire sur parole puisque l'aluminium ne figure curieusement pas sur le tableau de l'analyse Envirotek de 2019. On retrouve certes le métal lourd sur les analyses de 2020 d'Envirotek de la cartouche Pro One G2.0 (qui serait la même que la CF163W) mais sans aucune indication du nombre de litres d'eau utilisé et pour une filtration de 98% et non de 99%.


D'où vient du coup cette analyse ? Sur sa fiche de présentation du FTO Plus qui reprend la cartouche CF163W testée par Envirotek, il est fait plutôt mention du laboratoire IAPMO R&T Laboratory (NJ), celui là même qui emploie maintenant l'ancien directeur de Envirotek James Young... Je peux comprendre que l'ancien labo ait maintenant mauvaise réputation - ne serait-ce que parce qu'il a fermé - mais ce tour de passe-passe n'en est pas moins incohérent avec les affirmations précédentes de transparence. De fait, aucune étude certifiée par IAPMO n'est présentée...



Le curieux choix des résultats de filtration...


Et ce n'est pas tout! Pure Filters explique ensuite "Pourquoi certains résultats présentent-ils des différences pour un même contaminant ?" en prenant l'exemple du cadmium. Et d'expliquer : "Il arrive parfois que les résultats des tests affichent des pourcentages de réduction différents pour un même contaminant, ce qui peut légitimement surprendre." Moins que le yoyo des mesures qui monte à 18.3 µg/L à 1000 litres pour descendre à 1.6 µg/L à 3000 litres, soit une étrange filtration qui s'améliore avec le nombre de litres... Mais oui, cela surprend aussi quand même et nous avions en effet remarqué ces % de réductions très différents selon les deux documents.


"Dans le rapport indépendant réalisé par le laboratoire Envirotek/IAPMO, la réduction du cadmium est indiquée à 41,3 %. Ce chiffre correspond à la performance la plus faible mesurée sur l’ensemble du test, c’est-à-dire la valeur la moins favorable constatée à un moment donné durant le cycle complet de filtration jusqu’à 3000 litres."


Le rapport indépendant est de Envirotek et non de IAPMO. Il est honnête de la part d'Envirotek, compte tenu des variations assez curieuses et donc du risque d'erreur, de n'avoir retenu que la filtration la plus basse, soit ici 41,3%, correspondant donc à 18.3 µg/L à 1000 litres.


"En revanche, dans nos propres fiches techniques, [celles en couleur à visée marketing] le chiffre présenté est 94,87 %. Ce pourcentage correspond précisément à l’efficacité de réduction du cadmium mesurée au terme des 3000 litres filtrés."


Il est évidemment plus intéressant de reprendre le chiffre à 3000 litres, curieusement bien supérieur, comme d'ailleurs pour la plupart des polluants testés... Mais comment un filtre peut-il être plus efficace à 3000 litres qu'à 1500 litres par exemple, en l'occurrence avec une pollution 10 fois plus élevé à 16.9 µg/L après moitié moins d'eau ? Mystère. Le fabricant recommande en outre de changer les filtres tous les 1500 litres donc pourquoi ne pas avoir retenu ces mesures à 1500 litres ? Pourquoi ne pas avoir fait une moyenne des six mesures de 500 à 3000 litres ? Pourquoi, surtout, devant autant d'incertitudes, avoir rejeté le principe de précaution du labo ?


"Cette transparence est volontaire et reflète notre volonté de vous informer honnêtement sur les capacités réelles de nos filtres. Vous pouvez donc utiliser en toute confiance votre filtre Pure Filters équipé Coldstream FTO+, sachant qu'il maintient une efficacité optimale tout au long de sa durée de vie recommandée." conclut Pure Filters.


Plutôt que de transparence, je parlerais plutôt ici d'un enfumage marketing et d'un beau mensonge, les analyses Envirotek ayant au contraire démontré une curieuse variabilité et donc une absence d'efficacité optimale tout au long de la durée de vie du filtre.


A défaut de pouvoir expliquer l'effet yoyo, Coldstream a préféré retenir les résultats globalement les plus valorisants (à l'exception de quelques polluants). Le principe de précaution de Envirotek - de retenir le pourcentage le plus bas - n'a pas non plus été suivi, ce qui relève selon moi d'une manipulation marketing, incompatible avec la transparence évoquée. Lorsque des résultats sont aussi peu fiables, la déontologie impose de ne pas faire croire à une filtration supérieure!



Le cas (tastrophe) de la filtration du fluor et des nitrates


"Les filtres et purificateurs d'eau Coldstream se distinguent par leur efficacité, notamment pour leur action très forte sur la réduction du nitrate et du fluor et parce que leurs tests sont réalisés sur plusieurs milliers de litres d'eau." précise la page de présentation de Pure Filters.


Dans le tableau comparatif des filtres à gravité, deux lignes sont de fait réservées à ces deux substances très spécifiques, généralement mal filtrées par les filtres à gravité... à l'exception notable donc de Coldstream, ainsi très valorisé.


Selon le tableau, les pourcentages de filtration pour le fluor sont de 97.5% après 15 litres, 89.77% après 500 litres et 17.05% après 3000 litres. Une belle baisse d'efficacité donc avec la précision d'une "limitation officielle de l'usage à 1500L/filtre". Bon l'essentiel du fluor sera donc filtré se dit-on. Mais que dit en réalité le tableau Envirotek ? Eh bien, déjà, qu'il n'y a pas d'analyse à 15 litres. D'où vient ce chiffre ? De la fiche de synthèse du produit mais qui a fait l'analyse ? Mystère ! A quoi sert-il ? A rien sinon à présenter un excellent premier chiffre de filtration. Ensuite, retenant le plus mauvais résultat selon le principe de précaution, le taux de filtration selon Envirotek est de 4.55% seulement soit quasiment rien ! Plus précisément, nous avons 36.63% à 1000 litres et 19.31% à 1500 litres. L'action "très forte sur le fluor" n'est en fait démontrée qu'à 500 litres et via des mesures peu fiables qui font à nouveau du yoyo. Vous souhaitez filtrer sérieusement le fluor ? Investissez plutôt dans un osmoseur!


Même manipulation des chiffres avec les nitrates. Le tableau (reprenant la fiche de synthèse) parle de 98,2% après 15 litres, 64,99% après 500 litres et 59.6% après 3000 litres. Cela semble pas mal. Sauf que pour Envirotek, la filtration n'est que de 29.63% avec des mesures yoyo habituelles. Plus précisément, nous avons 58.92% à 1000 litres et 52.52% à 1500 litres, soit une moins bonne filtration qu'à 3000 litres, ce qui démontre une fois de plus le manque de fiabilité des mesures. Là encore, pour la filtration des nitrates, on préfèrera la fiabilité de l'osmoseur.



Les mêmes cartouches mais des résultats très différents...


Selon "Les nouvelles anciennes", les cartouches de Coldstream FT0+ CF163W seraient identiques aux cartouches Pro One G2.0 qui ne seraient plus vendues. Curieux puisque les tests Envirotek pour ces Pro One ont été réalisées en janvier 2020 contre mai 2019 pour les précédents filtres, donc ultérieurement.


Vu le coût des tests et les excellents résultats obtenus par CF163W, on peut se demander pourquoi une société demanderait de nouveaux tests quelques mois plus tard. Eh bien parce que les sociétés n'étaient pas les mêmes. Les premiers tests ont été réalisés pour la société KLT Filtration Ltd,  la société mère de Coldstream et le fabricant des cartouches, utilisées sous le nom de Pro One G2.0 par la société Pro One Water Filters (jusqu'à son rachat par Culligan) et qui a commandé les seconds tests. Eh oui, on s'y perd un peu.


Plus intéressant, comparons les deux rapports d'analyse pour, donc, les mêmes produits sous deux appellations différentes. La première analyse Envirotek portait sur 6 mesures de 500 à 3000 litres. La seconde Envirotek n'en fait qu'une, sans que ne soit précisé le nombre de litres d'eau ou encore, une fois de plus, le protocole...


Reprenons les polluants dont nous avons parlé précédemment:

  • Le MTBE affiche en 2020 un taux de filtration de 96.3% contre 30.11% en 2019 (moins bonne mesure) et 65.29% à 500 litres.

  • Le Chloroforme est à 98.3% contre 65.15% en 2019 (moins bonne mesure) et 84% à 500 litres.

  • L'Aluminium est donc à 98% contre aucune analyse en 2019

  • Le Cadmium est à +99.9% contre 41.3% en 2019 (moins bonne mesure) et 70.19% à 500 litres.

  • Le fluor est à 97.5% ("sodium fluoride") contre 4.55% ("fluoride") en 2019 et 89.77% à 500 litres.

  • Les nitrates sont à 98.2% contre 29.63% en 2019 et 65.99 à 500 litres.


Bref, même laboratoire mais des résultats très différents entre deux analyses pour un même produit... ce qui conduit, une fois de plus, à s'interroger sur la fiabilité des tests. De toute évidence, les mesures de 2020 ont été réalisées après un tout petit volume d'eaux. Ces fameux 15 litres ? Autant dire que de tels tests ne valent alors pas grand chose et on comprend pourquoi Pure Filters a préféré baser son marketing sur ceux de 2019... Aller jusqu'à 3000 litres fait beaucoup plus sérieux!



Les arguments pour le meilleur filtre à gravité


A 33:20 de la vidéo, nous avons donc "le meilleur choix" pour "le grand gagnant, très vite plié", au regard des critères suivants:


  • Labo fiable ? C'est le même que celui des scandales Berkey, il a disparu depuis et Coldstream ne le cite même pas sur sa fiche de synthèse... Plus ennuyeux, certains résultats sont totalement incohérents.

  • Longévité prouvée ? Les tests auraient été réalisés jusqu'à 3000 litres mais les filtres sont néanmoins à changer tous les 1500 litres ou six mois, ce qui le place dans la norme et est l'un des rares points véritablement appréciable: pas d'arnaque sur la longévité et donc de risque de relargage massif des polluants ici. A noter que les marques Eva, Stefani, Katadyn ou Doulton British-Berkefeld font des recommandations tout aussi responsables.

  • Efficacité ? A en croire les données Envirotek, cela dépend des polluants mais il y a en effet de très bons résultats dans l'ensemble. A en croire la fiche Coldstream, les résultats sont encore meilleurs... Si l'on doute par contre de la fiabilité de ces analyses, alors on ferait mieux de se tourner vers d'autres type de filtres, notamment l'osmose inverse pour la technologie la plus complète.

  • Contaminants filtrés ? La liste peut sembler impressionnante mais, là encore, certaines données (les 20 polluants avec exactement les mêmes taux détectés au départ, par exemple) font craindre quelques manipulations...

  • Les nitrates ? Nettement moins bien filtrés que ce que prétend le fabricant.

  • Le fluor ? Quasiment pas filtré selon les données Envirotek

  • La transparence ? Alors là, on rigole, tant le marketing domine, entre mensonges et manipulations de laboratoires et de chiffres. Et nous ne parlons même pas du cas de figure où l'analyse Envirotek serait en tout ou partie bidonnée...

  • Pas de liant plastique ? Fort bien mais du plastique quand même et de toute manière pas un critère prioritaire.

  • Une production en Europe ? Tant mieux mais avec des analyses aux États-Unis et un marketing digne des américains...


Bref, tout cela n'est "très vite plié" que parce que les "Nouvelles anciennes" n'ont pris aucun recul, ont fait confiance aux documents et arguments transmis par le fabricant ou distributeur et n'ont pas rigoureusement analysé les données.


"Aujourd'hui, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Coldstream surpasse Berkey et largement. Donc, si vous souhaitez vous équiper, c'est vraiment LE filtre qu'on vous conseille après cette enquête approfondie". Approfondie certes mais pas en profondeur et malheureusement bâclée vers la fin... En dépit des bonnes volontés (je ne pense pas qu'il y ait volonté de tromper), nous sommes loin de l'étude comparative "impartiale et objective" vantée.



Entre naïveté et/ou conflits d'intérêt...


Au final, ce rapport d'analyse d'Envirotek pose davantage de questions qu'il n'apporte de réponse et la synthèse de Coldstream manipule encore un peu plus les chiffres...


Comment les autrices "Nouvelles Anciennes" de la vidéo n'ont-elles pas perçu ces incohérences et en viennent à reprendre sans recul le discours de transparence de la marque ? La psychologie est ainsi faite qu'il est "difficile pour un homme [ou une femme] de comprendre une chose lorsque son salaire dépend de ce qu'il ne le comprenne pas" (Upton Sinclair).


D'un côté, on jette avec raison le doute sur le sérieux et la fiabilité des tests des marques de filtres à gravité. De l'autre, on induit les internautes en erreur en recommandant une marque uniquement sur ses affirmations marketing et des chiffres peu fiables... Naïveté ou vénalité ? Sans doute un peu des deux : le discours semble sincère mais il fallait bien, d'un autre côté, réussir à sélectionner un filtre à gravité afin de rentabiliser la vidéo et justifier l'investissement temps... Après Berkey, ce n'est jamais que la deuxièmes fois que ces dames se trompent de produit...


"Ce constat ne repose pas sur des impressions subjectives mais sur des chiffres, des résultats de tests en laboratoire et des données transparentes. C’est seulement après ce travail d’analyse qu’un partenariat a été établi avec la marque en question. Si une autre s’était imposée, le choix aurait été différent." précisent-elles dans leur FAQ.


On veut bien les croire sur parole mais leur esprit critique semble tout de même avoir été plus acéré sur d'autres marques que celle retenue...


Maintenant, soyons justes : ce n'est pas parce que les tableaux d'analyse ne sont, selon moi, absolument pas fiables que la marque retenue ne filtre rien ou ne vaut rien. Peut-être est-elle même en effet la meilleure option pour un filtre à gravité ? N'ayant jamais recommandé ce type de filtres (gros réservoir, eau plus alcaline, filtration moindre que l'osmose, absence de dynamisation, encombrement,...), je n'ai pas ici analysé les autres rapports d'analyses ni disséqué les autres marques. Tout ce que je puis ici affirmer est que Pure Filters (le distributeur) et Coldstream (le fabricant) ne sont pas aussi honnêtes qu'ils prétendent l'être et que les "Nouvelles anciennes" ne sont pas aussi rigoureuses ou expertes que ce que leur vidéo laisse penser.


Au final, l'impression générale - confortée par la vidéo qui, à défaut d'apporter les bonnes réponses pose au moins quelques bonnes questions et incite à la prudence - que les filtres à gravité demeurent un type de filtre sous influence marketing et qu'il vaudrait mieux, pour sa sécurité ou sa confiance, aller plutôt boire ailleurs.


C'est d'ailleurs la conclusion de la vidéo: "Juste, posez-vous la bonne question : est-ce que votre objectif, c'est de payer le moins cher possible ou d'avoir la meilleure eau possible ?" Dans le second cas, on évitera évidemment les filtres à gravité! ;-)



Une fontaine à eau sans risques au domicile


Aucune solution proposée par le gros commerce n’est satisfaisante en l’absence d’indications précises d’utilisation afin de limiter les risques. Toutes les solutions marketing exagèrent les bienfaits de leurs produits avec notamment des % de filtration fantaisistes au regard de la technologie utilisée. Comment croire un instant qu’une technologie à base de charbon actif pourra atteindre le niveau de filtration de l’osmose inverse ?


Le pire qui puisse vous arriver est d’installer un adoucisseur à sodium… et de devoir ensuite dépendre des eaux en bouteilles ou d’un osmoseur, tant l'eau adoucie est peu agréable à boire et vivement déconseillée.


Un autre risque est de tomber sur un revendeur membre d’un réseau prônant une eau thérapeutique. Alors, les chances de vous faire arnaquer sont particulièrement importantes… et pour un budget de plusieurs milliers d'euros !


Méfiance globalement avec les "influenceurs" qui n'ont qu'un produit à recommander ou les "amis" ou connaissances qui ne connaissent qu'un seul produit et se font peut-être eux aussi fait avoir...


Envisager une solution eau requiert d’avoir un minimum de choix et de recul. Aucune solution n’est parfaite, aucune n’est absolument polyvalente. La meilleure solution sera ainsi celle qui s’accordera à votre configuration (maison ou appartement, propriétaire ou locataire, nombre de personnes, dureté de votre eau, etc.) et à votre budget !


Les Fontaines Iona ou Déli Pure, osmose inverse non connectée au réseau d'eau et installée en 5 minutes, avec dynamisation M. Violet en permanence dans le réservoir
Fontaine Iona et Déli Pure

Les fontaines à eau avec réservoir sont donc à éviter, sauf si une dynamisation conséquente a lieu en permanence au sein du réservoir, la meilleure étant le principe Marcel Violet avec électrode en argent. C'est le cas par exemple de la Fontaine Iona ou de la Fontaine Déli Pure (installées sur plan de travail en 5 minutes), de la Mascardi ou de l'Osmotic (connectées au réseau d'eau sous l'évier et donc plutôt invisibles).


Les filtres qui rendent le pH plus alcalin sont à proscrire. Les appareils à ionisation de type eau Kangen également, sauf dans le cadre d’une thérapeutique encadrée et sur une période limitée à 21 jours. En matière d’eau thérapeutique, l’eau hydrogénée est autrement plus recommandable… et beaucoup plus abordable !


En matière d’eau de consommation courante, une bonne solution intégrera toujours deux étapes : la filtration et la dynamisation.


Côté filtration, on aura le choix entre le charbon actif sans électricité, perte de pression ou gaspillage d’eau (de l'ultrafiltration sous évier jusqu’au Biofiltre sur l’arrivée d’eau principale) ou la plus puissante osmose inverse, alors forcément sur un point d’eau unique compte tenu du gaspillage d’eau et de la perte de pression. A noter pour les "survivalistes" l' osmoseur à manivelle, à ce jour la solution la plus sûre pour une eau de qualité en l'absence d'eau du réseau et d'électricité, à stocker dans un coin avec quelques filtres de rechange pour être rassuré, "au cas où".


Côté dynamisation, les mouvements de vortex ont notre préférence, de la cruche à vortex transportable partout jusqu’au nec plus ultra Biodynamizer et ses 21 principes de dynamisation sur l’arrivée d’eau principale. En osmose inverse, on s’orientera donc plutôt sur l’électrode en argent en permanence dans le réservoir (comme discuté plus haut).


L’objectif est dans tous les cas de retrouver une eau biocompatible, plus douce et agréable à boire, seule manière d’optimiser son hydratation et donc sa santé et sa vitalité !



L'expert eau Benoît Saint Girons de Solutions Bio dans son élément...

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Pour en savoir plus sur les fontaines à eau et autres solutions de filtration et de dynamisation :

Article de base pour éviter les arnaques de l'eau 

Les 3 problématiques et solutions Eau : www.solutionsbio.ch/eau

Vidéo Conférence-Tutoriel : Les solutions concrètes (19’53)

Mes livre La qualité de l’eau (Ed. Médicis, 2020) et La voie de l'eau (Ed. Mendiant, 2025)

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Couverture du livre La qualité de l'eau de Benoît Saint Girons, Ed Médicis, 2020. Quel système de filtration choisir pour purifier l’eau du robinet ? Quels sont les arguments trompeurs et les pièges à éviter ? Quelles sont les meilleures fontaines à eau ? Comment sélectionner correctement son filtre et retrouver enfin le plaisir de boire ?
Le livre pratique de référence !



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